Bull. Soc. Geol. Fr. 4ème série, T14 1914

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Ngày đăng: 23/11/2018, 23:07

BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANGE QUATRIÈME TOME SÉRIE QUATORZIÈME 1914 PARIS SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANCE 28, rue Serpente,VI e SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANCE NOTE SUR LES ARALIAS DES FLORES CRÉTACIQUES DE L'AMÉRIQUE DU NORD ET DU GROENLAND PAK P H F r i t e l Parmi les feuilles palmatilobées assez nombreuses qui se rencontrent dans l e s flores crétaciques de l'Europe, de l'Amérique du Nord et de la région arctique et qui ont été rapportées au genre Aralia, pris dans son acception ancienne, il n'en est qu'un très petit nombre qui puisse réellement entrer dans ce genre De plus l'état de conservation des empreintes, souvent défectueux, ne permet qu'une analyse bien sommaire des caractères fournis par la nervation ce qui rend des plus suspectes les distinctions spécifiques qui ont été faites ; elles ne correspondent, le plus souvent, qu'à des anomalies, des stades de développement divers ou même de simples variantes dans la découpure du contour, c o m m e il s'en rencontre assez fréquemment chez les Araliacées, de la flore actuelle 11 semble donc nécessaire de rechercher dans quelle mesure peuvent être modifiées les déterminations génériques et spécifiques auxquelles ces empreintes ont donné lieu E n effet dans la plupart de celles-ci, la nervation, quand elle est suffisamment conservée, montre des caractères qui ne se présentent qu'exceptionnellement chez les Araliacées palmatilobées actuelles, mais qui, par contre, les rapprochent beaucoup d'un type archaïque signalé par Fontaine dans les couches crétaciques du groupe de Potomac et décrit par cet auteur sous le nom générique Aralixphyllum Ce type qui peut être considéré comme la souche d'une partie des Araliacées actuelles présente également de grandes affinités avec les Platanes ainsi qu'avec des feuilles rapportées au genre Sassafras comme l'on pourra s'en rendre compte par l'examen des figures données plus l o i n y Quand on examine la nervation dans les genres Oreopanax, Tetrapanax, Fatsia etc (démembrés de l'ancien genre Aralia) on voit qu'en général toutes les nervures rayonnantes sortent du s o m m e t m ê m e du pétiole, dès son entrée dans le limbe et cela quel que soit le nombre (S, ou ) des nervures rayonnantes (%•!)• A u contraire dans les empreintes fossiles auxquelles il vient N o t e p r é s e n t é e la séance du 23 juin 1913 18 mai 1911 Bull Soc g é o l Fr X I V — d'être fait allusion, trois seulement des nervures r a y o n n a n t e s sortent du s o m m e t du pétiole D e s d e u x nervures latérales s'échappe, u n e distance plus ou moins grande de la base du limbe, une forte branche externe qui s'étend jusqu'au s o m m e t d'un lobe accessoire quelquefois aussi développé que l e s autres (fig 2) Or cette disposition correspond parfaitement celle indiquée par Fontaine dans la diagnose de s o n genre Aralisephyllum : FIG FIG e t — DISPOSITION DES NERVURES PRIMAIRES : 1, dans le genre Aralia; 2, dans le genre Amlitephyllum « Feuilles plus o u m o i n s en forme d'évenlail, divisées plus o u m o i n s profondément e n trois lobes principaux, celui du milieu, o u terminal, est subrhomhique o u elliptique dans son contour qui se rétrécit rapid e m e n t e n pointe aiguë et qui e s t séparé d e s lobes latéraux par d e s sinus larges, arrondis au fond ; les lobes latéraux se divisent e n d e u x lobes mineurs (lobes accessoires) d o n t l'un e s t plus large q u e l'autre ; le plus large e s t ovale, quelquefois inéquilatéral, et retourné vers le h a u t ; le plus petit e s t ovale, tourné e n d e h o r s ; les trois n e r v u r e s primaires, divergentes, rayonnent du m ê m e o u presque du m ê m e p o i n t , la base de la feuille, allant jusqu'au sommet de chaque lobe primaire ; des deux primaires latérales une forte branche part une petite distance au-dessus de la base, sur le côté inférieur, et s'étend jusqu'au sommet des deux lobes externes; toutes les primaires sont fortes et envoient sur chaque côté des branches qui se recourbent vers le haut et s'anastomosent ; le réseau ultime est invisible » Fontaine fait suivre sa diagnose des remarques suivantes : « Ces feuilles sont d'un type compréhensif réunissant en elles-mêmes quelques-uns descaractèresdesZ/iyutrfamAar, Aralia et Sassafras Dans leur nervation primaire elles ressemblentà Sassafras recurvatum LSQX Lalobation est très semblable celle de Sassafrasplatanoid.es Le mode de nervation ressemble celui de Liquidambar integrifolium LSQX » Il y aurait donc lieu de répartir tout d'abord l e s espèces fossiles e n deux groupes principaux Le premier renfermerait l e s formes chez lesquelles les nervures primaires, qu'elles soient au n o m b r e de , o ù rayonnent directement du sommet m ê m e du pétiole comme il vient d'être dit Elles seules conserveraient le nom générique d'Aralia L e second groupe comprendrait les formes dont l e s nervures primaires affectent la disposition indiquée par Fontaine et représentée par la figure On inscrirait celles-ci sous l e n o m d'Araliœphyllum A u premier de c e s deux groupes appartiennent l e s : Aralia formosa HEER, A anisoloba VELEN., A triloba VELEN., minor VELEN., A Kowalewskiana S A P et M A R , A D A W S , A rotundata D A W S , et très probablement A nervis L S Q X , et A.patens A Westoni tenui- NEWB Le second groupe renferme u n plus grand nombre d'espèces A Saportana e t sa var deformata LSQX., A Wellingtoniana L S Q X , A groenlandica morpha A NEWB., Ravniana HEER, A palmata HEER, A A rotundiloba NEWB., Toivneri A L S Q X , A NEWB., A poly- subemarginata LSQX., quinquepartita LSQX., A concrela L S Q X , et A Wellingtoniana Vaughani BËRRT Ce premier groupement admis, reste discuter la légitimité des distinctions spécifiques faites parmi toutes ces formes A FORMOSA H E E R — Il semble que l'on puisse regarder comme s y n o n y m e s de l'espèce de Heer l e s feuilles décrites par de S a p o r t a sous l e s noms d'A calomorpha e t d'A proxima En effet, de l'avis m ê m e de l'auteur, la seconde de ces deux espèces pourrait, sans inconvénient, être réunie la première et celle-ci se confond, son tour, avec l e s variétés d e l ' ^ for1 D E SAI-OIITA Flore fossile du Portugal, p 8 , , p l xxxiv, % - ; x x x v , fig , , , FIG a-c du Canada ; c, Aralia rotundala DAWS., du même gisement; réd 1/3 », Aralia Kowalewskiana SAP et M A R , du Cénomanieri de Bohême; b, Aralia Westoni DAWS., Mille Creek séries mosa signalées, par Velenovsky, dans le Cénomaniende B o h ê m e Étant donné, d'une part Tassez grande variabilité du feuillage dans l e s espèces actuelles et, d'autre part, le peu d'importance des caractères différentiels invoqués, il y a lieu de simplifier la