Annales and Bulletins Société Linnéenne de Lyon 3891

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Ngày đăng: 04/11/2018, 23:45

15° Année Février 194 N° BULLETIN MENSUE L DE L A SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE LYO N FONDÉ 182 RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DU AOUT 193 des SOCIÉTÉS BOTANIQUE DE LYON, D'ANTHROPOLOGIE ET DE BIOLOGIE DE LYO N RÉUNIES , et de leurs GROUPES DE ROANNE et de SAINT-SYMPHORIEN-SUR-COIS E Secrétaire général : M M LOCQulN, 76, boulevard des Belges, Lyon, 6' Trésorière : M ot M FRéREJBAN, i4, rue Général-Plessier, Lyon, 2' SIÈGE SOCIAL A LYON : 33, rue Bossuet, 6e l'Immeuble Municipal) ABONNEMENT ANNUEL C/C P Lyon 101-98 France et Colonies Franỗaises Etranger 150 francs :00 — APPEL DU PRÉSIDENT MES ninas CoLtEGuEs , Fast d ' abord quelques mots au sujet d ' une nouvelle un peu désagréable : l'augmentatio n de notre cotisation, portée 150 francs 'pour les membres résidant en France et 300 francs pou r +eux habitant l'étranger J ' - peine besoin de m ' expliquer sur cette mesure Comme tous et chacun, -notre Société es t entrnée dans le tourbillon général Notre principale dépense est consacrée la publicatio n de ce Bulletin Or, au cours de 945, les impririreurs ont été autorisés appliquer une cascad e de hausses, en même temps très lourdes et très rapprochées, hausses auxquelles je vous assur e que Iaugmentation de cotisation décidée la dernière Assemblée générale extraordinaire n e correspond que très partiellement Si nous sommes parvenus équilibrer notre budget, c ' est que certains d ' entre nous ont fait leur Société des dons extrêmement substantiels Je-regrette qu e leur anonymat ne me permette pas de les désigner autrement la reconnaissance de tous Je vous demande donc, mes chers collègues, d 'accepter sans trop d ' humeur cette hausse inévitable et que, les tout premiers, nous aurions souhaité éviter Je vous demande également d e nues adresser spontanément votre cotisation, ceci afin d ' éviter les frais de recouvrement Le plu s simple est d 'opérer un versement ou un virement notre compte courant postal (Société Linnéenn e de Lyon, Lyon 101-98) Notre programme pour 1946 ? Tout d ' abord maintenir l ' ensemble de nos activités (Bulletin , excursions, Offices de détermination, Cours de Mycologie, etc ) Nous voudrions aussi faire u n peu plus et renouer petit petit les fils brisés qui, avant la guerre, nous unissaient des naturaliste s dispersés dans plus de cinquante pays Nous éprouverons pas mal de difficultés : relations po'sl.ale s encore incertaines, transferts de fonds généralement impossibles, création d ' un change a franco franỗais ', entre la Mộtropole et les Colonies franỗaises, etc Nous tõcherons cependant de surmonter ces obstacles, car je crois important de récupérer le capital moral que représentait notr e rayonnement dans le monde entier : je le crois important tant au point de vue scientifique-qu e du point de vue franỗais Enfin, nous nous efforcerons de hâter l ' accomplissement des formalités nous permettant d ' entre r en possession du legs RIEL Après avoir subi des retards très excessifs, nous avons réussi hisse r le dossier jusqu'au Conseil d'Etat Nous nous emploierons l' en faire revenir dès que possible A ce moment, nous vous entretiendrons plus en détail de cette question dont nous De vous avon s encore presque pas parlé Sachez dés maintenant qu'il s ' agit d' une importante libéralité Je remercie d' avance mes collègues (lu Conseil (l'administration pour l'aide qu ' ils m ' apporleront en 1946, année au cours de laquelle la besogne ne manquera point COMPTE RENDU MORAL DU PRÉSIDENT POUR L'ANNÉE 194 MES ,CHERS COLI EGUES , L'année qui vient de s'écouler, malgré toutes ses vicissitudes, a démontré encore une fois l a vitalité de la Linnéenne de Lyon 1945 a vu la fin cette guerre mondiale si éminemment destructrice Notre Société s ' est réjoui e de cet heureux évenement, qui présage un renouveau des recherches désintéressées Ses séance ont été plus animées que les années précédentes ; ses excursions ont rayonné plus loin de Lyon s et nos meilleurs marcheurs ont atteint un alpage élevé de la chne de Belledonne Nous avon s eu la joie de voir naitre une nouvelle filiale Saint-Symphorien-sur-Coise Malgré une substantielle augmentation de la cotisation, nous avons maintenu notre effectif ; notre Bulletin tient ainsi uh rang très honorable avec ses 216 pages de mémoires originaux et se s 54 pages en petits caractères comprenant, outre la partie administrative, la e Page de l'Amateur s , nouvelle rubrique réservée des articles de vulgarisation scientifique Dans sa dernière séance, notre Conseil d' administration a décerné le titre de Membre d'honneu r notre ancien Président, M Albert POUCHET, qui a fondé et a assuré la vitalité de la Sectio n mycologique et de l'Office mycologique, et notre dévoué collègue le Professeur LARVE, qui es t depuis plus de vingt ans l 'âme du groupe de Roanne Le 13 février, nous avions honoré de la mêm e distinction notre très estimé Secrétaire général honoraire, qui s'est dévoué notre Société pendan t de nombreuses années Nous avons eu depuis la très grande tristesse d'apprendre sa mort le novembre dernier Nous avons encore subi une très grande perte dans la personne de notr e ancien Président, Cl GAILLARD, directeur honoraire du Muséum de notre ville La Commission de la succession RIEL a fait preuve d'une grande activité A la suite de nombreuses démarches, elle a obtenu, en mai, la levée des scellés de l'appartement de notre regrett é Président d'honneur Notre Association est ainsi entrée en possession de ses précieuses collection s et de sa très riche bibliothèque, qui ont trouvé place dans notre local depuis septembre Notr e gratitude est acquise tous ceux qui ont participé leur transport L' ensemble du legs étan t inventorié, nous avons demandé au Conseil d'Etat l 'autorisation nécessaire Je suis persuadé que l ' année qui va commencer sera tout aussi propice pour notre Association Je passe donc en toute confiance les pouvoirs mon ami JOSSERAND, qui, comme vice-présiden t m'a très utilement secondé en toutes circonstances E Ro :uAN NOMINATION DE MEMBRES D'HONNEU R Dans sa séance du 13 décembre 1945, la Société Linnéenne a décidé de décerner le titr e Membres d'honneur deux de ses associés, qui lui ont rendu des services particulièrement éminents Notre