Annales and Bulletins Société Linnéenne de Lyon 4130

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BULLETI N DE L A SOCIÉTÉ D'A\THROPOLOQI E DE LYO N Fondée le 10 Février 188 TOME QUATRIÈM E 188 LYON PARI S Ii GLORG., LIBRAIRE G :MASSON, LIf3RAIR R 65, RUE DE LI RÉPUBLIQUE 20, liba BOULEVARD SAINT-GERMAI N COMMUNICATIONS 2Q% LES RACES DU HAUT-NIGE R ETHNOGRAPHIE - ANTHROPOMÉTRI E PAR M LE DOCTEUR COLT.OM R RACE MANDINGU E Les traditions les plus autorisées donnent pour berceau l a race mandingue les rives du Djolibah et les montagnes où i l prend sa source Elles rapportent l'existence d'empires man dingues vastes et puissants au xm e et au xiv e siècle, aujourd'hui disparus ; elles nous font le récit d'invasions nombreuses , de guerres acharnées et sans merci, nous disent aussi le s émigrations des tribus de cette race conquérante - La vérit é a peine se faire jour au milieu de tous ces récits, quelquefoi s contradictoires, mais de tous se dégage la proposition que nou s écrivons au commencement de notre notice Des diverses nations de race mandingue, deux seules ont sub sisté l'état de pureté sur les rives du Niger : les Bamanaos , plus communément connus sous le nom de Bambaras que nou s leur laisserons, et les Malinkhés Leur position sur le Niger peut être assez facilement délimitée en prenant Bammak o comme point central : les Bambaras se trouvent au nord et l'ouest de Bammako, clans le petit et le grand Bélédougou, l e Fadougou, le Iiaarla, l'est clans l'empire de Ségou en descendant le fleuve ; les Malinkhés habitent au contraire les rive s du Niger, au sud et l'ouest, de Bammako au mont Loma , le Bourée, le Kita, le Fouladougou - En résumé une lign e fictive, qui, partant de Bakel passerait Bafoulabé, de s e dirigerait sur liondou, puis sur Bammako indique assez exactement la séparation (le ces deux nations, les Bambaras au nord , et les Malinkhés au sud de cette ligne Mais cette délimitatio n ne doit pas être prise dans le sens précis du mot, et il fau t bien admettre que des individus de nation bambara ou malin- 208 SÉANCE DU NOVEMBRE 188 khé se rencontrent en dehors des régions affectées spécialement au plus grand nombre Notre séjour Bammako, centre commun de Bambaras e t de Malinkhés nous a permis d'étudier plus spécialement ce s deux nations, et le résumé que nous vous présentons ne s'applique qu'à elles deux Dans une notice présentée la Sociét é d'anthropologie de Lyon le juin 1885, nous avons établi l a pureté de ces deux nations en les comparant de nombreux métis, nous avons indiqué leurs caractères communs, la similitude des coutumes, nous nous bornerons aujourd'hui le s étudier anthropométriquement Nous avons recueilli deux séries d'observations faites suivant des modèles différents La première série, conforme a u petit modèle Broca, comprend seize observations de Bambara s et dix-huit observations de Malinkhés ; la deuxième série s e compose de vingt-quatre observations de Bambaras et de vingt deux observations deMalinkhés ; elle a été prise sur des feuille s envoyées par la Société d'anthropologie de Lyon Ces dernières observations, moins complètes que la petite feuille de Broca , ne nous ont pas permis de calculer les indices du visage et d e la face Nos quatre- vingts observations comprennent 65 hommes e t 15 femmes, d'un âge moyen de 22 ans mois ; elles nous on t donné les indices céphalométriques et frontaux ; l'indice nasal , la taille en millimètres et le rapport de la taille - 100 l'envergure La formule générale qui se déduit de toutes ces mesure s est : COMMUNICATIONS ' 209 RACE MANDINGU E BAMBARAS ET 111ALINKH& S INDICES Nombre d ' observations Aga moyen Indice céphalométrique - frontal - nasal Taille en millimètres Taille = 1GO, envergure hommes Femmes 80 observation s 63 15 22 ans m 22 ans 8m 73 63 75 50 77.55 80 17 99 51 9i Oi 1667 mm 1621 mm S 106 32 106 79 Hommes e t femmes 80 22 ans m 74 78 15 98 30 1659 mm 106 38 Ces chiffres sont calculés avec la moyenne de plus haut e probabilité, proportionnellement au nombre d'observation s prises D'ailleurs dans une série de tableaux que nous allon s mettre sous vos yeux, ces chiffres sont indiqués ainsi que tou s ceux provenant de nos observations et il est facile de suivre l a méthode l'aide de laquelle nous les avons obtenus et de voi r la différence des cas particuliers aux cas généraux et au résultat moyen de haute probabilité Mais auparavant, et afin d'en finir avec l'ethnographie, citon s les centres les plus populeux des nations Bambaras et Malinkhés : ce sont, pour les Bambaras, Gorée