nomenclature en réunissant sous un même nom (celui de Heer, ayant la priorité, sera conservé) c e s variantes auxquelles il faudrait sans doute adjoindre les A triloba VELEN et A minor, du m ê m e auteur i A KoWALEWSKIANA SAPORTA et MARION — Espèce variable offrant des feuilles trois, cinq et même sept lobes ; ceux-ci sont subconiques ou légèrement en lancette, atténués en pointe au sommet, bords simples Les nervures primaires, relativement minces, rayonnent toutes du sommet du pétiole, dès son entrée dans le limbe sur certaines empreintes, un peu au-dessus de ce point sur d'autres Dans les feuilles trilobées elles sont nettement suprabasilaires, comme dans VA formosa L e s nervures secondaires sont invisibles, du moins en juger par les figures Le diamètre de c e s feuilles e s t assez variable, pouvant aller, sur l e s organes cinq lobes, de 7,5 c m , 11,5 c m , il atteint 12-15 cm sur les feuilles sept lobes Je considère comme sj'nonyme de cette espèce VA Westoni DAWSON, d u Crétacé supérieur de Mille Creek, Canada, représenté par u n e empreinte assez médiocre de c m environ de diamètre sur laquelle le contour et les nervures primaires sont seuls visibles, celles-ci, au nombre de cinq, sont suprabasilaires mais rayonnent toutes du même point Comme le montrent l e s figures a etb, cette espèce présente beaucoup de rapports, tant par la disposition des nervures principales que parla forme des lobes, avec certaines feuilles de l'espèce du cénomanien de Bohême, laquelle je la rapporte Je crois devoir réunir A Westoni une autre empreinte, provenant du même gisement, et figurée par D a w s o n sous le n o m d'A rotundata (fig c) Elle ne représente qu'une anomalie dans laquelle les lobes sont écourtés, par une cause accidentelle ; la formé de la base du limbe et la disposition des nervures principales (les seules visibles) étant absolument les m ê m e s que dans VA Westoni La communauté de gisement ajoute encore la communauté d'origine A WKLLINGTONIANA LSQX — Cette espèce ne saurait être séparée de \'A Saportana typique E n effet les caractères différentiels N e w b e r r y , bien a n t é r i e u r e m e n t , a décrit sous c e nom (Ann New-York, Lyc Nat Hisl v o l IX (avril 8 ) , p u n e espèce de l'Éocène? de Fort Clarkc (Dakotaj figurée dans Iilust Cret and T e r t Fl ( 8 ) , pl x x v , fig, i, Aralixphyllum F i o i a-b Saporlanum, var deformalum (LSQX.), Cénomanien du K a n - s a s ; b, Même t y p e décrit sous le n o m d'Aralia quinquepartita g i s e m e n t ; réd de / LSQX., du m ê m e énumérés par L e s q u e r e u x sont fictifs, car dans les figures de l'une et de l'autre espèce, on observe des nervures secondaires camptodromes et des nervures craspédodromes ; les autres caractères invoqués, telle la différence de texture ! ne sont pas suffisants pour justifier une distinction spécifique En réalité VA Wellingtoniana ne part être qu'une variante, lobes, de VA Saportana D'autre part si l'on compare les fragments figurés par Lesquereux , et l'organe complet figuré par Newberry sous le nom d'A quinquepartita avec la variété deformata de VA Saportana (en particulier avec les figures et de la planche xxin de la Fl du Dakota group.) dont la caractéristique est d'avoir des lobes étroits, ordinairement entiers (narrow, mostly entire), on voit que ces deux prétendues espèces ne diffèrent en rien l'une de l'autre Lesquereux lui-même avait signalé l'analogie de la nervation dans ces deux formes Quant VAralia nassauensis HOLLICK, de Brooklyn, L o n g Island, il ne part être qu'une forme plus trapue du même type foliaire Il faudrait donc considérer comme simples variations de VA Saportana LSQX., les A Wellingtoniana LSQX., A nassauensis HOLL., et A quin1 quepartita LSQX Il faut néammoins faire remarquer que ce dernier peut être regardé comme s y n o n y m e de VA Towneri LSQX., avec tout autant de vraisemblance A GROENLANDICA HEER — Sous ce nom, Heer a figuré des organes assez variables et dont les caractères ne sont qu'incomplètement exprimés dans la diagnose qu'il consacre cette espèce En effet côté des feuilles arrondies la base et simplement trilobées, lobes subégaux séparés par des sinus larges et arrondis, qui représenteraient donc la forme typique (fig a) il en figure d'autres qui s'éloignent plus ou moins de cette forme Je signalerai, entre autres, l'organe représenté planche x x x i x , figure du volume VI de Flora fossilis arctica, et reproduit ici (fig b) légèrement restauré C'est une feuille trilobée, lobe médian entier, ovale, rétréci la base et beaucoup plus développé que les lobes latéraux, qui sont lancéolés, fortement lobules sur le bord externe La base est en coin Les nervures primaires sont Lesquereux dit t e x t u e l l e m e n t , « It differs, h o w e v e r , b y the coriaceous texture of the leaves, the reliculate areolation, the larger teath, the more or less upwardly turned secondaires, w h i c h are not curved or c a m p t o d r o m e , b u t run straight fo the teeth and enter Ihem ; the base of the leaf is longer decurrent, and the l o b e s more abruptly or o b l u s e l y pointed » LBSQUBREUX Fl of the D a k o t a group : pl x x i n , fig NEWBBRRY T h e later extinct Floras of North A m e r i c a , pl ix, fig au nombre de trois, les deux latérales donnant chacune naissance une branche externe qui se poursuit dans le lobe accessoire Si l'on compare cette dernière empreinte celles, de d i m e n sion double, figurées par Heer sous l e n o m d ' A Ravniana (fig ) , et qui proviennent du même gisement d'Igdlokunguak o n voit FIG ba-b a, Aralisephyllum groenlandicum (HBEB) d'Igdlokunguak, G r o e n l a n d F o r m e t y p i q u e l o b e s s i m p l e s ; jb, M ê m e t y p e figuré par Heer s o u s le n o m de Sassafras reearvata LSQX., du m ê m e g i s e m e n t ; réd que, toute proportion gardée, ces deux t y p e s sont identiques, l e contour est découpé de la même manière et la nervation disposée suivant le même mode Ce type foliaire se rapproche, de plus, de celui de l ' A Towneri LESQx.,du Dakota group, comme Heer l'a d'ailleurs fait remar- q u e r On rencontre, en outre, dans ce même gisement, des feuilles bi ou trilobées (fig A), nervation peu distincte, sauf les nervures primaires, que Heer rapporte au Sassafras recurvata de Lesquereux et qu'il figure dans Flora fossilis arctica, (t V , pl x x x i x , fig 3) Or ces feuilles se confondent parfaitement avec celles de VA Groenlandica typique qui l e s accompagnent V u la communauté de gisement et l'identité des caractères fournis soit par la nervation, soit par le mode de découpure des lobes, j e crois devoir réunir ces t y p e s foliaires sous u n même nom spécifique a, FIG 6a-i> Ar.iliœphyllum groenlandieum (HEER) d'Alanekerdluk, Groenland Forme figurée s o u s le n o m d e Cissites formosus HEER ; Jb, variété l o b e s e x t e r n e s f o r t e