ancien Président, M Albert POUCHET a été le fondateur et l'animateur de la Sectio n mycologique Ses travaux sur les Champignons sont unanimement appreciés et lui ont valu l ' honneur d'être nommé vice-président de la Société Mycologique de France et lauréat de l ' Académi e de Lyon Il s ' est dépensé sans compter, en dirigeant de très nombreuses sorties et en assurant , depuis sa fondation en 1920, les déterminations de notre Office mycologique, ouvert tous A u cours de ces activités, il a diffusé dans le public les moyens de reconntre les bons Champignon s des espèces vénéneuses, évitant ainsi maintes fois des empoisonnements mortels Notre distingué collègue, le Professeur M LARVEL est l'âme de notre filiale de Roanne, dont i l est secrétaire depuis plus de vingt ans et dont il assure a/rtivement l'administration Il a réuss i intéresser ses concitoyens aux choses de la nature, en organisant des conférences sur des question s l ' ordre du jour, des expositions très réussies d'objets d ' histoire naturelle et des excursions dan s tous les recoins intéressants de sa région II a su attirer notre Société quelques membres trè s éclairés, qui se sont fait remarquer par de remarquables communications -M Albert POUCHET et le Professeur LAnUE ont bien mérité de notre Association Tous le s linnéens leur doivent une grande reconnaissance ADMINISTRATION 194 Président d'honneur M le Préfet du Rhône M le Maire de Lyon M le Recteur de l ' Université CONSEIL D'ADMINISTRATIO N 1° Les dix derniers présidents : MM JOSSERAND, MÉRIT, POUCHET, VIRET, QUENEY, TESTOUT I REVOL, V BATTETTA, GUILLEMOZ, ROMAN le Quatre délégués par section : Botanique : MM COQUILLAT, NÉTIEN, REY, Mme SCHNURR Entomologie : MM MOUTERDE, PIGNOLET, SCHAEFER, TERREAUX Générale : M FỴASSON, M11e FRÉREJEAN, MM DE LARAMBERGUE, MAZENOT Microscopie : MM J BATTETTA, FROQUET, GILLES, LocQUIN Mycologie : MM GRAISELY, GRIs0T, LAGONS£, TOUPET BUREAU 194 Président Vice-Président Secrétaire général Secrétaire adjoint Secrétaire des séances du Conseil Trésorier Trésorier adjoint Archiviste et conservateur des collections Bibliothécaire Bibliothécaire adjoint M JOSSERAND M CoQUILLAT M LocQuIN M FIASSON M GuILLEMOZ W' FREREJEAN M CABUT , M BATTETTA M COQUILLAT M TERREAUX BUREAU DES SECTIONS ET DES GROUPE S Président Secrétaire — — Trésorier du groupe de Roanne — Saint Synipliorien Bibliothécaire - Conservateurs du groupe de Roanne — — M QUENEY (Botanique) M SCHAEFER (Entomologie) M VIRET (Générale) M GILLES (Microscopie) M LACOMBE (Mycologie) M DIEUDONNÉ (Roanne.) D I ALLEGRET (Saint-Symplwrien) M COQUILLAT (Botanique) M PIGNOLET (Entomologie) M FrASSON (Générale) M J BATTETTA (Microscopie) M PHILIPPE (Mycologie) M LARUE, (Roanne) M J -P NÉEL (Saint-Symphorien) M A MuRY M REMERY M me SCRNURR (Botanique) M TERREAUX (Entomologie) M PHILIPPE (Générale) M FROQUET (Microscopie) M TOUPET (Mycologie) M BOIRON (Roanne) M REMERY (Saint-Symphorien) M BoNxoT M BOULAN ORDRES DU JOU R CONSEIL D'ADMINISTRATION : Mardi 12 Février, 20 heures Vote sur l ' admission de : M HERMANN, 6, rue de la Sorbonne, Paris, parrains MM Locquin et Coquillat ; A MA TROT, 37, rue dé Mondereau, Sens (Yonne) ; parrains M P Guillemoz et MIID Frèrejean ; — M P MOUTET, instituteur, 18, boulevard du Soubeyran, Mende (Lozère), parrains MM H Grive] et Mourgues ; — M ue BOUVIER, 25, quai de la Bibliothèque, Lyon, parrains MM Pouchet et s I :n Ontbr ; — M Claude DENNI NCEn, 51, avenue Berthelot, parrains MM Testout et Battetta ; M Pierre LoMnARD, 29, rue Docteur-Rebatel, Lyon, parrains M Locquin et M11e Frèrejean ; - M Louis DurFV, 13, rue Molière, Lyon, parrains MM Lacombr et Calmi Calendriers des excursions 1946 Rapport de la Commission de la bibliothèque Questions diverses SECTION ENTOMOLOGIQUE : Samedi Février, 16 heures M TESTOUT : Rộvision des espốces franỗaises du genre Erebia (suite) Présentation d ' insectes (ocations diverses SECTION BOTANIQUE : Samedi Février, 17 heures M R SCIIIVP.LI : Note préliminaire sur la végétation des Monts Nimba (A O F ) M QUENEY : La Flore algérienne : l ' Alfa Présentation de plantes tluestions diverse s SECTION GÉNERALE : ANTHROPOLOGIE, BIOLOGIE, SCIENCES NATURELLES : Samedi 16 Février, 16 heures Celte séance aura lieu au Musée Colonial (Muséum d ' Histoire Naturelle), ii celte dato et è t heures Nos collègues de la section Botanique sont cordialement invités : M QUExcv : L 'Alfa et la flore algérienne Visite du Musée colonial Iluestions diverses SECTION DE MICROSCOPIE : Samedi 16 Février, 17 h 1)' 13Auu : Technique de l ' histomécanique Présentation d ' appareils rluestions diverses SECTION DE MYCOLOGIE : Lundi 18 Février, 20 heures Présentation de champignons Questions diverses DON S Nous avons reỗu deux dons importants, l ' un de 18 000 francs, l'autre de 14 000 francs Nous remercions les généreux donateurs qui veulent rester anonymes M B DE RETZ nous a en v oyé 300 francs destinés a nos publications Nos remrrrirnienls GROUPE DE ROANNE tt juillet 1945 - M Bo\\OT fait un exposé sur les plantes intéressantes des bords de la Loir e Roanne avec présentation d ' échantillons 10 septembre Les plantes alpines, par M Bos\OT, qui a insisté sur les jardins alpins et l a protection des plantes Causerie agrémentée de belles planches en photochromie S octobre — M LAnuE a parlé du paléolithique 13 novembre - Causerié très documentée de M RocHE sur l'Alimentation Communicatio n le M 13osnoT sur Antbrosi,l artemisae/olia L dans la région mainmise, plante présentée l a séance du octobre par M' 1e PASCAL IO décembre — Assemblée général' Après approbation du compte rendu moral et financier , il est procédé , l'élection du bureau pour '1946 qui est constituộ de la faỗon suivant e MM BEnTnAso, LARVE, Charles Menv, anciens présidents Présidents d ' honneur M DIEVDONNé: Président M LARVE Secrétaire général M Alphonse Muas' Trésorier M Boinon Bibliothécaire MM BONNOT, Bout.AN t 'ousereatcrn•.c MM BERT, BAUDRY, CALAS, GARD, CUILLAUD, Alfred LE11 : ' Membres VILE, ROCHER, \ OCE.I 9[ Bosser tait pari des observations qu ' il a faites Rôanne pendant l ' été 1%5 sur la propagation du l)oryphors 'faute stalion subsponlutée de pomme de terre est en puissante de deveni r un terrain de ponte et d ' élevage du Doryphore M DIEuuoNNK parle de la Paléopatbologie M Casas présente une liste de 96 espèces de mollusques terrestres et fluviatiles qu ' il a recueilli s dans la région