dans le Guoy, entr e Bakel et Khayes ; Nossonbougou, Mourdia, Damfa, Banamb a dans le grand et le petit Bélédougou - Les grands centre s populeux des Malinkhés sont Bafoulabé, Makadiambougo u dans le Kita, Mourgoula et Niagassola dans le Bourée - Tou s ces grands villages sont des marchés importants, où des caravanes venant de Médine apportent du sel de la Guinée, d u tabac et les échangent contre les captifs et l'or que l'on extrai t du Bourée - La traite des esclaves, qui se fait sur une larg e échelle, apporte dans ces grands centres un élément étrange r Soc ANTE - IV 1885 15 210 SÉANCE DU NOVEMBRE 188 et donne lieu de nombreux métis Aussi les individus d e ces villages sont-ils en général de race moins pure que ceu x qui habitent les petits villages de l'intérieur situés en dehor s des grandes voies de communication BAMBARAS e c TRIBUS Sexe INDICES en o ' Taill e e, e°» Facia l mm Nasal E 16, observations Broc a a Courbari cf A 29 max 77 42 » 70 70 ( moy • Diara Dembellé Konaté Iiayta d' d' d' B 28 % Tribu inconnue cf F 12 Tribu inconnue d' d' G 27 81 50 102 30 1782 107 91 73 51 91 30 1662 102 25 05 53 1729 105 70 37 72 45 59 50 74 82 90 69 1572 107 63 69 27 67 40 67 21 76 69 93 32 1561 105 » 1752 105 05 moy 77 69 59 16 76 99 78 43 C 19 E 19 » 74 45 D 29 1782 105 88 89 81 42 74 02 65 95 65 57 84 70 103 78 1765 105 max 74 87 $ 88 19 117 94 max 77 66 75 94 102 78 1563 103 82 70 37 71 23 92 50 1542 102 49 moy 74 01 70 55 45 50 73 58 97 64 1552 103 max 75 67 78 43 62 71 79 69 102 71 1601 105 72 28 68 60 58 01 73 88 100 1471 102 02 » moy 73 85 72 93 60 24 77 80 101 73 1514 104 Moy gén de h p 22 79 89 » 14 `` Tribu inconnue a max 80 59 a9 H 25 22 » Inin 80 43 mby 80 51 70 52 Moy gén de h p 79 99 116 23 1742 74 37 69 29 61 92 78 67 106 81 161 » » 103 1629 104:81 86 13 95 12 1791 108 85 13 86 » 1694 105 85 63 90 56 1744 106 83 75 14 69 42 61 92 79 54 104 84 1644 105 07 COMMUNICATIONS 211 ' MALiNKHÉs _ô u INDIC : S TRIBUS Sexe Taill e e < c E ô° z ô C ciÉ 18 observations n Diara Souro A 20 Cf B 21 cf qo v - w w Il° so F (s~j Broc a niax 73 62 69 59 64 84 75 94 1`) en mm Nasal 95 65 1723 110 27 65 23 61 53 63 39 69 46 90 90 1570 103 72 moy 71 7 66 61 64 17 73 34 93 1640 105 max 77 76 43 68 08 81 88 112 20 1726 110 03 69 67 64 67 56 39 80 1641 » 93 107 49 moy 71 70 55 62 23 80 94 102 68 1653 108 Iieita cf C 18 Cf D 21 72 80 26 58 01 71 75 79 54 max 77 67 77 71 18 7' 28 100 Tribu inconnue Cissé cf E Tribu inconnue Moy gén de h p Tribu inconnue Cf Cf' 20 0 G 20 87 95 1437 109 59 max 69 27 61 66 64 04 78 97 30 1692 63 8 60 96 6:3 96 76 96 1283 90 76 moy 69 61 31 64 96 1487 105 14 20 18 » 110 52 » 87 10 1761 106 81 68 63 44 » 74 641 91 1722 105 62 moy 69 30 60 49 » 82 81 96 22 1748 106 3 95 1656 101 max 74 72 72 78 38 79 84 111 42 1680 116 68 68 60 98 50 n 62 52 22 1432 103 20 11 64 11 65 19 14 65 91 24 1563 108 03 71 55 66 89 64 58 16 03 95 59 1635 101 34 moY Moy gén de h p Cf 17 1720 107 56 10 75 55 11 54 67 55 64 36 16 43 Ĥ 113 moy 75 28 65 12 65 35 71 35 14 1750 73 68 60 20 66 66 69 max F 22 e 1473 106 212 SÉANCE DU 188 NOVEMBRE MÉTHODE DES GROUPEMENT S INDICE CEPBALOMETRIQUE Bambara s 16 Malin thés 18 Totaux 34 34 observations Broc a Ultra-dolichocéphales, au-dessous de 65 Dolichocéphales, de 65 69 Sous-dolichocéphales, de 70 74 S Sous-mésaticéphales, de 75 76 Mésaticéphales, 77 2 Sus-mésaticéphales, de 18 79 Sous-brachycéphales, de FO 84 (2f Séries e Séries -si A B C D E F G H A B C D E F cf G -m â m â t» I Malinkhés e j Bambaras Maximum Minimum Écart 77 42 70 70 74 87 74 45 0,4 »» »» n n 77 66 70 37 29 75 67 72 28 3,3 » » » » » » 80 59 80 43 0,1 73 62 68 23 4,3 77 53 64 67 12,86 »» »» » » 77 17 73 68 3,49 C9 27 68 88 0,39 70 30 69 30 » 74 64 68 94 5,70 16 obs 77 66 80 59 70 37 80 6,29 0,1 18 obs 77.53 74 64 64 67 68 94 12,86 5,70 Ecart maximum sur les 34 observations, 15 92 21 COMMUNICATIONS MÉTHODE DES SÉRIATION S APPLIQUÉE A L ' INDICE CÉPHALOMÉTRIQU E BAMBARA S MALINKHE S 16 INDICE S CIIPHALO MRTRIQUES 18 d A B C D E n F G II A B C D E 34 observations Broca 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 F G 214 SÉANCE DU NOVEMBRE 188 BAMBARA S F OBSERVATIONS Sexe Séries PARTICULIKRES Age moy^n z INDICES gé â 24 observations De 10 15 ans Oe De 15 20 ans De 20 25 ans De 25 30 ans De 30 35 ans A B d' f c e C D E 13 18 32 De 20 ii 25 ans 30 ans Moy gén de h p c Moy gén de h p d'Y v F 23 23 G 30 E $ II Il C •h F Lyo n 75 67 79 69 102 160 105 72 28 73 88 100 1471 102 73 85 77 101 77 151 104 67 76 75 94 102 78 157 107 63 » 90 69 1542 103 82 73 37 75 33 96 73 1557 105 72 max 77 