m e n t d e n t é s , d'Igdlokunguak Un autre g i s e m e n t groenlandais, celui d'Atanekerdluk, fournit des feuilles qui ont, avec les précédentes, les plus grandes analogies, et qui peuvent être rapportées titre de variétés ou de formes anomales au m ê m e type spécifique, elles sont désignées sous le n o m de Cissites formosus HEER (loc cit v o l VI, pl x x i , fig et 6) et se retrouvent d'ailleurs dans l e s gisements cénomaniens du Kansas Dans toutes ces formes les nervures primaires sont disposées suivant le mode observé sur l e s feuilles décrites sous le nom générique d'Aralisephyllum A mon avis il faut donc réunir, « Ist ahnlich der A Towneri LSQX (Cret and tert fl p 349, pl iv,fig l ) h a t aber einen viel grûssen mittlern Lappen » Les figures , et , de la planche IX sont consacrées la représentation vraiment saisissante d'un champ de Mélobésies du calcaire pisolithique de Montainville La figure représente un coin de ce captivant tableau : o n y voit le bord circulaire de la loge centrale d'un Foraminifère (voisin des Rotalines d'après M D o u v i l l é ) , paré d'une couronne de cristaux dont le plus beau fleuron est un gros rhomboèdre légué sans doute par les végétaux magnésifères c o m m e au Sahélien d'Oran D'autres de ces rhomboèdres surgissent en saillie au milieu d'un fouillis de cristaux de calcite, soit entre les intervalles des fragments de Mélobésies, soit sur le bord frangé de leurs cellules en voie de désagrégation : il se trouve m ê m e qu'un de ces fragments affecte la forme d'une corne d'abondance d'oự s'ộgrốnent cellules et cristaux la faỗon d'une gerbe de fruits et de pierres fines La figure donne l'agrandissement de cet extraordinaire spectacle et la figure reproduit un lot de rhomboèdres de dolomite étalés dans tout leur éclat et dans leur automorphisme sur un amas c o n fus de cristaux de calcite ; si on le temple au microscope sous un fort éclairement, on ne ne peut se défendre de le comparer un brillant étalage de bijoutier La pénétration manifeste de la dolomite dans la profondeur de ce Foraminifère perforé explique clairement la présence du carbonate de magnésie que l'analyse chimique avait révélée dans le tissu très poreux du Madrepora Solanderi d'Auvers et que j'ai citée précédemment L'affluence des Mélobésies dans ce g i s e m e n t de Montainville est vraiment fabuleuse Sur la plaque mince d'où a été tirée la figure de la planche IX, on en c o m p t e plus de iOQ par centimètre carré, c'est-à-dire million par mètre Quant aux rhomboèdres de dolomite de B e y n e s localité si voisine du g i s e m e n t des Mélobésies de Montainville, le rapprochement des figures et , qui concernent ce dernier, avec les figures i , et du premier, fait ressortir une similitude frappante entre les cristaux de dolomite depuis leur éclosion sporadique sur le bord des franges du tissu mélobésien en voie de désagrégation, jusqu'à leur groupement plus dense dans la roche franchement dolomitique La disposition de ces figures de la planche IX permet de suivre c o m m e sur un film de cinématographe, la genèse de ces rhomboèdres jusqu'à leur maturité, et l'on ne peut guère se refuser reconntre que les derniers ressemblent aussi fidèlement leurs nés que des fils peuvent ressembler leur père: ce sont de vrais tableaux de famille assurément fort suggestifs et de nature, semble-t-il, entrner les convictions sur le mode de formation des dolomies sédimentaires En résumé, le phénomène de la dolomitisation des roches tertiaires précédemment étudiées, se déroule en trois phases principales : 1° Production originelle de carbonate de magnésie et de dolomite amorphe ou cristallisée dans les champs de Mélobésies 2° Imbibition progressive de ce carbonate dans le substratum avec pénétration moléculaire centripète de la calcite, véhicule fréquent de la dolomite sa naissance 3° Concentration secondaire de la dolomite, par remise en mouvement, en nodules dont la teneur en magnésie s'enrichit par la décalcification de la roche jusqu'à ce qu'elle réalise la dolomie normale (44 de Mg CCP pour 50 de CaCO ) Les phénomènes d'imbibition et de concentration, pour être constants dans leur ensemble, n'en sont pas moins aussi irréguliers dans le détail que ceux de décalcification et de recalcification ; si donc les géologues constatent depuis l o n g t e m p s l'irrégularité de la structure et du g i s e m e n t des dolomies, la cause en est originelle et inverse de la régularité normale des strates sédimentaires Action des bactéries dénitrifiantes J'ai émis plus haut cette opinion qu'il devait exister une relation intime entre la formation de la dolomite et la désagrégation des Mélobésies ; j'ai signalé en conséquence celles-ci c o m m e agents transformateurs des sels de magnésie contenus dans l'eaude mer, et par suite c o m m e une source directe de la dolomite M Cayeux a émis une autre opinion qui consiste n'accorder aux A l g u e s calcaires qu'un rôle d'attraction purement neutre, c o m m e celui des spicules d'uponges lors de la formation des silex sédimentaires Ces deux opinions peuvent se résumer en ces deux mots d'activé diffusion ou d'attraction passive ' Elles apparaissent donc c o m m e diamétralement opposées, absolument inconciliables, et il ne semble pas tout d'abord qu'il soit possible ni de prendre une m o y e n n e ni encore moins de les satisfaire toutes deux la fois Cependant, y mûrement réfléchir, il semble qu'elles peuvent n'être définitives ni l'une ni l'autre et que, si elles paraissent si nettement opposées, la raison en est sans doutequ'elles ne sont pas Ou verra plus loin qu'on pourrait autrement, comprendre l'attraction jouant alors un rôle plus actif qui implique la concentration d'êtres vivants dirigeant intentionnellement leurs mouvements vers un objectif alimentaire avidement poursuivi suffisamment complètes et qu'elles ne parviennent pas telles quelles expliquer tout le phénomène de l'origine de la dolomie Elles se présentent moins en rivalité qu'en convergence vers le but, s'en rapprochant sans l'avoir encore atteint A la première, on a reproché l'insuffisance des Mélobésies existantes comme source totale de la production de la magnésie, bien que j'aie fait valoir l'entrée en ligne de compte de la magnésie résultant des Mélobésies disparues ainsi que la qualité propre la substance minérale d'être chimiquement indestructible et susceptible de survivre la désagrégation des tissus v é g é t a u x magnésifères D'autre part, la seconde opinion qui attribue un rụle purement passif aux Mộlobộsies la faỗon des centrés neutres d'attraction des spicules d'Éponge dans la formation des lits de silex de la craie, ne me part pas une solution complète, car elle n'explique pas la transformation en carbonate des sels de magnésie (chlorure, sulfate, bromure) contenus dans l'eau de mer : cette action purement de contact ne