mainmise, soit vivants, soit déposés par la Loire dans ses alluvions en amolli d Roanne LA PAGE DE L'AMATEU R LA VARIABILITÉ DES PAPILLONS (suite ) Par M Vassal III — Variations géographiques Une même espèce peut occuper des aires géographiques très étendues et, de c e fait, ne pas se trouver dans des conditions semblables de température, de milieu, c e qui a pour résultat de modifier certains détails de ses caractères spécifiques Mais comme les causes de ces modifications restent les mêmes pour une même rlégion, elles deviennent pour ainsi dire héréditaires et les individus forment une rac e propre la dite région avec leurs caractères bien définis M galathea L commune partout, offre une race dans le Midi (procida IIerp), che z laquelle les taches sont d'un noir profond et très développées Heodes phlaeas L habite la France septentrionale et la Belgique, ses ailes sont rouge feu tachées d e noir en leur centre et entourées d ' un liseré noir aux sup ; les Inf sont noirâtres avec , non loin du bord postérieur, une bande rouge Dans le Midi de la France, en' Italie, on rencontre la forme Eleas, de taille plus grande, qui porte une queue aux inf et don t les ailes supérieures scint parsemées de nombreux points noirs Voilà des exemples (le variations bien tranchées qui justifient les noms de race qui ont été donnés , IV — , Autres cas de variabilité eF aberrations En dehors des cas de variabilité que nous venons d'examiner, les papillons varien t encore dans leur couleur, leur dessin Ces variations sont exceptionnelles et n 'affecten t q u 'un très petit nombre d'individus ; elles ne sont pas héréditaires Elles sont parfois si accentuées qu'elles changent complètement le facies du papillon C ' est ce genre d e variabilité qui rend le plus souvent les déterminations si difficiles Elles se rencontrent le plus souvent chez les Noctuelles et les Géomètres (CULOT, dans so n ouvrage sur les Noctuelles et Gộomốtres en a reproduit beaucoup d'une faỗon parfaite niais cet ouvrage est rare et fort cher et seules les Sociétés entomologiques peuven t le mettre entre les mains de leurs membres ) Je disais que ces variétés étaient exceptionnelles, malgré cela on retrouve de s exemplaires qui ont le même aspect, dont la description en a été faite et c'est a u titre de ô Variộtộ d'espốce ằ qu'ils doivent être considérés et figurer dans une colles ' ion Si les caractères remarqués ne correspondent aucune variété nommée et si l'o n se trouve en présence d ' un exemplaire unique, d'une véritable « aberration » le cas peut être mentionné d ' abord titre de curiosité et ensuite dans le but d ' établi r s 'il est bien accidentel S ' il est constaté que c ' est un cas anormal et tout fait exceptionnel, il est alors inutile d ' encombrer la nomenclature d ' un nouveau nom Le régime alimentaire des chenilles est une cause de variabilité Des expérience s ont été imaginées par A PICTET Des chenilles de Lyrnantria dispar sont alimentée s avec des feuilles de noyer et non avec leur nourriture naturelle : chêne, orme, saule Beaucoup d ' individus ne s'accomodent pas du nouveau régime et succombent Les survivants se chrysalident et se métamorphosent en papillons normaux don t les couleurs et les dessins sont plus clairs que dans la forme typique Les chenilles , issues de ces variants et nourries avec du chêne donnent également des papillons coloris éclairci ; de même la e génération A la e , tout rentre dans l ' ordre i0 HARRISON a obtenu des résultats analogues en élevant des chenilles de Seleni a bilunaria, non sur du framboisier ou de l'églantier, ses aliments naturels, mais su r de l ' Aulne Les papillons qui sortent des chrysalides survivantes sont remarquable s par leur petite taille et par la pâleur de leur coloris De ces expériences on peut conclure que la plante nourricière des chenilles peu t jouer un rôle dans la variabilité accidentelle des papillons, mais qu ' elle n ' est pas un élément définitif la naissance d ' une « Variété » ou simplement d ' une aberration déterminée Comme exemple de « variétés » connues on peut citer : P coridon dont la femelle syngrapha a le dessus des quatre ailes bleu comme che z le mâle avec des taches fauves plus vives et mieux circonscrites ; on la trouve ave c le type et toujours sous le même aspect La teinte générale est parfois un aspect de la variabilité comme pour le Biston bétularia L La teinte de fond chez le type est blanche et noire dans la variété carbanari a (Jordan) Le plus souvent, ces cas (le variabilité se manifestent dans le dessin Il arriv e qu ' entre les exemplaires , extrêmes, on trouve toute une gamme d 'individus où c e dessin va du plus complet l ' absence peu près totale Prenons Lonzaspilis marginata L ' On considère comme typiques les exemplaires avec une bande marginale brune , large, continue ; la bande médiane est indiquée par une tache costale plus ou moin s prolongée, tout au moins aux supérieures, par quelques taches On trouvera des papillons avec la même bande marginale entière, mais avec un e bande médiané complète, même aux inférieures Cette variété a été nommée nigrojasciata (Schôyen) C 'est la plus chargée de taches La forme,la moins chargée a la bande marginale fortement coupée de la couleu r du fond Elle est quelquefois réduite quelques taches Aux inf deux points seule ment : c ' est la variété Polluta.ria (Hübner) Entre ces deux formes extrêmes, on peut placer une quantité d ' intermédiaire s où les bandes sont plus ou moins complètes, les taches costale et basale, plus o u moins présentes On conỗoit qu ' il serait inutile de nommer toutes ces aberrations Ces quelques données sur la variabilité des papillons nous amènent cette conclusion : _ Pour qu ' une collection ait toute sa valeur il faut y rassembler le plus possible d e documents sur chaque espèce et se rendre compte ainsi de ce qu ' elle est dans l a nature On devra donc, d ' abord, essayer de posséder les exemplaires typiques mâle e t femelle ; puis les variétés dues au dimorphisme saisonnier, les races géographique s les plus marquantes (Il faut laisser aux spécialistes qui se cantonnent dans certains genres seulement, le soin de rassembler une documentation complète ) Enfin, dans la série faire figurer les variétés décrites et nommées et compléter par les individu s dont la variété dans les- dessins atteste de la variabilité de l 'espèce Les aberrations termineront la documentation