66 91 1 117 1820 114 79 68 53 73 51 91 1561 100 51 moy 73 79 64 101 20 166 S 106 58 max 80 23 83 116 1742 108.15 74 45 79 99 1662 103.44 moy 78 19 81 100 1715 105 62 max 77 42 88 104 1782 107.9 70 70 81 42 88 89 175 104 62 moy 7i 49 83 59 97 86 177 105 98 14.51 19 86 82 35 96 85 102 50 169 70 81 00 1592 100 46 77 67 88 95 87 165 103 13 81 76 85 86 s 179 80.43 77.02 78 e 1623 105.46 moy 81 09 81 07 82 » 1708 106 98 19 85 30 90 1667 104 67 81 91 93 1664 105 65 I Moy gén de h p Frontal Nasal 70 37 74 22 26 Taill e en mm 19 » 25 n 23 24 s 15 50 90 90 99 1660 105 91 e 108 25 108 50 21 COMMUNICATIONS MALINKHF S OBSERVATIONS Sexes Séries PARTICULIERES m o C a.6 INDICES m °z ô i0 ?' v c Taille en Nasal mm W ° II rn m F W 22 observations Lyo n max 82 38 81 88 100 » 1720 110 17 De 15 20 ans De 20 25 ans Au-dessous del0ans Cf C' d A C B 18 23 72 37 69 72 79 54 1473 106 72 moy 77 36 71 18 92 50 1634 107 97 max 75 55 85 29 112 20 1742 113 64 67 70 14 87 75 172G 109 9 moy 71 74 78 47 97 60 1736 111 05 68 88 76 61 97 30 1283 max 74 76 85 92 100 De 25 ana Cf D 25 ~I 99 1813 110 27 68 23 66 88 91 10 1723 105 62 moy 71 24 74 23 98 03 1761 106 De 25 30 ans d E 27 De 45 ans C' F 45 Moy gin de h p cf a 23 (max 81 05 84 98 112 50 1891 110 62 82 71 42 93 75 1692 104 1 moy 73 52 78 22 103 31 54 61 80 51 88 » 1932 103 1 73 80 75 62 96 76 1712 107 18 max De 18 22 ans Moy gin de h p d' Q G 20 23 22 1764 107 77 64 70 84 111 42 1GS0 116 88 04 89 69 82 22 1432 103 moy 72 35 76 54 97 25 1563 108 a 73 54 75 79 96 64 1685 101 45 COMMUNICATIONS 223 femmes, quand les glandes mammaires se sont atrophiées, les seins pendent flasques et aplatis, affectant une forme laquell e le troupier franỗais, toujours gouailleur, a donné un nom pittoresque Les fesses font chez quelques femmes une saillie assez prononcée, sans jamais former ce que l'on nomme la stéatopygie La ligne du dos n'est pas continue et arrivée au niveau d u sacrum décrit un courbe concavité postéro-supérieure Vêtue de son pagne, la femme semble porter une tournure , tout comme nos élégantes La grossesse suit ordinairement son cours sans accident Les cas d'avortement au deuxième et troisième mois sont asse z fréquents et sont pour ainsi dire passés dans la pratique pou r les femmes qui ont eu des rapports avec les Européens, comm e si la négresse répugnait au métissage Au contraire, entr e noirs, l'avortement est presque inconnu et n'est plus alor s qu'un accident ; en tout cas, il n' est jamais provoqué artificielle ment par une manoeuvre coupable L'accouchement se fait facilement, la femme travaillan t jusqu'au dernier jour et ne se couchant qu'à toute extrémité Elle est assistée par des matrones qui ne sont que pou r recevoir l'enfant et procéder la section du cordon Tantôt o n le déchire en le tordant, tantôt on le coupe après l'avoir introduit dans la fente de deux morceaux de bois préparés pour ce t effet et placés centimètres l'un de l'autre La section es t faite entre ces deux pinces primitives qui ont pour but d ' arrête r l'écoulement du sang En tout cas, cette opération est toujour s mal faite, souvent avec négligence et elle a pour résultat bie n souvent une hernie ombilicale plus ou moins volumineuse Les mariages n'ont pas toujours lieu entre gens de mêm e nation ; par suite du commerce des esclaves et de la facilit é de 'se procurer des femmes de nations différentes, les gen s riches ont souvent de nombreuses concubines Les cas d e métissage sont donc nombreux : Bambaras et Malinkhés s'unissent des femmes de race maure ou foullah, et donnent 224 SÉANCE DU NOVEMBRE 1885 naissance de nombreux métis, ce qui rend les études anthropométriques bien difficiles et devient souvent une cause d' erreu r pour l'observateur non prévenu et qui n'a pas le soin, e n demandant la nation et la race d'un individu dont il prend le s mesures, de lui poser en même temps les mêmes questions su r son père et sur sa mère Mais il est une remarque que nou s avons faite et qui s'applique spécialement aux métis de Maure s et Bambaras ou Malinkhés, c'est que par exemple dans le ca s où l'homme est Bambara et la femme de race maure, le typ e maure se reproduit bien mieux chez les garỗons, au point qu' premiốre vue il est difficile de le distinguer et qu'au contrair e le type bambara prédomine chez les filles Le système pileux est assez peu développé, sauf pour le s cheveux Les cheveux sont noirs, du type 41 ou 48, mais s e rapprochant surtout du 48 ; ils sont laineux, implantés en grains de poivre, rarement frisés Les Bambaras les entrelacent, le s enduisent de graisse