pourrait, ce me semble, se concevoir que par l'invocation d'une force catalytique qu'il faudrait e x p l i quer Si le secret de la transformation de ces sels en carbonate qui donne la clef de la genèse de la dolomie, réside dans une autre cause, celle-ci ne peut être que d'un ordre plus g é n é r a l parant d'un seul coup aux objections formulées de part et d'autre Mais où le découvrir? Et tout d'abord il importe de dégager du problème une donnée qui s'impose, savoir la présence de nombreux et superbes rhomboèdres de dolomie autour des fragments de Mélobésies en état de désagrégation ainsi qu'il ressort clairement de la figure du tex'te ainsi que des figures 1, et de la planche IX Ces cristaux-là sont assurément autochtones, car la régularité de leur a g e n c e m e n t implique nécessairement leur formation sur place : les deux carbonates de chaux (aragonite, puis calcite) et de magnésie sécrétés par les cellules m ê m e s de l'Algue calcaire et libérés par la dissociation des cellules végétales qui ont leur maximum d'affinité l'état naissant, sont ainsi tout prêts pour l'éclosion des rhomboèdres du carbonate double ; c'est cette solution du problème de la dolomitisation que j'ai développée Il resterait alors expliquer la formation de la dolomie amorphe qui s'étale éparse travers les champs de Mélobésies envahissant progressivement la calcite (fig 1, et du texte, fig et de la planche IX) jusqu'à l'en expulser plus ou moins complètement (fig 4, planche VIII et fig 6, planche IX) C'est sans doute cette forme qui aboutit aux rhomboèdres secondaires (fig 4,,5 et 6, planche IX) des roches magnésiennes et dont j'avais déjà expliqué la présence dans le Sahélien d'Oran, par l'excès de carbonate de magnésie provenant des Mélobésies disparues soit par action mécanique soit par décomposition totale, et flottant autourdes Mélobésies conservées par la fossilisation Si rationnelle que m'ait semblée cette explication, je ne puis cependant trop contester qu'il ne puisse exister d'autre source de production de la dolomie et j'ai cherché k invoquer quelque agent assez riche en acide carbonique pour présider la combinaison des deux carbonates de faỗon k faire ainsi affluer la dolomie amorphe ou cristallisée en quantité suffisante pour donner un corps a cette solution Le carbonate d'ammoniaque que j'ai signalé c i - d e s s u s c o m m e un des facteurs importants d'une réaction génératrice de dolomite semble réaliser amplement cette condition Il se dégage généralement des fermentations et j'en signalé l'abondance au pied des murailles madréporiques, véritable charnier farci des dépouilles des êtres qui grouillent dans s e s abris Ce sel est un composé é m i n e m m e n t nitreux, et sa décomposition qui libère l'acide carbonique père la fois des carbonates de chaux et de magnésie, n'est qu'un cas particulier de la dénilrification, un des phénomènes les plus généraux et les plus importants de la nature Or les agents actifs de la dénitrification l'air libre ne sont autres que les bactéries dont l'action consiste convertir s u c c e s s i v e m e n t les nitrates eiï nitrites puis en sels ammoniacaux dont l'azote finit par se dégager, soit k l'état de bioxyde puis de protoxyde, soit libre comme produit ultime de la réaction chimique Inversement, il existe des bactéries nitrifiantes (la Nature tient en réserve des bactéries pour toutes les besognes de décomposition et de recomposition des tissus organisés) qui font parcourir l'azote de l'air le cycle inverse, et c'est k ce genre d'action qu'est due la fixation de cet élément sous la forme de nitrates sur certaines plantes, par e x e m p l e les L é g u m i n e u s e s ' Il en est de même dans les mers où la présence de nitrifiantes et de bactéries dénitrifiantes a été dûment par les océanographes Ces dernières qui se rattachent cialement k l'origine de la d o l o m i e , ont été trouvées bactéries constatée plus spéplusieurs Ces bactéries humicoles sont connues sous le nom d'azo(o/>ac(es Il en existe beaucoup d'espèces lixatives des genres Clustridium, Iincilliis, Nitrobactes, etc aérobies ou anaérobies qui vivent en symbioses sur les racines des plantes aériennes De même il existe des bactéries anaérobies dénitriiiantcs exerỗant sur les milieux a/.otộs une action rộductrice par hydrogộnation, captant l'oxygène et libérant l'azote Exemples : liacillus den.Urifi.ans, Proleus vulgaris, Tyrolhrix procephalus, etc., agents de désagrégation moléculaire des albuminoïdes soit directement, soit par l'intermédiaire des diastases reprises : par Baur dans la baie de Kiel(191'l), puis par Grau sur les côtes d ' A l l e m a g n e , par Feitel et Brandt dans la Baltique L'abondance et même la simple présence des bactéries dénitrifiantes dépendent étroitement de la température, car, au-dessous de 13° (température qui règne m ê m e dans les mers chaudes partir de 500 m de profondeur), elles disparaissent peu près complètement Cette particularité explique la prodigieuse accumulation dans les mers froides, de plancton en excédent faute d'agent déiiitrifianl ; le phytoplancton trouve grassement â y vivre des organismes en décomposition et alimente en conséquence un zooplancton tellement exubérant qu'il forme des bancs flottants immenses et épais appelés « soupe noire » p a r l e s matelots C'est une véritable purée grouillante de Copépodes, Céphalopodes, Ptéropodes, etc \ Dans les mers chaudes au contraire, la dénitrification est beaucoup plus active grâce l'abondance de bactéries anaérobies qui entrne la diminution des engrais favoris du plancton : le jeu fatal et universel de l'équilibre de la Vie et de la Mort y est plus strictement compensé que dans les mers froides ou m ê m e tempérées Les études océanographiques sont suffisamment avancées pour qu'on se rende compte assez exactement de l'action des bactéries dénitrifiantes dans le sein des mers, mais elles n'avaient j u s qu'alors porté que sur les migrations de l'azote dans ces c o m b i naisons, sans viser les sous-produits, c'est-à-dire les résidus de ces réactions chimiques Or, un jeune bactériologiste a n g l a i s plein d'avenir, mais trop tôt victime de son d é v o u e m e n t la science, M D r e w , les a reprises récemment ce dernier point de vue Il a été frappé de l'abondance de bactéries dénitrifiantes dans les mers chaudes et en particulier autour des récifs madréporiques de la guirlande d'ỵles (connues sous le nom de Cays) qui prolongent la pointe méridionale de la Floride, ainsi qu'aux abords des ỵles Bahama qui en sont voisines (on y compte 15000 colonies et plus par centimètre cube, chacune d'elles comptant un grand nombre de ces êtres minuscules), et il a rapproché ce fait de l'abondance des boues c a l c a i r e s qui couvrent le fond de la D'après M Gravier, cel excès de zooplanclon explique le gigantisme de beaucoup d'habitants des mers