Bulletins de liaison des sociétés savantes de France 12

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Ngày đăng: 04/11/2018, 17:41

Bulletin n° 12 4/04/07 15:31 Page BULLETIN DE LIAISON DES SOCIÉTÉS SAVANTES H éraldique, sigillographie et sociétés savantes Héraldique et sigillographie INTRODUCTION N ous avons le plaisir de vous présenter dans ce bulletin le compte-rendu des journées d’étude des 26 et 27 octobre 2006 qui se sont tenues Bourg-en-Bresse dans les prestigieux locaux du monastère de Brou Nous tenons remercier plus particulièrement l’association Patrimoine des pays de l’Ain pour l’aide efficace qu’elle a apportée la préparation de ce colloque, ainsi que tous les intervenants qui ont su présenter avec clarté et parfois même évidence un sujet qui paraissait bien obscur beaucoup: l’héraldique et la sigillographie Les textes qui suivent en sont la preuve Pour la première fois le CTHS avait déplacé hors de Paris ses journées d’étude l’intention des sociétés savantes et ce fut une réussite Certes, l’assistance était un peu moins importante que les années précédentes mais tous ceux qui ont pu se déplacer ne l’ont pas regretté Les visites de la vieille ville, de l’église et du musée de Brou, de l’apothicairerie et des archives de l’Ain sous un magnifique soleil d’automne ont également agrémenté notre séjour Il faut maintenant espérer que ces nouvelles connaissances permettront de mieux identifier dans les textes anciens armoiries, blasons et sceaux En 2007, les journées d’étude reviendront Paris pour se pencher sur la forme et le rôle des publications de sociétés savantes l’heure du numérique En effet, plus d’un millier de bulletins de sociétés paraissent chaque année en France; si quelques grandes revues ont une audience internationale, d’autres ne dépassent pas le cadre régional Cela les condamne-t-elles ? Devons-nous en déduire qu’il faut tout éditer en format électronique ? mars 2007 n° 12 Le CTHS a organisé, les 26 et 27 octobre 2006, deux journées d’étude sur le thème de l’héraldique et de la sigillographie Ce bulletin sera consacré au thème abordé lors de ces journées Les intervenants nous ont aimablement transmis leur texte afin que chacun d’entre vous puisse bénéficier de ces informations Nous les remercions vivement pour leur contribution SOMMAIRE A R T I C L E S Martine FRANÇOIS, Introduction Philippe PALASI, Héraldique, méthode et identification en histoire de l’art Marie-Adélạde NIELEN, «Pour garder une bonne image » Phénomènes d’altération et méthodes de conservation des sceaux de cire médiévaux Clément BLANC-RIEHL, Les prộmices de la sigillographie franỗaise (1830-1880) Jean-Luc CHASSEL, La sigillographie des pays d’outre-Saône Jacques PAVIOT, Emblématique de la maison de Bourgogne sous Philippe le Bon (1419-1467) 11 Mathias AUCLAIR, Les sceaux des seigneurs d’Apremont des origines au XIVe siècle 14 A C T U A L I T É S Pierre COLLENOT, Présentation du site www.histoirepassion.eu 16 Publication du Comité régional Nord Pas-de-Calais d’histoire de la sécurité sociale 16 Publications du CTHS 17 Congrès du CTHS 22 Claude LAURIOL, XIIe Congrès international des Lumières, Montpellier, 8-15 juillet 2007 24 Informations pratiques 24 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page T I Ce sont les avantages et les inconvénients des différentes formules que nous évoquerons ensemble en alternant exemples et réflexions J’aimerais également inciter tous ceux qui « surfent » sur internet regarder l’ébauche d’annuaire prosopographique des sociétés savantes (http://www.cths.fr/SOCSAV/an_Rec_Proso.shtm) Vous pouvez tous participer l’alimentation de ce site en complétant les fiches existantes ou en adressant au CTHS des compléments pour les sociétés auxquelles vous appartenez Nous avons besoin au minimum des nom, prénom, dates de naissance et C L E S de décès des anciens membres des sociétés, la ou les sociétés auxquelles ils appartenaient et leur discipline scientifique Il est possible de compléter la notice avec une biographie et une bibliographie du savant et des renseignements sur ses manuscrits, ses correspondances si vous savez où ils sont conservés Merci d’avance, et bonne lecture Martine FRANÇOIS Déléguée générale du CTHS â M FRANầOIS 2007 Hộraldique, mộthode et identification en histoire de l’art A lors que l’emblématique et plus particulièrement l’héraldique connaissent un renouveau certain auprès du public grâce aux thèses, ouvrages et monographies récemment parus, je suis heureux de pouvoir présenter ici, Brou, quelques remarques sur les problèmes et méthodes d’identification d’armoiries rencontrés ici et lors de mes recherches Marque de possession, forme