Présenté la Section Entomologique en sa séance du 10 novembre 1945 , (A suivre.) AUX FUNÉRAILLE S DISCOURS PRONONCÉ de 111 CLAUDE GAILLARD, Directeur honoraire du Muséu m Par M Jean VIRET, Directeur du Muséu m Au nom de la Ville de Lyon, au nom de la Société Gộologique de France et de l ' Associatio n Franỗaise pour l ' Avancement des Sciences, au nom de la Société Linnéenne de Lyon dont il fu t le Président en 1918, au nom de l 'Association Régionale pour la Paléontologie et la Préhistoire , je dirai un dernier adieu Claude GAILLARD, mon prédécesseur et ami 11 L a ville de Lyon perd en lui un de ses plus fidèles serviteurs Trente années durant, il a dirig é les destinées de son Muséum, et si dans la durée de ses fonctions de directeur il a été dépassé pa r Claude JOURDAN et Louis LORTET qui les ont exercées respectivement pendant 37 et 40 ans , par contre il l ' emporte largement pour la durée des services rendus Entré au Muséum én 1887, il a pris sa retraite en 1939, soit après 53 ans de services Méditons cet exemple une heure où malheureusement quelques franỗais, aprốs un enrichissement scanda leux, ne songent qu ' a se retirer de bonne heure de la lutte pour mener une existence d ' oisifs e t d ' égoïstes Mais contrairement ses prédécesseurs immédiats dont je viens de rappeler les noms, qui on t été tous deux des professeurs d'Université appelés directement, en raison- de leur compétence , la fonction directoriale, Claude GAILLARD est sorti du rang Et ce n' est pas son moindre mérite Car rien ne le prédestinait, semble-t-il, la carrière qu'il a si brillamment remplie Ancien élève de notre école de La Martinière, il fait ses débuts dans l ' industrie De retour Lyon, en 1886 , après la campagne du Tonkin où il avait contribué comme soldat doter la France d' une partie de son Empire colonial, le jeune GAILLARD, alors âgé de 25 ans, cherche sa voie Il entre en relations ave`cl ' anthropologiste Ernest CHANTRE, sous-dircéteur du Muséum, qu i lui confie quelques travaux et surtout lui parle de ses recherches scientifiques, de ses mission s l ' étranger, missions où il emmènerait volontiers un préparateur du Muséum La vocation d e naturaliste qui sommeillait chez le jeune homme s ' éveille peu peu La curiosité, le dési r (l'apprendre le poussent accepter un poste de préparateur Poste modeste sans doute, si l ' on tin juge par les appointements offerts par l ' Administration Celle-ci a trop souvent tendance àI croire que cet employé se cantonne dans des besognes subalternes comme de calligraphier de s étiquettes ou de garnir intervalles périodiques les cartons d ' insectes avec des sachets de camphre , Sans doute, il faut bien que ces besognes, si humbles soient-elles, se fassent Mais ceux qui viven t dans les laboratoires franỗais savent les qualitộs rares qu ' exige un tel métier Le préparateu r est un autodidacte qui doit se tenir au courant des techniques de plus en plus complexes qu ' emploie la muséologie en France et l ' étranger Il met au service de ces techniques sa patience , son habileté manuelle, son sens artistique de la présentation Il réussit souvent, soutenu pa r son esprit d'initiative, par son enthousiasme de chercheur Préparateur modèle, GAILLARD gravit tous les échelons de la hiérarchie Son Directeur, Loui s LORTET, ne tarde pas s 'intéresser ce collaborateur qui lui rend des services inattendus I I lui découvre le don d ' observation, qualité mtresse d'un naturaliste ; et peu peu le fait participer directement ses travaux Il l ' invite alors conquérir ses grades universitaires la Facult é (les Sciences, et c'est ainsi que des mtres comme Charles DEPÉRET, René KOEHLER, Clémen t VANEY voient arriver sur les bancs de l ' amphithéâtre un étudiant qui frise la quarantaine, mai s un étudiant qui a déjà son actif des travaux de haute qualité, un étudiant qui deviendra u n disciple et un ami Avec LORTET, GAILLARD part cieux reprises en mission en Egypte pour y effectuer des recherche s relatives la faune qui vivait là-bas au temps des Pharaons A cette occasion il organise et install e au Musée du Caire la galerie concernant cette faune, connue par les bas-reliefs d ' une part, par les momies de l ' autre Au cours de ce travail où il a reconstitué de nombreux squelettes, il est devenu un anatomist e pour qui l' ostéologie des oiseaux n ' a plus de•secrets Aussi tout naturellement le doyen DEPỗRET lui confie, comme sujet de thèse, l'étude délicate des Oiseaux fossiles des Phosphorites du Quercy , sur lesquels des savants de premier ordre, LYnEI :RER en Angleterre, MILNE EDWARDS en France , s'étaient bornés ỗle courtes notes Cette thốse assied dộfinitivement la réputation de GAILLAR D en tant que paléoornithologiste C ' est encore cette branche qu'est consacrée son dernier mémoir e important- dans le tome XV des Archives du Muséum de Lyot Aussi bien, le traité récent de LA3IRRECIIT qui fait de larges emprunts aux travaux de GAILLARD , montre assez avec quelle estime ils ont été accueillis du monde savant Disciple de DEPI RET, il complète l'oeuvre de son professeur en achevant la publication de l a riche faune mammalienne des fentes de carrières de la Grive-Saint-Alban, un des joyaux de notr e Musée, fruit de patientes recherches poursuivies durant des dizaines d ' années Devenu son tour un Mtre, il apporte sa collaboration la préhistoire d ' abord, en faisan t conntre les faunes pléistocènes associées des gisements paléolithiques ou néolithiques, ensuit e l ' histoire de l ' Ancienne Egypte pour qui il garde toujours une prédilection ; il étudie alors le s animaux figurés dans divers tombeaux, nous montrant par exemple les tentatives de domestication d ' animaux sauvages par les Egyptiens de l 'Ancien Empire Et là, en présence des documents laissés par nos lointains ancêtres;' puis par ceux plus proche s des anciennes civilisations, ce n ' est pas seulement le savant qui s'exprime, c'est aussi l'artiste , le dessinateur• habile qui savait illustrer, avec quelle patience et quelle minutie, ses propre s travaux - Un admettra sans peine que c ' est entre de bonnes nains que la Ville remet, en 1909, la iaor t du D r LORTET, la direction de son Muséum Bientôtle nouveau promu va être appelé donne r sa mesure Les collections d'histoire naturelle, installées depuis 1820 environ dans les galeries ' étroites et peu éclairées du Palais des Arts, doivent rare transférées au Musée du