froides : par exemple un Tunicier (Ascidia juilnia) développe ses colonies en une chne qui atteint 10 m de longueur—des Annélides polychéles (l.aclonotomice producla, Flabelligera mundata) ont une taille de fois supérieure celle des animaux de cette classe On peut ajouter, me semble-t-il, l'exemple de la Baleine le géant des animaux actuels, qui affectionne le séjour des mers froides où elle trouve en abondance le genre de nourriture que lui imposent ses fanons '2 Ces boues lui ont Tonrni jusqu'à 35000 colonies, soit 100 000 000 de bactéries par centimètre cube mer dans ces régions Il s'est alors livré des études très c o m plètes sur la dénitrification des composés azotés et en particulier du carbonate d'ammoniaque La réaction suivante (NHj), C O + CaSO'- = Ca C O + (NH,), S O , a été prise comme base de ses intéressantes recherches : elle met en évidence le sulfate d'ammoniaque qui, en dernière analyse et c o m m e résidu ultime de la dénitrification, libère l'azote et le soufre (celui-ci, se combinant l'état naissant avec l'hydrogène de l'ammoniaque, fournit de l'hydrogène sulfuré dont l'odeur caractéristique émane parfois de ces boues calcaires) tandis que le carbonate de calcium doit se précipiter Il va de soi que tout dépôt intensif de carbonate de chaux exclut la mise en liberté de l'acide carbonique, sans quoi la décalcification surviendrait et s'opposerait l'accumulation du carbonate de chaux L'excédent d'anhydride qui ne manque pas de se dégager de la réaction dénitrifiante doit en conséquence subir une réduction : or, celle-ci est précisément l'occasion initiale de la dénitrification, car si les bactéries anaérobies attaquent Si vigoureusement les produits organiques dans les fonds de mer, ce n'est assurément pas pour libérer l'azote et se ménager le prix d'une symbiose qui ne part pas exister en mer c o m m e l'air libre, mais bien pour se procurer avidement la provision d'oxygène et de substances hydrocarbonées dont elles ont besoin pour vivre et prospérer comme elles savent le faire l'abri des coraux M D r e w a opéré dans ce sens pour l'Institut Carnegie de W a s h i n g t o n aux laboratoires des ỵles de Tortugas un des atolls des cays floridiens et à'Andros dans les Bahama Il a recueilli dans des récipients dûment stérilisés de nombreux échantillons d'eau de mer de diverses profondeurs, qui lui ont fourni de nombreux spécimens de bactéries dénitrifiantes Il a exploité celles-ci dans des cultures variées, généralement base de « peptone-agar » (l'agar est une gélose tirée d'une A l g u e rouge) Cette réaction origine de dépôt calcaire au fond des mers, n'a rien de surprenant car on en connt d'analogues l'air libre, par exemple la fermentation butyrique sous l'action du Bacillus amylohacter, anaérobie également, s'exerce d'après la formule suivante : [(C H"' 03)«Cal + H20 = (C'H'O*)* Ca -f CO'Ca + 3CC-2 + H-' Le tartre dentaire est également le produit calcaire d'une réaction bactérienne Les Cladollirix sont aussi des bactéries qui possèdent la propriété de précipiter les sels de chaux Papers of G E O R G E H A R O L D D R E W (exlracled from publication n" of.lhc Carnegie Institution of Washington, \ qu'il a nourries au moj'en de divers sels de potassium et de calcium (nitrate, malate, succinate, acétate) ajoutés méthodiquement l'eau de m e r Il a constaté la prodigieuse vitalité de ces bactéries et la rapidité du phénomène de dénitrification Les réactions carbonatées lui ont fourni un précipité de carbonate de calcium sous la forme d'un nuage blanc qui finissait par former un dépôt tout fait semblable k la boue calcaire provenant de ces fonds de mer Certaines de ces cultures produisent en abondance un résidu laiteux tapissant les parois des récipients et constitué par des cristaux minuscules de calcite : ceux-ci se groupent la surface du liquide autour de bulles de gaz qu'elles entrnent au fond du vase, en formant des sphérolites creux qu'on ne peut manquer de rapprocher des granules de calcite noyau de dolomite rhomboèdrique que j'ai signalés précéd e m m e n t dans « la pierre brune » de Campbon (fig 1) La formation de ces « curious bodies » est spécialement active dans un milieu de succinate de calcium additionné de gr de lartrale de magnésie par litre On ne peut s'empêcher de reconntre combien on est près ainsi de la formation du carbonate de m a g n é s i e que M D r e w aurait sans doute découverte s'il avait été moins parcimonieux de son sel de magnésie Quoi qu'il en soit, hypnotisé par la découverte du mode de formation de la boue calcaire des fonds madréporiques, son attention s'est portée e x c l u s i v e m e n t sur le sel de calcium, et, en conséquence, il a nommé Baclerium calcis la bactérie dénitrifiante qui lui avait procuré ce beau résultat qu'il a confirmé par l'extraordinaire pullulement de ces bactéries dans cette boue calcaire de nature inorganique, véritable linceul du fond de la mer autour des atolls floridiens En outre du Bacterium calcis, M D r e w a constaté l'existence d'une autre bactérie plus petite, m o i n s fréquente, aérobie, vivant chichement sur les matières azotées mais sans les dénitrifier La première est la seule qui nous intéresse, car, en règle générale, dans la mer c o m m e sur terre, les bactéries anaérobies sont beaucoup plus avides d'oxygène que les autres, elles exercent un pouvoir fermentescible plus puissant et poussent plus loin la désagrégation des substances azotées, et ce pouvoir a u g m e n t e considérablement avec la température : sous leur action énergique, les nitrates c o m m e n c e n t par se transformer en nitrites qui laissent partir l'azote d'abord sous la forme de b i o x y d e , puis de protoxyde, finalement l'état libre, — toute la g a m m e ! C'est préci1 I Le peptone, produit albuminoïde,fournissait l'azote dans ces réactions, tandis que les acides des sels employés sont des produits carbonés sèment dans la plénitude de cette réaction par cascade qu'est le secret de la multiplication prodigieuse et rapide de ces bactéries dans les mers chaudes, car M D r e w prélevait ses colonies dans les eaux les plus chaudes du globe, puisqu'il les puisait sur le bord m ê m e de l'immense chaudière naturelle qui alimente le Gulf Stream Il va de soi qu'un milieu moins propice donnerait lieu des réactions amoindries, c'est-à-dire que l'intensité de la dénitrification est fonction la fois de l'abondance des détritus organiques, de la température c o m m e de la pression et par c o n séquent qu'elle est de nature absolument ondoyante et diverse Telle est la première des causes du caractère capricieux des dolomies que j'ai déjà souligné ; la seconde cause est attribuable la fantaisie de l'acide carbonique dont la dissolution ou le d é g a g e ment provoque les calcifications ou décalcifications, les dolomitisations ou dédolomitisations des deux carbonates