et en forment une véritable coiffure ; les Malinkhés les coupent ras La barbe, peu fournie, forme un bouquet sous le menton ; les favoris et la moustache sont rares, sans quele nègre s'épile Dès l'âge de quarante-cinq ans,l'homme commence vieillir Il se courbe petit petit, ses cheveux grisonnent, sa touffe d e barbe blanchit ; il entre enfin dans la catégorie des vieillards L a cataracte est qui l'attend, peine a t -il atteint sa soixantièm e année, quelquefois même plus tût Frappant d'abord un oeil , elle ne tarde pas envahir l'oeil resté sain, et le vieillar d devient aveugle Ce fait est celui qui vous frappe le plus dan s le pays, la fréquence de la cataracte ; quelle en est la cause ? C'est étudier Souvent le chef lui-même aveugle et infirm e préside le grand conseil ; sa voix est écoutée et respectée, se s conseils sont suivis ; l'exécution est remise aux mains d'u n frère plus jeune et encore valide Les femmes arrivent rarement un état de vieillesse trè s avancée La vie plus active, plus laborieuse, les fatigues san s nombre qu'elle a eues supporter, sans compter le fardeau de 225 COMMUNICATIONS la maternité, l'épuisent plus rapidement et la conduisent fatale ment au tombeau dans un temps plus court Les femmes préparent la nourriture pour toute la famille ; elles se servent pour la cuisson des aliments de pots en terr e préparés dans le village ; leurs récipients habituels sont de s calebasses fournies par une espèce de courge (cucurbita layenaria); elles remuent les aliments dans la marmite au moye n de grandes stapules en bois blanc Les meubles de la cas e se composent de lits en bambous recouverts d'une natte de paille, d'escabeaux en bois découpés dans un seul morceau d e dondoul (bois blanc léger) et affectant quelquefois une forme assez gracieuse Le foyer est constitué par trois pierres qu e l'on peut éloigner ou rapprocher suivant le volume de la marmite Elles s'éclairent avec le beurre de ca p ité, mis dans une espèce de cuiller en fer munie d'un manche pointu que l ' o n fixe en terre ou dans le mur ; une mèche en coton trempant dan s le beurre sert de lumignon La nourriture préparée est mis e dans une grande calebasse et portée dans la cour qui est situé e d evant la case Tous les membres de la famille s'accroupissen t autour et mettent la main au plat, la femme mangeant ave c l'époux et les enfants Nos observations anthropométriques ne nous permettent mal heureusement pas d'établir l'accroissement progressif de l a taille avec l'âge ; pourtant nous pouvons donner deux chiffre s limites : 12 ans, moyenne 1,514 millimètres, 30 ans 1,770 millimètres, maximum 45 ans, 1,932 millimètres, soit un accroissement de 256 millimètres pour 18 ans et par conséquen t 14 millimètres par an pour la période de 12 30 ans - Cell e de 12 45 ans nous donne un accroissement de 418 millimètre s en 33 ans, soit 12 millimètres par an, si la croissance s e prolongeait jusqu'à 45 ans, mais il faut assigner comme dernière limite l'accroissement de la taille l'âge de 30 ans Nous avons déjà signalé les cicatrices ethniques, large s balafres au nombre de trois sur chaque joue qui distinguen t les Bambaras et celles plus petites des Malinkhés Chez les un s Soc - AsTU - IV 1885 16 226 SÉANCE DU NOVEMBRE 1885 et les autres, ces mutilations se composent de trois groupes d e trois traits parallèles placés l'un entre les sourcils, sur la ligne médiane du front, les deux autres sur les joues ; de plus , la cloison nasale est souvent percée d'un trou dans leque l on passe un fil de coton teint en bleu, mais préférablement e n rouge Chez les Malinkhés du Birgo les dents sont limée s en pointes assez aiguës, et cela seulement chez les femmes, c e qui donne leur physionomie un aspect assez original Comme tatouage, le seul qui existe consiste en une coloratio n bleuâtre des lèvres et de la paupière inférieure au moyen d e l'indigo Pour pratiquer les cicatrices ethniques, on se sert d'u n petit couteau lame courte et rougie au feu ; elles ne se fon t que quand l'enfant a dépassé l'âge de trois ans, jamais auparavant - On ne perce la cloison nasale qu'aux filles, et seule ment àpartir de cinq ans Le limage des dents se fait vers dix douze ans, quelque temps avant l'excision du clitoris Quant au tatouage en bleu des lèvres et de la paupière inférieure, il ne s e pratique qu'au moment où la jeune tille est apte au mariage ; pour l'opération, on se sert d'aiguilles fines réunies en faisceau qu'on trempe dans une solution d'indigo avant de faire le s piqûres De plus les parties qui viennent d'être piquées son