boulevard des Belges Claude GAILLARD a toute latitude, dans la mesu re des crédits'qui lui son alloués, pou r organiser le transfert et l 'installation des collections dans ses nouveaux locaux Avec un rar e bonheur, mais non sans avoir se débattre avec les :u'chitccles quine comprenaient pas toujour s son point de vue, il s' acquitte de cette tâche, faisant de l ' ancienne patinoire du Palais de Glace cett e salle majestueuse que bien des musées d ' Europe peuvent, nous envier, cette salle où l ' intéré seientilique le dispute l'harmonie des formes et des lignes Autou r de cette pièce centrale gravitent, malheureusement en nombre insuffisant, des locau x que le directeur aura la satisfaction d ' ouvrir successivement l'Ethnologie, laPaléontologi e du tertiaire, la Faune régionale, l ' Anatomie comparée, la Préhistoire Oui, le bâtiment d u boulevard des Belges est bien son musée et l 'on devine avec quelle satisfaction il promène chaqu e année des caravanes scolaires, animant aux yeux émerveillés des générations qui montent, le s merveilles du monde vivant comme celles des mondes disparus En récompense de ses mérites, GAILLARD est promu successivement Officier de l'Instructio n publique, Chevalier, puis Officier de la Légion d'honneur Ces honneurs acceptés mais non recherchés, ne mettent pas tut terme l'activité (le sa pensée Celle-ci, malgréples ans est restée toujours alerte, et c ' est avec une certaine surprise que nous l e voyons lors de son discours de réception l ' Académie des Sciences, Belle-Lettres et Arts de Lyon en 1931, aborder un sujet qui ne lui est pas familier cependant, la formation des continents e t les plissements de l ' écorce terrestre Son esprit toujours inquiet, toujours avide de savoir, qu i s ' était penché sur les énigmes de la vie, s ' intéresse maintenant aux énigmes de la terre, celle s e des montagnes, au` sphinx redoutable des causes de leurs plissements L'ancien paléontologist s'attelle l'étude des idées et du langage de la tectonique Il travaille avec passion l'alleman d WEGENER, les'suisses Lucrox et Aacamn Je vois la Muse de la géologie se pencher aveccurio sité sur ce nouvel étudiant, désireux, après bien d'autres, de déchiffrer l'én i g me Quel âge a-t-i l70ans Sans doute, cet étudiant tardif n ' a pas déchiré le vcilc La cause des plissements qui met e n e jeu des forces insoupỗonnộes nous ộchappe encore Peut-être est-il dans l' ordre des choses qu ce problème soit de ceux que les hommes agiteront toujours sans pouvoir les résoudre Mais le s idées q u ' il a émises ne son t , pas inutiles Elles provoqueront de nouvelles recherches d 'où la scienc e saura tirer profit pour l ' édification de fécondes doctrines ` Dirai-je sa modestie, son égalité d ' humeur, sa bienveillance, sa bonté profonde ? Que de loi je l ' su rpris une heure quelconque du jour au milieu de ses occupations, ' pour lui soumettre t une idée, solliciter un avis Il quittait tout et était he ureux d ' aider son tour les jeunes qui venaien lui Il ne se contentait pas de leur donner des conseils, d ' offrir l' hospitalité des Archives d u ts Muséum leurs travaux, mais souvent leur abandonnait généreusement l ' étude des documen é était primitivement réserv il s ' précieux et inédits qu ' il serrait dans ses tiroirs personnels et qu ' nce depublier En proclamant bien haut cette bonté, je ne fais qu'acquitter une dette de reconnaissa l Dans certains cas, il eût même été assez jùste-qu ' il associât son nom il celui de l ' étudiant qu i e guidait dans la publication de recherches où il avait non seulement l ' initiative, mais la plus larg part Mais sein désintéressement était total, et bien qu'il ne dût en retirer aucun avantage personnel, il aidait de toutes ses forces la recherche de la vérité supérieure et anonyme n Je n ' incline devant l'exemple qu'Il nous laisse, devant cette vie d'un sagé, heureuse et bie remplie Frappé par la maladie il y a quelques semaines, Claude GAILLARD n ' a pas eu souffri r heure de quitte r de sentir la déchéance Sans illusion sur son sort, il aura vu venir sans faiblesse, l ' Sa sérénité était raite de la certitude que le flambea u ce monde où nous ne faisons que passer qu' il avait reỗu n ' avait pas vacillộ entre ses mains Le f, février 1945 OCTAVE MEYRAN (18ii8-1944 ) Doyen des Bolani.sLes lyonnai s Par M Cl Roux Ancien Président des Sociétés Botanique et Linnéenne de Lyo n Le doyen des Botanistes lyonnais, M Octave MEYRAN, est mort le 15 Mai 1944, âgé de 86 an s et 11 jours, l'hospice des vieillards d'Alix (Rhơne), ó il avait été admis depuis peu, étant san s descendants directs et ne pouvant plus subvenir seul ses besoins 13 fi était né le mai 1858 Montluc! (Ain) où son père, originaire de Meyronnes, sur lafrontièr e italienne des Basses-Alpes, tenait un commerce de tissus Sa mère, née Victorine CaotAS, étai t la fille d'un bourrelier-sellier, mtre tambour des sapeurs-pompiers de Montluel, et la cousin e du Dr Cnotns, professeur la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lyon : Ira famille Mm.vn,tn vint s ' installer Lyon en '1862, dans le vieux centre de la ville aujourd ' hu i rehâti ; elle habita notamment rue des Quatre-Chapeaux, n° '19, où existait alors un petit, Ma r gissement connu sous le nom de place Grenouille, cause d ' une enseigne en bois sculpté représentant ce batracien au milieu d ' une touffe de joncs Le petit Octave, ainsi devenu lyonnais, fu t rois en classe l ' Externat de la Société d ' Enseignement primaire du Rhône (qu ' il ne faut pas confondre avec l'Enseignement mutuel qui, de son côté, comptait beaucoup d '(tcoles, ni avec l a Société d ' Enseignement Professionnel dit Rhône), situé rue de la ,Poulaillerie, au m étage de la maison historique dite Hôtel de la Couronne, qui servit d'Hôtel de Ville de 1604 1652, e t dirigé par M Michel, officier de l ' Instruction Publique, distinction alors très rare, assisté de deu x adjoints, MM Motteroz et Tillet et d ' un professeur de chant, M Chaulet, lequel enseignai t la musique par la méthode des chiffres En octobre 1869, M MEynAN père, désirant assurer son fils une instruction dépassant l e niveau primaire, le fit entrer comme interne-pensionnaire l ' Institution des Lazaristes de l a montée Saint-Barthélemy, dirigée par les Frères des Ecoles chrétiennes de Saint-Jean-Baptist e de La Salle Octave passait ses vacances Montluel, chez ses grands , parents, et parfois