d’ornementation, véhicule figuré des prétentions politiques ou sociales, les emblèmes et les armoiries connurent un immense engouement du XIIe au XIXe siècle Cette profusion du décor héraldique et l’extrême diversité des supports (architecture, peinture, tapisserie, mobilier, orfèvrerie, céramique, livre, etc.) nous introduisent dans le milieu des mécènes, qu’ils soient ecclésiastiques ou laïcs, princiers ou patriciens L’héraldique appart alors comme une science indispensable pour la localisation, la datation, l’attribution et le parcours des objets d’art et des décors architecturaux mais encore pour l’histoire des goûts et des sensibilités Deux réflexions président l’approche d’une identification d’armoiries: - il n’y a pas d’armoiries fantaisistes ou très peu; - les armoiries peuvent varier pour un même possesseur et une même famille [Le conférencier présente un certain nombre d’images qui mettent en relation un même possesseur ou une même famille et la représentation de leurs armes sur des supports multiples Il commente ces images autour du style et des variations qui sont bien souvent l’origine de la déception des chercheurs néophytes.] Mes recherches dans le domaine de l’identification des armoiries constituent un exemple sans cesse renouvelé des problèmes rencontrés en héraldique Une méthodologie de l’identification, désormais élaborée grâce aux sources traditionnelles et l’informatique, est le fruit de cette expérience I LES SOURCES TRADITIONNELLES ÉCRITES (REPÈRES BIBLIOGRAPHIQUES FONDAMENTAUX) - G SAFFROY, Bibliographie des almanachs et annuaires historiques de l’Ancien Régime et des almanachs et annuaires généalogiques du XVIe siècle nos jours, Paris, Librairie Gaston Saffroy, 1959 Cette bibliographie souvent négligée rend d’inestimables services - G SAFFROY, Bibliographie généalogique, héraldique et nobiliaire de France des origines nos jours, imprimés et manuscrits, Paris, Librairie Gaston Saffroy, 1968-1988, vol 57 484 travaux consacrés aux armoiries et publiés en France jusqu’en 1983 Bibliographie critique et méthodique avec table générale auteurs, titres anonymes, matières (vol 4) Le volume est un supplément recensant les travaux publiés de 1969 1983; il suit le plan des trois premiers volumes et possède également une table Le tome partra dans quelques années - M POPOFF, Bibliographie héraldique internationale, Léopard d’or, 2003, 352 p (voir site internet de la Soc fr d’héraldique et de sigillographie, http://sfhs.free.fr/documents/biblio_internationale.pdf) mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page T I - E ARNAUD, Rộpertoire de gộnộalogies franỗaises imprimộs, Paris, Berger-Levrault, 1982-1986, vol Un autre monumental outil de recherche pour lhistoire des familles franỗaises et de quelques ộtrangốres Indispensable pour l’estimation des familles travers les siècles Dépouille aussi les monographies familiales du Saffroy Le tome contient en son début un supplément aux deux précédents volumes (existe en DVD) II LES SOURCES TRADITIONNELLES MONUMENTALES OU LE DOMAINE DE L’HISTOIRE DE L’ART Un domaine extrêmement négligé par les héraldistes, le relevé des armoiries sur les monuments et dans les décors de tous les types D’autant plus dommage que ces témoignages disparaissent peu peu Quelques titres retenir pour servir d’orientation des travaux - ANGOT, Alphonse, abbé Armorial monumental de la Mayenne Laval: Goupil, 1903 (rééd.1997) - SORNAY, Jacques de Epigraphie héraldique du département de la Nièvre Angers : Impr Lachèse et Dolbeau, 1882 - PALASI, Philippe Armorial historique et monumental de la Haute-Marne, Chaumont, 2004 376 pages, 500 ill couleurs C’est dans ce domaine de l’inventaire des sources archéologiques héraldiques que tout reste pratiquement réaliser III INFORMATIQUE Incontestablement l’informatique est l’avenir de l’héraldique Consommatrice de beaucoup d’images en couleurs et de données, l’héraldique profitera pleinement des développements des bases informatiques en réseaux Un département s’annonce précurseur, l’Aube, qui l’horizon de 2008- C L E S 2009 devrait proposer sur le site des archives départementales l’accès une campagne de couverture photographique des armoiries sur son territoire Aucune base héraldique publique ni commerciale n’est aujourd’hui satisfaisante A titre privé, des corpus d’environ 320 000 armoiries blasonnées se sont constitués et il faut en souhaiter la diffusion prochaine [Le conférencier présente de nouveau des armoiries identifiées grâce aux bases informatisées] CONCLUSION L’ensemble de ces données et recherches aboutira peu peu l’élaboration d’une base héraldique informatique illustrée qui permettra la reconstitution d’une