t frottées avec de la poudre d'indigo Les femmes sont coquettes et portent des colliers de verroterie, des bracelets en cuivre, en étain, en argent, des boucle s d'oreille en or, des bagues nombreuses Les moins riches portent une bandelette de cuir ornée de cauris (petits coquillage s blancs, - cyprea moneta, - servant de monnaie dans tout e l'Afrique centrale et orientale) qui fait le tour de la tête Quelque s hommes portent des boucles d'oreille en or si lourdes qu'ils les sou tiennent au moyen d ' une bandelette de cuir qui passe sur le sommet delatête afin d'empêcher le déchirement du lobule de l ' oreille Les maladies sont relativement nombreuses et fréquentes Si nous voulions nous servir des chiffres relevés par notre prédécesseur, M le D'' Julien Laferrière, et par nous dui ant notr e séjour Bammako, c'est-à-dire en 1883 et 1884, sur la gar- 227 COMMUNICATIONS nison-noire du fort, nous arriverions au chiffre énorme de 48 pour l'année 1883, et de 353 pour 1884, sur un effectif moye n de 200 hommes Mais ces chiffres ne doivent pas entrer en lign e de compte dans une étude de la race mandingue seule, et nou s nous bornerons signaler les cas que nous avons eus soigne r dans le village même de Bammako En 1884, le nombre de ma lades indigènes s'est élevé 186, et la répartition se faisait ainsi : Variole Enfants 13 Bronchite Hommes 107 Embarras gastrique, fièvre Femmes 66 ! Plaies (accidents) Ulcères phagèdéniques 23 11 22 33 97 La population du village s'élève environ 000 âmes ; mais il-reste bien entendu que nous n'avons pas vu tous les malade s du village, qui d'ailleurs ne s'adressent nous qu'en dernie r ressort et après avoir épuisé les remèdes du marabout Nou s avons en outre constaté différents cas de maladies que nou s croyons bon de signaler et qui peut-être dépendent de la profession exercée par le malade : chez un corroyeur ; un éléphantiasis du scrotum ; chez un autre, déjà âgé, un cas d'ainhum ; chez deux pêcheurs, une maladie de peau particulière cett e éaste ; de plus nous devons signaler chez cette même caste un e myopie assez forte, ce qu'ils attribuent eux-mêmes l'habitude qu'ils ont de chercher voir le poisson travers l'ea u afin de le harponner, mais cette explication est bien difficile admettre Enfin nous citerons une femme atteinte d'un kyst e de l'ovaire si volumineux que nous en avons pris la photographie comme curiosité Le fétichisme est la religion de la race mandingue Il s é compose de l'adoration d'idoles ou de fétiches qui habiteraien t un bois sacré et confié la garde d'un sorcier ou nama, manifestation visible de la divinité Dans ce résumé rapide et dans cette revue des mesure s anthropométriques prises pendant notre séjour Bammako o nous avons cherchộ donner un aperỗu de la race mandingu e SEANCE DU 228 188 NIVWrIBRE et de sa répartition sur le Haut-Niger ; nous avons traité l'homme au point de vue physiologique et pathologique Cette étude, venant l'appui de celle que nous avons soumise l e juin la Société d'anthropologie de Lyon, la complétera e t p 2rmettra de mieux juger cette race encore peu connue, et qu i a tenu, si on en croit les traditions, une si grande place dan s le Centre africain RACE PHOUL E Dans des études précédentes, nous avons étudié la race man dingue, et établi, dans la mesure de nos observations, so n habitat ; nous avons dit ses coutumes, raconté son histoire, se s traditions - Nous allons essayer maintenant de jeter quelque s points de repère parmi les métis mandinguo-phouls, d'éclaire r par l'anthropométrie ces diverses nations encore inconnues, e t dont les derniers événements dans le Haut-Sénégal ont rappel é l'existence La race phoule serait, dit-on, originaire de la Haute-Égypte Comment cette race de pasteurs et de bergers se retrouve t- elle si loin de son berceau?- Tel est le problème qui se pos e dès qu'on aborde cette question et que nous ne pouvons encor e résoudre Nous avons réuni quatre observations d'individus d e race phoule ; les voici résumées en tableau PEUHLS OU PHOUL S ô Race Sexe Axe moyen INDICES oa ô Z o Taille en mm 'à oa ro ;a observations Lyon ° n m â cf hommes 25 ans ) 70 65 71 moy II W Z max 7S 23 50 100 Phouls ô oII 74 42 75 80 u 1672 SS 09 146 103 08 105 38 94 54 156 106 22 C0111MUNICATIONS Le Phoul est remarquable par la finesse de ses traits, par se s cheveux frisés, plus fins que ceux du Mandingue et non laineux , enfin par la couleur rouge particulière de la peau MÉTIS MANDINGUO-PHOUL S Par son mélange avec la race mandingue, le Phoul a form é des métis chez lesquels on retrouve plus ou