chez son oncle adjudant retraité de dragons, qui était économe l'Ecole impériale d ' Agriculture de la Saulsai e l'ondée par M rivière, laquelle l'ut, après 1870, transférée Montpellier et transformée en Ecol e de Viticulture de l' E(at, où elle acquit, par la valeur de son corps enseignant et par le nivea u élevé de ses programmes techniques, l ' importance et la' renommée dont elle jouit aujourd ' hui , avec son organe le Progrès agricole etvilicole publié encommunaveclaStation agronomique fondée par ' M Victor Vermorel Villefranche-sur-Saône C' est la Saulsaie que le jeune MEvRAN acqui t les premières notions de la botanique qui lui furent inculquées par M Verrier, professeur d ' arboriculture et jardinier-chef de l ' Ecole Aux vacances de 1870, Octave était donc Montluel, où son grand-père joignait la professio n de bourrelier-sellier, d ' ailleurs très florissante cette époque, celle de loueur de costumes pou r les cortèges (les conscrits et des s vogueurs » de la région : tambour-major de haute taille, dor é sur tolites les coutures ; sapeurs grandes barbes, tabliers de peau blanche, haches flamboyante s et bonnets poils ; sans oublier la cantinière délurée avec sont pantalon rouge, sa tunique mili taire, et son barillet d ' eau-de-vie! Le bonhomme possédait aussi de vieux drapeaux dont l ' un , tricolore, datait de 1848 avec cette inscription en lettres d ' or : a Rộpublique feanỗaise Libertộ , Ordre public » Le matin du dimanche septembre, le turbulent et malicieux Octave s ' empar a de ce drapeau et parcourut incontinent Montluel en criant tue-tête „ Vive la République , flanqué de deux camarades, Luc Rolland qui devint colonel d ' artill erie, et Mathieu Rollet, escorté s d ' une troupe bruyante de garions et de filles raccrochés en chemin, qui tous défilèrent crânemen t devant la caserne de gendarmerie, sous l ' ceil bienveillant, sinon complice, des braves Pandores (l'est ainsi que la troisième République, dont l ' avènement était attendu d ' un jour l ' autre, fu t proclamée Montluel le septembre avant'midi, en même temps tlu ' Paris et Lyon Rentré aux Lazaristes quelques jours après, comme demi-pensionnaire désormais, Octav e MEYRAN y resta jusqu ' en 1874, y faisant des études très complètes pour l ' époque ; il eut notamment comme professeurs de sciences naturelles le frère Onésime, géologue et minéralogiste qu i créa le magnifique musée de cet établissement, et le frère Popel, botaniste, qui ayant ensuite quitt é l ' habit religieux et repris son patronyme Maissat, entra comme employé chez Alexis Jorda n où il s ' occupa des cultur es avec Viviand-Morel, tandis qu 'Antoine Colomb et Hilarion Bore l étaient`chargés de l ' entretien de l' immense herbier Entre temps, en août 1871, son père, sur le conseil du médecin, le conduisit Meyronnes pou r le changer d ' air Le voyage, en chemin de fer jusqu 'à Grenoble, puis en diligence jusqu ' Gap • par Corps et le col Bayard, puis en autre diligence de Gap Barcelonnette, et enfin mulet d e Barcelonnette Meyronnes, durait plusieurs jours Il y resta trois mois, au cours desquels u n cousin octogénaire, l ' érudit juge de paix en retraite Cogordan, lui fit connaitre la flore alpine En 1875, Octave séjourna encore Meyronnes, et lia connaissance avec deux autres botaniste s alpins, le capitaine des douanes J -J Lannes et son fils Jules ; c ' est alors que Cogordan, qui mouru t deux mois plus lard, lui fit cadeau de son bel herbier dont il se montra plus heureux qu ' un mil i onnaire L ' année 1877 fut décisive pour sa-vocation botanique : au printemps, un jour qu ' il herborisait seul au marais de Détentes, dans l ' Isère, il eut la bonne fortune de rencontrer un autre porteu r de bte verte ; Viviand-Morel, le chef de cultures d'Alexis Jordan, qui, après lui avoir servi son 14 habituel : « Jeune homme, vous n ' y connaissez rien,» l 'enco ur agea et le mit en relations avec d ' autres' botanistes, le D r Antoine Magnin, Nisius Roux, etc Sous leurs auspices, il fut admis peu aprè s comme membre titulaire de la Société Botanique de Lyon fondée en 1872 et qui était en plei n essor, puis, en 1878, comme membre de la Société d'Etudes scientifiques (Ex-Société physiophile), groupement de jeunes dont faisaient partie, avec Ant Magnin, le géologue Fontaines , les futurs médecins Gabriel Roux, Léon Blans, Rhenter, Victor Augagneur qui devint mair e de Lyon, etc , et qui n'eut qu ' une existence éphémère, absorbée bientôt par la Société Linnéenn e qui hérita de ses archives et de sa bibliothèque Pour inaugurer en quelque sorte sa carrière de botaniste, Octave MEYRAN participa en 1879 „ avec trois autres Lyonnais, les DT e Saint-Lager et Perroud et l ' abbé Boullu, la session extraordinaire de la Société botanique de France Aurillac, et en publia un excellent compte rendu Détail curieux : comme dans toutes les excursions de plusieurs jours auxquelles il prenait part , l ' abbé Boullu avait troqué sa soutane contre un vêtement laïque en velours, mais il ne manquai t presque jamais de dire sa messe, et c'est Octave MEVRAN qui la lui servait De 1880 1883, il accomplit son service militaire dans la 23 e section de Commis et Ouvrier s militaires d ' Administration Vincennes, utilisant ses loisirs pour herboriser aux environs de Paris ; nommé caporal, c ' est avec cet humble grade qu ' il assista aux brillantes réceptions du Congrè s de l'Avancement des Sciences en 1883 Rouen, où il présenta une étude sur les Caisses d'Epargri e militaires Puis il revint définitivement Lyon et, soit chez son père, soit ensuite comme employé d e commerce, il ne cessa plus de s ' occuper activement de botanique Dès lors il prit rang dans la pléiad e d ' amis des plantes qui, pendant plus d ' un demi-siècle, groupa un bataillon d ' adeptes Lyo n et dans les départements voisins, et un peu partout en France, adeptes qui, bien que séparé s par dés opinions politiques, sociales et religieuses les plus disparates, se retrouvaient unis sur l e terrain scientifique, et parmi lesquels, avec les susnommés, je citerai au hasard : Cusin, Debat, Gagogne, Socquet, Merget, Koch, Rabaste, Vallier, Perroud, les abbés Gandoger, Carret, Tillet, et Peyren, Therry, Cauvet, Dutailly, Sargnon, Guignard, Francisque Moral, Peteaux, Jacquemet , Léon Blanc, Prudent, Guillaud, Cl Lavenir, Gillot, Déséglise, Arvet-Touvet, Arbost, Lassimonn e Beauvisage, Bretin, J Beauverie, A Laurent, etc , etc Il entretint en même temps une correspondance avec un grand nombre de savants botaniste s des divers pays de l ' Europe, ce qui lui permit de réunir une précieuse collection d ' autographe s et de portraits D ' autre part, il avait été admis comme membre de l'Esquipot lyonnais, club fermé de 12 15 excursionnistes amateurs, dont le maigre budget tintait dans une tirelire (Esquipot, équipe , équipe, vieux mot qu ' on trouve dans Rabelais, désignant un vase ou tronc dans , lequel les joueurs , d'un certain jeu de cartes de ce nom collectaient leur masse), dont il devint le secrétaire et su r lequel il publia en cette qualité une luxueuse plaquette devenue rarissime Il s' occupa auss i avec le Dr Ant Magnin, de la Société des Touristes lyonnais, auxquels il fit des confộrences botaniques, et de a Sociộtộ franỗaise des Rosiộristes, siégeant Lyon, dont ü fut élu secrétaire-général Enfin il était l ' un des fidèles partenaires de l ' Asarum, groupe amical fondé en 1873, réservé au x collègues jovials de la Société Botanique et dont, jusqu ' en 1914, les joyeuses réunions se tenaien t ,, la suite des séances de celle-ci, dans un cabaret, d ' où son nom d ' Asaret, Asarum, mystérieu x pour les profanes, transparent pour les botanistes Octave MEYRAN occupa tour tour, avec compétence et dévouement, dans le bureau de l a Société Botanique, les postes de secrétaire des séances, secrétaire-adjoint, secrétaire général , bibliothécaire, vice-président et président C ' est en 1894-1895 que j ' entrai moi-môme dans l a Société Botanique et dans la Société Linnéenne, dont j'eus aussi l 'honneur de devenir le secrétaire général et le président Pendant un demi-siècle je restai donc le collègue et l ' ami d ' Octave MEYRAN , et l'on comprend qu' ce double titre de l ' ancienneté et de l 'intimité, j ' aie coeur de retrace r dans cette notice trop brève, la vie et l 'oeuvre de notre cher doyen, en y intercalant quelque s détails topiques destinés placer mes lecteurs dans l ' ambiance de l ' époque En publiant cette notice biographique dans son Bulletin, la Société Linnéenne, soeur née e t héritière de la Société Botanique, apportera de son côté un hommage de reconnaissance des botanistes actuels envers leur précurseur En 1922, lorsque la Société Botanique et la Société d'Anthropologie et de Biologie de Lyo n (cette dernière fondée en 1880 et dont je faisais également partie) fusionnèrent mon incitatio n avec la Société Linnéenne, y constituant des sections et y conservant leurs titres, MEYRA N les autres membres de ces Sociétés y conservèrent aussi leurs rangs d ' ancienneté Comme un e sorte de couronnement de sa carrière scientifique, il frit élu président de la Section botanique d e la Société Linnéenne pour l ' année 1937 A partir de 1938, ne pouvant déjà plus se déplacer facilement, et en raison des graves événements internationaux qui vinrent troubler la vie des Sociétés 15 savantes, il dut renoncer fréquenter les séances ; mais il envoya encore plusieurs communications dont je donnerai le détail plus loin dans l'analyse de ses manuscrits Grâce d ' ailleurs au Bulletin mensuel de la Société Linnéenne, grâce aussi aux fréquentes visites que ses amis Queney , Ph Riel, M Josserand et moi-même lui faisions, il se tenait au courant des travaux des naturalistes lyonnais Octave MEYnAN a été surtout un botaniste herborisant, du genre de ceux qu'on appelle quelquefois les « amateurs », par opposition aux professionnels ou officiels qui sont plutôt des botaniste s de laboratoire ; mais il avait acquis cependant, soit aux Lazaristes, soit par ses études ultérieures , des connaissances assez étendues en anatomie, en physiologie, en tératologie et en géographi e botanique, sachant parfaitement au surplus se servir du microscope Il n'était donc pas compare r avec cet autre « amateur », un ecclésiastique, qui s'enorgueillissait d'avoir 20 000 noms latin s de plantes dans la mémoire, mais qui « déterminait » parfois comme deux espèces distinctes deu x échantillons cueillis sur le même pied, ou encore le même échantillon qu ' on lui présentait aprè s démarquage, et qui resta coi lorsqu' un jour je lui posai brûle-pourpoint cette question : « L a pomme de terre que nous mangeons, est-elle une tige ou une racine ? » (A suivre ) BIBLIOGRAPHIE G DE GEER — Geôchronologia Suecica Principles Kungl svenska vetenskapsakad , Handlingar Tredje serien Bd 18, n o 6, Stockholm, 1940 On sait que le Professeur suédois Gérard DE GEER est l ' auteur d ' une méthode de déterminatio n de la durée réelle, exprimée en années, des temps quaternaires récents, méthode fondée sur l a numération des feuillets saisonniers des argiles glaciaires Lorsqu ' un glacier de vallée se retire, il abandonne sa moraine frontale, gigantesque barrag e de sa vallée, en amont duquel se constitue souvent un lac-réservoir Le torrent de fusion du glacie r aboutit ce lac et y dépose des sédiments fins qui tendent le combler Mais la sédimentatio n n ' a lieu qu ' en période, de fusion des glaciers, c' est-à-dire en été Le dépôt argileux du lac est don c discontinu ; il est constitué par une série de feuillets ou « varves », d ' épaisseur inégale suivant les années, en raison des fluctuations du climat En comptant ces feuillets dans les carrières ouverte s au sein des argiles glaciaires, DE GEER a pu enregistrer le temps du recul de l'inlandsis scandinave Ses grands résultats sont les suivants : Les temps dits postglaciaires représentent 700 ans Le Finiglaciaire, c ' est-à-dire la période qui a débuté lorsque le front du glacier stationnait prè s de Stockholm, comprend 073 années Le Gotiglaciaire, c 'est-à-dire la durée du recul du glacie r travers la Scanie, recul très lent, représente 380 ans En tout, le glacier scandinave a mi s un peu plus de 16 000 ans pour se retirer de la pointe sud de la Suède dans son domaine actuel En portant en abscisses les années et en ordonnées des longueurs proportionnelles l ' épaisseu r des varves, on obtient des diagrammes qui expriment graphiquement les variations du climat L' expérience a montré que ces variations ne sont pas cycliques, âutrement dit que les diagramme s ne se répètent pas Si des graphiques présentent des parties communes, c'est que les feuillet s correspondants sont contemporains Les diagrammes-type du Quaternaire récent ayant été établis avec soin en Suède, DE GEE R et ses élèves ont cherché étendre