également soumis ces fluctuations initiale ou secondaire M D r e w espérait bien ne pas s'en tenir Il avait projeté de faire partie d'un voyage scientifique d'exploration au détroit de Torrès, une des contrées du globe les plus riches en récifs madréporiques Il est probable qu'à l'explication bactérienne de l'origine de la calcite, il eût ajouté celle de la formation de la dolomite, car les analyses des sondages du substratum du petit atoll de Funafuti l'auraient mis sur la voie de l'importance de la magnésie aux abords de ces récifs gigantesques Mais la mort dont il avait contracté les g e r m e s sous le ciel torride de la Floride, ne lui permit pas de continuer -ces captivantes recherches Toutefois, avant de s'éteindre il put encore (indice révélateur de s e s préoccupations déjà amorcées l'égard du rôle de la magnésie) envoyer au laboratoire g é o p h y s i q u e de W a s h i n g t o n , des échantillons de q u e l q u e s - u n e s de s e s cultures Or, l'une de ses préparations a donné lieu, de la part de M Wright, u n e analyse singulièrement s u g g e s t i v e et digne d être textuellement citée : « Le précipité d'une culture composée de gr de succinate de calcium, gr de ta.rtra.te de magnésium, gr de nitrate de potassium dans 1000 cmc d'eau de mer, consiste principalement en u n agrégat cryptocristallin d'une substance faiblement réfringente dont Vindice de réfraction est d'environ 1,52 ou 1,53 Cette substance était trop ténue pour être l'objet d'une détermination précise D e s paillettes rondes et irrégulières d'une seconde substance fortement réfringente qui dégage du C O quand elle est traitée par l'acide chlorhydrique dilué, flottent éparses : c'est probablement de la calcite » La seconde substance s'est trouvée être non delà calcite, mais de l'ara2 gonite ; car, en répétant plus tard cette expérience, M W r i g h t l'a traitée par le nitrate de cobalt e t il a v u se former la teinte rouge caractéristique de l'aragonite, c o m m e j e l'ai indiqué préc é d e m m e n t en opérant sur d e s Mélobésies vivantes Quant la première de ces s u b s t a n c e s , différente du carbonate de calcium, elle part devoir être u n s e l de m a g n é s i u m c o m m e semblent l'indiquer l'indice de réfraction e t le degré de réfringence Mais est-ce le précieux carbonate d e m a g n é s i u m que j e poursuis de m e s recherches ? On ne saurait p o s i t i v e m e n t l'affirmer par cette raison donnée par M W r i g h t que la dose de magnésium ( / 000) introduite dans la liqueur était insuffisante pour qu'on puisse préciser la nature du précipité Malheureusement ni D r e w ni son chimiste n'ont eu l'idée de recourir aux colorants, comme M Cayeux l'a fait avec s u c c è s , et c'est faute d'avoir pris c e s d e u x précautions que ni D r e w n i M W r i g h t n'ont p u arriver découvrir le carbonate de m a g n é s i u m Il est cependant tout fait naturel que l e s bactéries dénitrifiantes qui précipitent la calcite opèrent de m ê m e pour la magnésie, car leur action ne s'attaque qu'à l'azote, et l'acide carbonique ainsi libéré n'a pas de raison pour choisir le calcium de préférence au m a g n é s i u m D a n s la formule ( N H ) C O -f- Ca SO'' = C a C O + ( N H ) ỵ SO'% il suffit de remplacer Ca par M g et en réalité c'est ce qui doit avoir lieu pour deux raisons : d'abord parce que le carbonate de m a g n é s i e étant moins solahle que le carbonate de chaux, doit se précipiter le premier suivant la loi constante des solubilités, ensuite parce q u e l e s sels de m a g n é sium contenus dans l'eau de mer sont de fois supérieurs en poids aux sels de calcium ainsi que l'indique le tableau.suivant : :i t Il n'est pas inutile de rappeler que l'aragonite se prête mieux que le calcite la formation de la dolomite ( K L E M E N T ) C'est la réaction de Mayén L'insolubilité relative de l'hydrate de magnésium et par conséquent du carbonate de magnésium, par rapport celui de calcium, s'atténue considérablement froid et en présence d'un sel ammoniacal, mais elle se rétablit par l'élévation de la température et par l'addition d'ammoniaque libre ( T R E A D W E L L G O S C I S N Y : Traité d'analyse quantitative, ) Or, ce dernier cas se réalisait pleinement dans les cultures de M Drew qui dégageaient déjà de l'ammoniaque au bout de 38 heures ; quelques heures plus tard,rammoniaque lui-même s'était dissocié par la libération de l'azote, la culture devenant alors purement carbonatée, le rapport d'insolubilité des deux carbonates redevenait normal, c'est-à-dire favorable la précipitation plus rapide du carbonate de magnésium, quand on respecte bien entendu le dosage nal urel de ces deux carbonates ce que n'avait pas fait Drew i Sm J O H N M U R R A Y et J O H A N H J O R T The dephts of the Océan ( ) „ - , „ (.omposition , de l eau de mer Chlorure de Sodium, Na Cl Chlorure de Magnésium, Mg Cl Sulfate de Magnésium, MgSO'' Sulfate de Calcium, Ca SO< Sulfate de Potassium, K SO' Carbonate de Calcium, Ca CO Bromure de Magnésium, Mg Br 2 I P 100 de toutes tières solubles E S m a 37,213 3,807 1,658 1,260 0,863 0,123 0,076 77,76 10,80 4,74 3,60 2,46 0,34 0,22 35,000 10.0,00 On peut enfin ajouter que le carbonate d'ammoniaque composé de deux corps volatils est, parmi tous les s e l s n i t r e u x , un de ceux qui se prêtent le m i e u x la fois l'action des bactéries dénitrifiantes et au dégagement de l'acide générateur du carbonate de m a g n é s i u m Et le carbonate d'ammoniaque ne manque pas d'abonder aux abords des récifs de coraux, ainsi qu'il a été dit précédemment plusieurs reprises En s o m m e , la bactérie dénitrifiante appelée Bacterium calcis par D r e w a tout autant d é r a i s o n s , sinon davantage, de précipiter le carbonate de magnésie que le carbonate de chaux et de provoquer ainsi l'origine première de la dolomie Tout en rendant pleine justice au t a l e n t et l'ardeur scientifique dé D r e w dont la mort a été une perte sensible pour la Science, le souci de la vérité oblige constater que le caractère le plus saillant de ses expériences consiste dans la préoccupation de faire produire ses bactéries une quantité intensive de carbonate de calcium, et c'est ce qui l'a déterminé forcer la quantité de sels de calcium dans ses cultures au dépens du sel de m a g n é s i u m Mais en opérant ainsi, en introduisant des doses de sels de calcium 10 fois supérieures (2 gr contre 0,2) celle du sel de magnésium, il a inversé ét au delà la proportion naturelle de l'eau de m e r : la réaction qu'il a ainsi provoquée lui a masqué la précipitation du carbonate de m a g n é s i u m Il a donc manqué, de bien près sans doute, la découverte de la genèse de la dolomite Tant il est vrai qu'à forcer la Nature, on risque de la méconntre, car elle, jalouse de- ses lois, ne manque pas de prendre sa revanche ! Mais si la critique scientifique ne perd