moins des trait s caractéristiques se rapprochant tantôt de la race mandingue , tantôt de la race phoule En prenant comme point de départ l a race phoule, le premier groupe anthropologique que nous rencontrons présentant une prédominance du sang phoul, est celu i des Markhas, Soninkhés ou Sarracolets Nous avons pu réunir douze observations anthropométrique s de ce groupe, cinq de la série Broca et six de la série Lyon : elles comprennent ensemble sept sujets du sexe masculin e t cinq du sexe féminin ; nous les donnons en tableau successivement MARKHA S MÉTIS MANDINGUO-PHOULS AVEC PÉRDOMINANCE DE SANG PHOUL INDICE S Sexe Age moyen d u Facial Visage Es A Nasa l observations Broc a Masculin 21 a m max 76 75 79 0) 65 69 27 68 18 49 28 Bi 05 102 50 1813 111 09 59 99 81 85 1463 104 23 moy max 72 97 82 88 12 46 73 81 57 14 63 71 75 73 93 99 1636 108 38 79 28 100 1700 110 29 78 65 moy 80 18 73 81 63 71 Féminin 22 a r 74 83 93 01 1651 105 77 02 96 50 1675 101 66 230 SÉANCE DU NOVEMBRE 188 MARIiHA S INDICES Sexe Ag e moyen Céphalométrique Frontal Taill e sa m/m Nasal Il Il m e n F H observations Lyo n Masculin 19 a m Féminin 23 ans max moy max jfl moy 78 70 » 74 82 8 70 27 84 50 59 99 75 89 87 69 74 83 97 62 81 93 100 » 90 181 146 167 171 1651 77 26 80 60 94 41 1688 109 76 105 33 107 110 29 105 47 108 Résumé des 12 observation s Hommes Nombre d'observations Age moyen Indice c é p h al o m é t r i q u e frontal - nasal Taille en millimètres Taille = 100, envergure Femme s Homme s et femmes 12 20 a m 22 a 5m 21 a 6m 73 71 79 01 16 39 18 81 70 74 80 93 95 45 94 01 1654 1681 167 107 12 108 » 107 86 Il nous serait facile d'établir un parallèle entre les diverses mesures prises chez les Markhas et celles que nous avons don nées pour la race phoule ; nous ne ferons que remarquer le s deux termes très rapprochés de l'indice céphalométrique : 74 42 pour la race phoule, et 73 77 pour les métis mandinguophouls avec prédominance de sang phoul, les Markhas Si maintenant, tournant nos regards vers la race mandingue , nous étudions les métis de cette race qui ont conservé plus par= ticulièrement les traces du sang mandingue, en premier lie u nous rencontrons les Foullahs Nous avons dans un précédent travail donné la division des Foullahs en tribus, leur lieu d'origine, leur habitat actuel Nous avons pu réunir vingt - 23 COMM17NTCATIONS deux observations anthropométriques : dix du systètne Broc a et douze du système Lyon Elles portent sur seize individu s F0 13 LL AH S MÉTIS MANDINGUO-PI1OULS AVEC PRÉDOMINANCE DU SANG MANDINGU E INDICE S Age s Sexe moyen ô O H Taill e en du Visage Facial n e Nasal mm 10 observations Broc a Masculin é s 21 Féminin 23 74 max /S 1( moy 3S max J moy 75 41 78 91 72 56 69 66 55 55 5447 12 89 68 91 63 08 71 11 79 29 60 30 69 79 65 21 70 46 12 91 60 30 87 90 71 54 82 11 89 84 82 08 85 21 109 75 1771 86 04 1412 94 82 1574 100 » 1743 90 69 1621 96.89 1669 115 48 102 97 101 79 110 32 103 65 106 42 12 observations Lyo n Masculin 24 Féminin i , 23 max moy max moy 75 88 69 66 73 95 71 11 69 79 70 » D 87 90 109 75 1931 77 69 S6.04 1412 84 62 93 90 1671 89 84 100 a 1743 82 08 00 69 1624 85 21 96 89 1669 115 48 100 82 106 35 110 32 103 106 Résumé Masculin Féminin Masculin et féminin 22 16 23 22 22 73 42 10 46 » 11 94 » D » 83 66 85 21 94 36 1625 101 07 96 89 1669 106 42 84 43 95 62 1641 106 75 du sexe masculin et sur six du sexe féminin Comme pou r les autres, nous les réunissons dans un tableau qui nous per I Je crois inutile de faire remarquer que les observations Broca et Lyon ont porté sur les mêmes individus du sexe féminin SÉANCE DU NOVEMBRE 1885 232 mettra de les embrasser d'un coup d'oeil et de les compare r entre elles Nous avons maintenant étudier deux nations qui toute s deux sont d'origine mandinguo-phoule, sans qu'il soit possibl e d'établir pour chacune d'elles la prédominance du sang phou l ou du sang mandingue ; nous voulons parler des Toucouleur s et des Khassonkhés Les observations anthropométrique s recueillies pendant notre séjour Bammako n'ont porté qu e sur des individus émigrés, sur des palefreniers ou âniers attachés au service de la colonne ; malgré cela, elles ont une certaine valeur anthropométrique et c'est la raison qui nous le s fait présenter en tableau TOUCOULEUR S INDICES Sexe Age o , moyen r u du Visage Facial n - Nasal Taille en mm II Il m m Fà te F â observations Bro a max 73 86 73 33 83 45 119 51 1772 108 85 Masculin 21a 8m 70 50 63 50 » 70 21 95 3 1670 100 1/) moy 71 09 71 55 64 59 73 79 104 35 1699 104 43 observations Lyo n max 1Masculin 21a 7m 6~ moy 73 62 70 50 12 41 Masculin 121 11 m 1101 11 751 » » » 83 45 97.56 1772 108 85 68 65 83 67 1570 100 62 14 92 62 1663 104 23 Résum é » » » 14 191 98 481 1681 1104 Malheureusement, nous ne pouvons donner aucune mesur e d'individu de sexe féminin ; mais cette lacune pourra facilemen t être comblée dans notre prochain voyage et peut-être mêm e avant, par les mesures prises par nos collègues 233` " COMMUNICATIONS Nos mesures ne portent que sur quatre individus de natio n Khassonkhé Les observations Broca et Lyon ayant été prise s sur les mêmes types, nous les réunissons en un seul tableau KHASSONKHÉ S INDICES Sexe Age moyen e C C É U i Visage Facial Nasal Taille en mm c g II Il é F observations Broca, observations Lyo n e Masculin 21 77 73 82 15 21 Féminin 20 61 56 79 63 63 70 n 67 73 120 » 1657 54 65 95 12 1581 60 3 10 109 1643 » 97 60 88 89 1643 111 4 106 22 108 88 101 91 Résum é Masculin e t 20 féminin » 71 38 » » 84 05 94 1643 108 39 Avant de passer la nation des Sourakhas, race maure restée peu près sans mélange et dont on ne trouve des représentants qu'au village de Bammako, nous croyons devoir réunir dans un tableau d'ensemble les diverses nations que nous avon s étudiées en prenant pour points extrêmes d'une part les Phouls , de l'autre les Mandingues Les différences accusées par ce tableau sont très minimes, e t l'on peut, nous le croyons, ộtablir de cette faỗon que les mộlange s des deux races primitives ont été très nombreux, si nombreu x même qu'en ce moment les diverses nations issues de ces métissages pr,"sentent des caractères ethnologiques et anthropolo giques si voisins, que les mesures anthropométriques seule s permettent de les différencier un peu 234' 7' SÉANCE DU OVEMERE 1885 MÉTIS MANDINGUO-PHOULS RACE MANDINGUE MARBRAS 00 b s Nombre d'observ, J Age moyen Indice céphalom• Indice frontal Indice nasal Taille en millim 25 74 42 75 80 20.6 22 73 77 79.0 12 21 76 39 74 80 KBASSONBBES a E a A L 21 75 21 70 1 20 67 56 97 60 88 89 164 78.81 95.45 94 109.2 164 1564 1654 168 i 1672 T = 100, env = 106 58 107.72 108 n 107 86 108 8 70 80 94 54 93 57 BAMBARAS ET FOULLAH S s e 20 7i 38 84 05 94.04 164 107 91 108 39 MALINBBB S a Ea SOURAKIiA S INDICE S Age ' moyen d â S z a -• Ûa Taille en du visage Facial n Nasal 11 F Il GO mm H W la, :observations Broca l A Masculin Féminin Masc et fém : M 15 14 14 max moy 1l » as 10 - 15 80 16 22 65 21 22 23 22 22 G 22 22 71 75 73 42 70 71.95 73 63 75 50 74 » 74,1 83 6 85.2 84.43 77 5 80 17 78 98 48 94.36 96.89 95.62 99.5 94 04 98.3 1G81 1625 1669 1647 1667 1621 1659 104 23 107 07 106 42 106.75 106.32 106 70 106 38 En terminant nous dirons quelques mots de la nation de s Sourakhas, issue de la race maure : cette nation, dont les repré ' entants ne se troùvent qu'à Bammako, a gardé presque pur le gang maure Lés traditions font remonter l'arriVéedes Sourakhas au village de Bammako jusqu'au quatorzième siècle Ils possèden t une grande partie du village, y font le commerce, reỗoiven t les marchandises que leur apportent les caravanes de diulas , et les échangent contre les captifs qu'ils vont acheter dans l e Bourée et le Manding Nos observations portent sur dix individus de sexe masculin et cinq de sexe féminin ; elles appartiennent aux série s Broca et Lyon Sexe E- 70 72 51 65 32 78 78 71 63 68 95 » 165 106 78 86 95 1322 102 87 72 70 5 71 45 71 83 89 92 88 09 89 „ 151 104 76 149 102 70 150 103 73 64 55 74 86 81 89 78 38 23 COMMUNICATIONS SOURAKHA S n Sexe Age moyen INDICE S Â ô ô b' zb 0E m n Taille 1I en Nasal mm Fil 11 observations Lyo n Masculin 21a 4m Féminin 19 a m 77 90 89 9 63 68 18 73 81 81 77 2 89 70 55 81 89 14 05 84 65 106 83 93 68 91 30 84 09 87 21 181 132 161 170 1491 1564 106 102 87 105 23 106 52 101 97 104 32 Résum é Masculin 18 a m Féminin 16 a•6 m Masc et Féminin I l a.4 m 10 15 ' 12 69 72 72 49 78 33 83 27 80 80 91 80 1564 104 9 81 1521 103 89 72 1546 104 25 Dans la série de tableaux que nous venons de faire passer sous vos yeux, nous avons cherché prouver ce que nou s écrivions au mois de juin , 1885 : 1° l'existence sur les rive s du Niger d'une race primitive aborigène, la race mandingue ; 2° l'immigration d'une tribu de race phonie ; 3° l'existence d e nombreuseses nations métisses mandinguo-phoules ; enfin côté , 4° la présence au village de Bammako d ' une nation de rac e maure, les Sourakhas Les mesures anthropométriques qu e nous avons recueillies démontrent nos quatre propositions ; mai s nous ne voulons pas terminer ce travail sans faire remarque r combien le mélange entre ces diverses nations a été intime e