leurs mesures d ' autres régions du globe où les dépôts glaciaire s comportent des argiles varves C'est ainsi qu ' il a exploré la région des grands lacs en Amérique du Nord La comparaison de s graphiques obtenus avec les diagrammes-type a révélé en certains points de telles analogies qu'i l a fallu admettre qu'à des périodes déterminées, les oscillations du front glaciaire de part et d'autr e de l 'Atlantique ont été synchrones ; il a été possible de chiffrer en années de telles périodes C'es t ce que DE GEER appelle des téléconnections Le D r NORIN a exploré les dépôts glaciaires de l'Himalaya et relevé des graphiques dont quelques-uns se montrent en téléconnection avec ceux de Suède Le D r CALDENIUS a de son côté étudié les varves quaternaires de l'Argentine Ses graphique s comparés ceux de Suède ont aussi révélé des téléconnections ; cependant, au début, certain s feuillets repérés en Suède semblaient manquer en Argentine Sur les indications de DE GEER , le D r CALDENIUS les a cherchés et retrouvés leur placé dans de nouveaux escarpements ; des accidents locaux les avaient fait dispartre dans la première carrière explorée On voit par cette s télécorrection e quelle peut être la précision de la méthode Appliquée dans l'Est-africain, celle-ci a permis de dater une découverte archéologique importante, celle d 'un homme de type aurignacien dont l'âge remonte environ 15 000 ans Enfin, en Nouvelle-Zélande, on a pu relever des séries importantes de varves dans des dépôts 1ti glaciaires non plus quaternaires, mais remontant l 'époque Carbonifère Cela permettra san s doute des comparaisons avec d ' autres régions du globe : mais plus on s ' adresse des dépôts ancien s ht plus les chances sont grandes de rencontrer des formations incomplètes, une grande parti e ayant pu être emportée par les agents d 'érosion L ' ouvrage de G os: Goon paru en 1940 est un exposé la fois détaillé et synthétique de se s travaux, rédigé en langue anglaise Il comprend deux parties : un volume de texte avec 53 planche s et un atlas avec 36 cartes ou graphiques Les planches comportent de remarquables photographie s de paysages glaciaires typiques et pourront permettre des' comparaisons fort utiles avec certain s dépôts laissés dans nos régions par les glaciers quaternaires des Alpes Le graphique 89 montr e les téléconnections entre l ' Amérique du Nord, l 'Amérique du Sud et la Suède La planche 90 , importante, résume les du rées en années, des derniers temps glaciaires et des temps post - glaciaires J V' IRET Edouard THoaSMEN — Atlas de poche de la flore suisse, comprenant les régions limitrophes, avec plus de 000 dessins au trait et indication de la couleur de s fleurs F Rouge 8: C ie S A Librairie de l ' Université, Lausanne Il suffit de jeter un coup d 'oeil sur cet Atlas pour être aussitôt frappé par sa belle présentatio n typographique, la netteté des dessins et l ' abondance des figures Quand on l ' examine avec u n peu d'attention on ne peut qu ' admirer la science et l ' habileté graphique de l 'auteur qu i a pu faire tenir en moins de 300 pages d ' un petit format, '12 x 18 cm , plus de 000 espèce s ssp et var avec leurs formes caractéristiques et leurs organes spécifiques Pour arriver ce bu t il a dû simplifier ou réduire un grand ncmbre de dessins ; mais, réduits ou non, les éléments essen tiels de chaque plante sont représentés avec assez de fidélité pour qu ' on la reconnaisse facile ment ; il importe de souligner que les moindres organes servant la détermination y sont repré ,entés part : feuilles avec leur nervation, dentelure, poils, fleurs, calices, corolles, ovaires, styles , stigmates, fruits, aigrettes, etc L ' auteur n ' a pas négligé les parties souterraines lorsqu ' elles peuvent servir différencier deux espèces voisines, très semblables dans leurs parties aériennes ; c' es t un point que nous avons déjà signalé ailleurs et que les récolteurs de plantes oublient trop sou vent se privant ainsi d ' un élément important de détermination Chaque groupe de dessins représentant une plante avec ses organes porte un numéro d ' ordr e reproduit dans la légende où se lit le nom latin, souvent le nom allemand, le nom franỗais ou s a traduction en franỗais, Ies synonymes s ' il y a lieu et enfin une indication en abrégé de la couleu r des fleurs ; tout est ainsi parfaitement clair et les floristes, s 'ils sont encore embarrassés, n ' auron t qu' confronter les données de l ' Atlas avec celles de la Flore descriptive qui lui correspond (1) Ils acquerront ainsi une sécurité presque complète, et ils seront certainement reconnaissants M E TnoMMRN d ' avoir mis leur disposition un ouvrage de haute valeur scientifique et, ce qu i est précieux, d ' dn maniement commode Quoique plus spécialement destiné aux Suisses (le langue franỗaise, les botanistes franỗai s l ' accueilleront avec autant de faveur qui ' ils ont accueilli la Flore de la Suisse ci-dessus mentionnée : ils y retrouveront d ' ailleurs nombre d ' espốces franỗaises avec lesquelles ils sont familiers et notamment la plupart de celles des zones limitrophes Savoie, Ain, Jura, Haute-Alsace, Vosges méridionales Ajoutons, pour terminer, qu ' Atlas et Flore apportent tille contribution impo rtant e l ' établissement de rapports entre la Flore de la Suisse et celle de la France A QLENev ECHANGES, OFFRES ET DEMANDE S Coléoptères caverniieoles, et endogées des Pyrénées erts contre insectes des mêmes ordre s toutes provenances ou contre très bonnes espèces : Faite offres H COIFFAIT, 135, avenue d e Verdun, Caudcran (Gironde) (1), Voir Flore de la Suisse, par A itixe et E THOMMEN, clans Bull de la Soc Lins de Lyo n juin '1941, n e 6, p 96 Le Gérarit : H AUDRAS Imprimerie A REY, 4, rue Gentil, Lyon, — C L 31 1975 ... de la Ville de Lyon, au nom de la Société Géologique de France et de l ' Associatio n Franỗaise pour l ' Avancement des Sciences, au nom de la Société Linnéenne de Lyon dont il fu t le Président... publication de l a riche faune mammalienne des fentes de carrières de la Grive-Saint-Alban, un des joyaux de notr e Musée, fruit de patientes recherches poursuivies durant des dizaines d ' années Devenu... Roux Ancien Président des Sociétés Botanique et Linnéenne de Lyo n Le doyen des Botanistes lyonnais, M Octave MEYRAN, est mort le 15 Mai 1944, âgé de 86 an s et 11 jours, l'hospice des vieillards
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