jamais ses droits, on doit reconntre que le plus grand tort de Drew a été de mourir trop jeune, sans quoi il n'aurait laissé personne le soin de discuter ses analyses, et il aurait certainement découvert tout seul l'origine des dolomies c o m m e celle de la calcite bactérienne A tout prendre, si comme M Cayeux l'a indiqué, U n e e x p l i cation plus complète de la g e n è s e du carbonate de magnésie nécessaire la formation des rhomboèdres de dolomite semble devoir impliquer l'intervention d'une source extérieure aux Algues calcaires, l'entrée en scène des bactéries dénitrifiantes conduit une solution bien voisine de celle que j'ai présentée tout d'abord, car le produit m a g n é s i e n de ces organismes qui peut s'appeler dolomite flottante par opposition la dolomite fixée au bord des Mélobésies désagrégées, s'étale sur les plaques minces côte côte avec cette dernière Il c o n v i e n t t o u tefois de relever cette différence que la dolomite d'origine bactộrienne semble se former pộniblement (c'est--dire ỗ et là, progressivement, ainsi que le montrent les figures et du texte, la ligure d e la planche VIII et les figures et de la planche IX), tandis que la dolomite d'origine mélobésienne appart dans tout son éclat et son automorphisme sous la forme de rhomboèdres parfaits sur le bord m ê m e du tissu du végétal Ce p h é nomène de double g e n è s e se passe sur le même théâtre qui est l e récif madréporique : les deux solutions (ou si l'on veut la seconde complétant la première) font donc bon v o i s i n a g e Si la dolomite éparse est plus tardive se constituer, la raison en est sans doute que les bactéries étant d'organisation inférieure a u x Mélobésies, leur diastase qui est l'intermédiaire nécessaire de leur action dénitrificatrice, ne possède qu'une énergie transformatrice inférieure l'activité cellulaire des Algues ; c'est dans l'ordre des c h o s e s Quoiqu'il en soit, bien qu'une large part ait été faite aux Mélobésies pour expliquer la genèse de la dolomie, l'intervention génératrice des bactéries n'en ouvre pas moins la porte plus grande la solution du problème dolomitique qui se pose dès lors partout où ces microorganismes trouvent exercer leur activité quelque degré que ce soit On comprend ainsi plus facilement la présence de « têtes de chat »* isolées dans les strates yprésiennes de Montataire et celle de la magnésie dans l e s « marnes vertes » supragypseuses de P a n t i n Il se peut qu'un phénomène minéral d'attraction moléculaire agissant très l e n t e m e n t arrive réaliser le g r o u p e m e n t plus ou moins concentré des é l é m e n t s m a g n é s i e n s , ainsi que cela se produit pour la silice autour des spicules d'Epônges, mais u n e action de cette sorte ne peut s'exercer qu'après la transformation nécessaire des divers sels de m a g n é s i e en carbonate puis en dolomite Il en est tout autrement de l'attraction organique, surtout d m s le milieu coralligène, station favorite des Mélobésies 21 avril 1915 Bull Soc geol Fr XIV— 20 et objectif particulièrement alléchant pour la nuée famélique des bactéries du plancton C'est dans ce s e n s , mon avis, que les Mélobésies et l e s Coraux p e u v e n t être traités de centres d'attraction, c'est-à-dire de centres actifs d'attraction d'êtres vivants qui s'y donnent d e s rendez-vous féconds en carbonate de magnésie Quoi qu'il en soit, il est vraiment curieux de constater que d e s études de laboratoires poursuivies au Muséum national d'Histoire naturelle e t au Collège de France Paris, ainsi qu'aux atolls de Floride et l'Institut Carnegie, W a s h i n g t o n , convergent, sans s'être concertées, vers le même but, celui de la poursuite de la recherche de l'origine des carbonates d'où devait se dégager celle dé la dolomie Il n'est pas plus surprenant, après tout, de trouver des bactéries dans la genèse de cette dernière roche que dans la formation de la h o u i l l e Ce point de départ initial de l a dolomie s e m b l e mériter une vérification qui s e présente immédiatement l'esprit sous la forme de la recherche des bactéries dans l e s champs de Mélobésies, terrains é v i d e m m e n t propices la transformation d e s sels de magnésie de l'eau de m e r en carbonate J'ai entrepris cette étude au laboratoire de bactériologie de l'Institut Pasteur de Paris sous la direction de s o n chef, M Borrel L'emploi de très forts grossissements (jusqu'à 1000 fois) et de colorants tels que le bleu de méthylène et l e rouge d'aniline a permis de constater autour d e s n o y a u x des cellules de Mélobésies, la présence d'un anneau de points colorés extrêmement petits qu'avec u n peu d'imagination on serait tenté d'attribuer des bactéries ou des fragments de bactéries Mais l'expérience c o n s o m m é e du savant bactériologiste m'a m i s en garde contre u n e assimilation trop hasardée A réfléchir du reste la nature de la roche, son état de cristallisation intensive qui atteint le noyau m ê m e des cellules, semble réellement s'opposer la conservation d'êtres aussi fins que l e sont les bactéries De p l u s , l e s champs de Mélobésies que j'ai étudiés sont absolument dépourvus et de fer e t de silice dont M Cayeux a fait, remarquer l e rôle é m i n e m m e n t conservateur B E R N A R D R E N A U L T Sur quelques microorganismes des combustibles fossiles Ball.de la Soc.de l'Ind miner., ( 0 ) D'après ce savant, la formation de la houille est due des bactéries anaérobies qui dissocient la cellulose pour se procurer l'oxygène et les substances hydrocarbonées nécessaires leur subsistance, suivant la formule : 4(7'H 05 - C° H O 4- C H i + 8(X>2 •+- H qui caractérise la présence d'un composé carboné, de méthane, d'acide carbonique et d'eau ; le produit solide représente le du poids primitif C A Y E U X Existence de nombreuses Algues perforantes dans les minerais de fer oolithiques de France C.R Ac.Sc, séance du 28 mai ; « des structures organisées l e s plus délicates » En règle générale, les coraux surmontés de leur tapis d'Algues calcaires fuient les eaux impures et par conséquent ferrugineuses ; quant la silice, elle s e dirige vers s e s points d'attraction naturels, tels que Diatomées, spicules d'Épongés, etc Les champs de Mélobésies que j'ai étudiés étaient e x c l u s i v e m e n t des calcaires cristallins, la silice ne se rencontre dans ces localités qu'à des niveaux un peu inférieurs :dans le Sahélien d'Oran sous la forme de petits bancs stratifiés au-dessous de la couche tripoli, dans la craie s é n o nienne de B e y n e s sous la forme de lits de silex Ce n'est donc pas dans m e s préparations que pourrait se vérifier la présence des bactéries Peut-être en trouvera-t-on un jour d'autres plus favorables Le contrôle rigoureux des études de D r e w prolongées vers la recherche de l'origine du carbonate de magnésie demanderait la création d'un laboratoire