histoire des décors et des objets commandés ou possédés par des mécènes, des collectionneurs ou de simples particuliers travers les siècles Elle s’inscrira parfaitement dans le souci actuel de reconstituer le parcours des œuvres auquel s’attache particulièrement les historiens de l’art L’étude de ces documents présentera une histoire des comportements des élites sociales travers des témoignages figurés Création originale de la société occidentale du XIIe siècle, l’héraldique n’a cessé jusqu’à nos jours d’être le miroir de cette société Aussi, constitue-t-elle une science indispensable aux historiens, historiens de l’art et archéologues Philippe PALASI Chargé de conférences l’ EPHE, section des sciences historiques et philologiques â P PALASI 2007 ô P our garder une bonne image » Phénomènes d’alteration et méthodes de conservation des sceaux de cire médiévaux L e sceau est fixé au document, qu’il valide et authentifie: il en est donc indissociable, sans lui il perd toute valeur diplomatique Mais le document scellé est un objet composite, difficile conserver et restaurer car chacune de ses composantes possède ses exigences propres Il est donc impossible d’appliquer des règles de mars 2007 n° 12 conservation uniques, des choix doivent être faits en fonction de l’état de dégradation d’un des éléments, ou en fonction de l’importance historique de ceux-ci Dans une première partie, je vais exposer les phénomènes de dégradation auxquels sont soumis les sceaux, puis dans une seconde partie, les solutions qui peuvent être apportées Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page T I I LES ALTÉRATIONS DES SCEAUX La cire La plupart des sceaux du Moyen Age sont constitués de cire d’abeille, produit d’origine animale luimême composé de nombreux constituants Il est difficile de prévoir comment ces différents composants réagiront entre eux et comment les sceaux vieilliront Les conditions de conservation idéales de la cire sont: température entre 15 et 20° et pas d’exposition la lumière directe Ce qui est le plus nuisible, ce sont les variations rapides de température et l’amplitude L’atmosphère humide (au-delà de 55%) est aussi proscrire: - en raison du lien étroit du sceau avec les lacs en textile, extrêmement sensibles l’humidité; - en raison du risque de développement de microorganismes cause de l’interaction entre l’humidité et la poussière qui recouvre souvent les sceaux Mais surtout, les sceaux craignent extrêmement les chocs La cire, d’autant plus qu’elle a vieilli, est fragile, parfois très cassante Elle est donc très sensible aux manipulations Les conditions de stockage des documents sont aussi un facteur de dégradation: cartons rangés debout et non plat, btes trop pleines ó les sceaux sont écrasés, sachets trop serrés occasionnant des frottements… Enfin, il ne faut pas négliger les problèmes posés par les mauvaises restaurations, faites une époque ó les matériaux «de conservation» n’existaient pas On peut classer en trois catégories les causes d’altération des sceaux de cire: - les altérations physiques Ce sont les plus nombreuses, conséquence des mauvaises conditions de conservation: déchirements du parchemin ou des lacs, sceaux cassés, écrasés, écaillés, encrassés, mal restaurés; - les altérations biologiques Elles sont, heureusement, relativement rares: trous ou galeries qui peuvent engendrer des effritements; - les altérations chimiques Elles sont encore assez mal connues La cire peut être décolorée, cristallisée (remontées de dépôts blanchâtres) Les sceaux peuvent aussi être «malades»: la structure interne de la cire est atteinte, soit en raison d’un vieillissement de certains composants, soit par réaction chimique entre ces différents composants, soit encore par réaction chimique entre eux et les systèmes d’attache Ces attaques se traduisent par une opacification des parties atteintes C L E S de la cire, qui deviennent cartonneuses Le sceau ressemble alors un morceau de carton bouilli, voire un vieux savon (saponification) Aucun traitement ne permet d’arrêter cette dégradation, mais une étude est en cours au Service des sceaux Les systèmes d’attache Les lacs, faits de textile, sont très sensibles la fois l’humidité et la lumière Les conséquences d’une mauvaise conservation sont: effilochement, déchirement, décoloration, le pire étant la cassure totale du lien, ce qui implique que le sceau n’est plus relié au document Les mauvaises restaurations peuvent également être mises en cause, lorsque les lacs sont gorgés de cire ou sectionnés Les bulles et les cachets Comme pour les documents scellés de cire, on est en présence d’un objet composite, où il y a la fois du parchemin, du