t combien les différences anthropométriques et ethnologique s qui les caractérisent sont minimes - Nous nous estimeron s heureux si notre travail permet de jeter un peu de clarté su r cette question encore obscure et peine étudiée 236 STANCE DU NOVEMBRE 188 DISCUSSIO N M Lortet appelle l'attention de la Société sur ce fait que l a éoloration des jeunes nègres dans les pays intertropicaux es t beaucoup plus rapide que dans les pays tempérés ; quelque s jours après la naissance ils ont pris la couleur caractéristiqu e de leur race, tandis qu'en Syrie par exemple, ils sont pein e bistrés plusieurs mois après la naissance M Lortet se demand e s'il n'y aurait pas analogie avec ce qu'il a observé chez les poissons rouges, originaires de la Chine : les jeunes alevins s e colorent vite dans un aquarium placé dans une salle chauffé e tandis qu'à la température ordinaire de notre pays, l'ai r libre, ils mettent quelquefois plusieurs années pour acquéri r leur livrée spécifique ; on en voit de 10 centimètres de longueu r qui n'ont encore que des truitures La température serait-elle donc la cause déterminante de la chromatogénie M Cornevin dit que cette différence de coloration du tégument la naissance et quelque temps après s ' observe auss i chez les animaux domestiques, particulièrement chez les lapin s russes, les sangliers et les bêtes bovines Schwitz et, chose noter, l'alimentation est pour beaucoup dans l'évolution du pigment ; celle-ci est plus rapide quand celle- est abondante e t substantielle Il ne sait rien qui confirme les données d e M Lortet sur l'influence de la température M Lavirotte dit que l'excitant naturel de la fonction chromatogèné c'est la lumière et que cette fonction est d'autant plus intense que le corps pigmentaire de la peau est plus abondant ; c'est pourquoi les bruns se hâlent beaucoup plus au soleil que les blonds Ne pourrait-on pas rapporter l'influenc e de la lumière les différences si remarquables que M Lorte t attribue la température En effet, les nègres qui vivent dan s les pays tempérés, outre qu'ils n'ont pas subir une lumièr e solaire si vive, s'y soustraient encore par des vêtements, des COMMUNICATIONS 23 coiffures dont ils ne font pas usage dans leurs centres d'origine, sous les tropiques M Cornevin revient nouveau sur l'influence de l'alimentation, qui permet de changer, pour ainsi dire volonté, le plumage de certains oiseaux tels que les perroquets M Depéret est d'avis que la lumière a le premier rôle ainsi que l'atteste la décoloration des poissons plats sur leur fac e d'adhérence, et des plantes qui croissent dans l'obscurité Il ne semble pas M Prudent que la lumière ait un rôle s i prépondérant, car il a vu de petits cyprins de Chine rougir tou t aussi bien dans l'obscurité d'une cave que dans un lieu éclairé M Faure termine la discussion en établissant une distinction tranchée entre la coloration caractéristique de l'espèce e t celle qui se développe accidentellement La première peut bie n subir en évoluant différentes influences extérieures,mais rie n ne saurait l'enrayer complètement : tel est le cas des nègres , des poissons rouges, des cafards, etc Ceux-ci sont tout d'abord presque blancs, ils se colorent ensuite en noir d'une fa ỗ, n trốs rapide et chacun sait que ce n'est pas sous l ' influence de la lumière, qu'ils évitent de leur mieux Cette restriction étant faite on peut dire que le rôle de l a lumière dans le développement du pigment colorant de la pea u et de ses phanères est indéniable NOUVELLES FOUILLES DANS LA GROTTE DE GIGNY , PRÈS SAINT-AMOUR (JURA) PAR M ERNEST CHANTR E M Chantre signale la découverte de sépultures néolithiques dans la grotte de Gigny, près Saint-Amour (Jura) Des fouilles y ont été opérées récemment d'après ses indications par MM Lafond et Carron, géologues habitant la localité On y a recueilli jusqu'à ce jour de nombreux éclats d e silex, des fragments de beaux poignards et une scie faite d'un ... deuxième série s e compose de vingt-quatre observations de Bambaras et de vingt deux observations deMalinkhés ; elle a été prise sur des feuille s envoyées par la Société d'anthropologie de Lyon. .. bande maintient des morceaux de linge destiné s faire tampon ; de plus elles nouent autour de leurs rein s des pagnes de couleur sombre, ce qui permet facilement de le s reconntre et de préciser... observations De 10 15 ans Oe De 15 20 ans De 20 25 ans De 25 30 ans De 30 35 ans A B d' f c e C D E 13 18 32 De 20 ii 25 ans 30 ans Moy gén de h p c Moy gén de h p d'Y
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