de Biologie maritime du genre de ceux de Tortugas et d'Andros, dans une région madréporique, par exemple Tadjourah (dans la Mer Rouge), qui a déjà conquis une certaine célébrité grâce aux études malacologiques du docteur Jousseaume et aux travaux sur les Actinies et sur les P o l y piers dus MM Faurot, Jjoubin, Gravier Des installations de ce genre ont déjà été réalisées par la plupart des nations européennes par e x e m p l e Gênes, N a p l e s , Messine N o u s s o m m e s en retard de ce côté, et si la recherche de la genèse de la dolomie était une occasion de combler cette lacune regrettable, elle aurait doublement mérité de la Science Genèse générale de la dolomie J'avais traduit le résultat de mes précédentes études par la formule suivante : les champs de Mélobésies sont des foyers de prédilection pour la production c/e, la dolomite, cause initiale de la formation de la dolomie Mais cette formule, exacte au fond, peut partre maintenant un peu trop restreinte Il y a lieu de l'élargir et de tirer les conclusions suivantes : I — D u carbonate de m a g n é s i e part se former par l'action directe des Algues calcaires ainsi que par l'intervention complémentaire des bactéries dénitrifiantes qui pullulent dans ' les merschaudes, principalement aux abords des récifs madréporiques; le s o m m e t des murailles de coraux est généralement tapissé d'un champ d'Algues calcaires madréporiques et leur base abonde en carbonate d'ammoniaque, produit de décomposition des organismes corallicoles IL — Ce carbonate de m a g n é s i e se fixe par pénétration moléculaire progressive et centripète sur les concrétions ou cristaux de calcite ou d'aragonite qu'il transforme p r o g r e s s i v e m e n t en dolomite III — Uimbibition de la dolomite dans le substratum se fait irrégulièrement Elle est continuée par une remise en m o u v e m e n t du minéral qui se concentre en groupements irréguliers c o n s é cutivement aux alternatives de décalcification et de recalcification, jusqu'à ce que l'enrichissement en dolomite arrive réaliser la composition normale de la DOLOMIE IV —: Il convient, pour terminer cette étude, de jeter u n coup d'œil d'ensemble sur les étapes de la dolomitisation Cette v u e générale gagnera en clarté être abordée en sens inverse des développements successifs présentés au cours de ces recherches : ° Pour qu'il existe de puissants amas de roches dolomitiques intercalés dans les strates sédimentaires, il a fallu que de \a dolomite fut j'émise en mouvement par l'action secondaire des eaux souterraines génératrices de p h é n o m è n e s de décalcification et de recalcification, de dédolomitisation et de redolomitisation, qui a opéré des concentrations variables en dosage èt irrégulières en gisement, suivant le gré capricieux des évaporations et concentrations alternatives de l'acide carbonique 2° Pour que de la dolomite soit ainsi rendue disponible, il a fallu qu'elle provint primitivement par imbibition des foyers producteurs de carbonate de magnésie : il n'a pas manqué de s'en produire activement soit dans les champs m ê m e s de Mélobésies magnésifères (Sahélien d'Oran) soit dans leur substratum immédiat (Auvers, les H a g u i n a u x , Helvétien d'Oran) ou seulem e n t dans le voisinage (Campbon, B e y n e s et Montainville, caillasses parisiennes) 3° Pour que le carbonate de m a g n é s i e se soit combiné avec le carbonate de chaux, il a fallu qu'il pénétrât par une action m o l é culaire lente progressive dans les globules ou cristaux de calcite ou d'aragonite jusqu'à élimination de la calcite qui a joué ainsi son rôle de véhicule de la dolomite 4° Le carbonate de m a g n é s i e a pu s e former directement par l e s A l g u e s calcaires, et également par l'intervention c o m p l é m e n taire de bactéries dénitrifiantes des matières organiques flottantes dans le plancton, beaucoup plus abondantes dans le benthon et au m a x i m u m de richesse dans les charniers v é g é t a u x (débris de Zostères, de Palétuviers, d'Algues) et animaux de tous l e s embranchements entassés au pied des récifs madréporiques 5° Il n'est pas plus surprenant de découvrir des bactéries anaérobies la base du phénomène de la dolomitisation qu'à Vorigine de la formation de la houille La différence du mode d'action de ces êtres infiniment petits déjà devinée par Lamarck, consiste simplement en ce que les uns puisent l'oxygène et les autres substances nécessaires leur subsistance dans la dénitrification des détritus azotés, tandis que les autres (espèces différentes assurément) le demandent la dissociation de la cellulose 6° Les particularités capricieuses des g i s e m e n t s de dolomies sont dues : pendant la période initiale, aux variations considérables de la réaction bactérienne suivant les conditions physiques et chimiques du milieu — puis, titre d'action secondaire, l'irrégularité du dégagement et de la dissolution alnernatifs de l'acide carbonique 7° Si la réaction bactérienne, considérée c o m m e u n e des origines premières de la DOLOMIE, peut se produire partout où le milieu s'y prête, son foyer optimum, son rendement m a x i m u m résident autour des stations de CORAUX et de MÉLOBÉSIES qui exercent une attraction fatale sur le petit monde grouillant et puissamment actif des BACTÉRIES V — Si enfin les dolomies n'ont cessé de se montrer de fidèles compagnes des récifs de coraux, toujours semblables e l l e s - m ê m e s depuis l'aurore des temps géologiques en dépit des transformations des faunes, des flores et des climats, la raison en est due ce que les corallicoles animaux, v é g é t a u x ou bactériens, dont les dolomies sont les résidus u l t i m e s et abandonnés au j e u capricieux de la circulation souterraine de l'eau et de l'acide carbonique, ont trouvé dans les stations coralligènes la PERMANENCE DU MILIEU, condition lamarckienne de la constance des p h é n o m è n e s biologiques et garantie de la constance du phénomène mineralogique En résumé donc, les dolomies sédiment air es apparaissent généralement comme de gigantesques, et peut-on dire éternels TÉMOINS DE CA VIE CORALLIGÈNE ainsi que de la puissance du rôle d'êtres infiniment petits dans la structure de Vécorce terrestre ... FONT, de l'Albien de Glymont, Maryland; b, Aralia paimaia NEWB du Cénomanien de Woodbridge 19 mai 1914 Bull Soc géol Fr X I V — (fig 12 b) qu'aucun caractère essentiel ne peut faire distinguer... niveau déterminé Or cette démonstration n'a pas été faite Note présentée la séance du 16 janvier 1914 B S G F., (4), XI, p 429 J LAMBERT et J LABRIE Revision des Echinides fossiles du Bordelais... viennent d'être longuement contestés par M E Fournier, dans sa récente note publiée au Bulletin (4° série, t XIII, 1913, p 183-211) La majeure partie de l'argumentation de notre confrère consiste
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