textile (soie ou chanvre le plus souvent) et du plomb, matériau qui a ses contraintes propres Si les métaux sont peu ou pas sensibles la lumière et la température, le contrôle de l’hygrométrie est au contraire primordial : l’humidité est le principal responsable de la corrosion des métaux La corrosion active est très dangereuse: l’objet change de volume, de couleur, de poids, de forme On voit appartre des rayures, des fissures, voire des trous, des soulèvements, des cratères Les bulles prennent un aspect pulvérulent et finissent par tomber en poussière En outre, le plomb est extrêmement sensible la présence de vapeurs organiques dégagées par les matériaux base de cellulose, comme le bois et en particulier le bois de chêne, les cartons, les papiers… Enfin, il faut absolument éviter de les toucher mains nues, mais uniquement avec des gants de coton, l’humidité et les sels de la transpiration suffisant déclencher une corrosion irréversible Pour le stockage, il est impératif de contrôler le climat par des produits absorbant l’humidité, et de proscrire étagères ou tiroirs en bois Pour finir, les attaches, qu’elles soient en soie ou en chanvre, souffrent des mêmes dommages que celles des sceaux de cire Les cachets, qui apparaissent la fin du XVe s., sont le plus souvent directement plaqués sur papier Le matériau, appelé « cire-laque » ou « cire d’Espagne» est extrêmement fragile, très fin et très cassant mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 A 4/04/07 15:31 R Page T I II LES SOLUTIONS AUX DÉGRADATIONS DES SCEAUX DE CIRE Après ce panorama assez désolant sur les conditions de conservation de ces précieux objets du Moyen Age que sont les sceaux, il faut envisager les solutions qui peuvent être apportées Certaines interviennent en amont, c’est-à-dire avant que l’on constate une quelconque dégradation C’est ce qu’on appelle la conservation préventive D’autres interviennent une fois les dégâts constatés Le nettoyage Le nettoyage du sceau est le préalable toute restauration, même s’il peut être dangereux quand certaines conditions ne sont pas respectées Lui seul permet de mettre en évidence les fissures de la cire, parfois masquées par la crasse ou par du vernis C’est le seul moyen d’éliminer les risques d’infestation par des micro-organismes Le nettoyage, long et délicat, se fait par application au pinceau de compresses de coton mouillées l’eau déminéralisée Il faut souvent plusieurs jours pour nettoyer le sceau, mais le sceau gagne en esthétique et en lisibilité La restauration Peu d’ateliers en France pratiquent cette restauration, délicate et toujours risquée pour le sceau Il y a deux interventions bien distinctes: - la soudure des fragments, réalisée l’aide d’une pointe chauffante température variable; - le comblement des lacunes, par l’apport d’un matériau coloré dans la masse, également l’aide de pointes chauffantes La surface du comblement devra présenter un léger retrait par rapport la surface de l’original et sa teinte s’approchera le plus possible de celle du sceau sans être tout fait semblable, de manière discriminer au premier coup d’œil les parties originales des parties restaurées Le conditionnement La première chose faire est de considérer le lieu de stockage des documents scellés, en essayant de prendre en compte tous les éléments cités plus haut, c’est dire la température, l’hygrométrie, etc…, et de les adapter le mieux possible aux documents, leur état de conservation, leurs éventuelles dégradations C’est souvent difficile d’obtenir des conditions idéales dans des bâtiments anciens, qui n’ont pas été conỗus pour entreposer des archives, oự lon manque souvent de place, et où les documents sont largement communiqués aux lecteurs mars 2007 n° 12 C L E S De tout temps, on a tenté de protéger les documents, et particulièrement leurs sceaux, par des techniques de «conservation préventive» dont certaines ont été désastreuses Certains de ces conditionnements sont d’origine: btes en bois ou en métal dans lesquelles les sceaux ont été directement coulés D’autres ont été rajoutés par la suite: pochettes en parchemin réemployé, parfois garnies d’étoupe Le système du berceau, où l’empreinte en cire rouge ou verte est insérée dans un «berceau» de cire naturelle, semble avoir été plus efficace À une époque plus récente, on a utilisé de petits sachets de coton ou de satin synthétique, peu efficaces pour la conservation Lorsque l’on ouvre ces différents types de pochettes, les surprises sont le plus souvent mauvaises Cependant, condition de bien les choisir et d’utiliser des matériaux de conservation, la protection des sceaux par l’emploi de sachets peut être une bonne solution, l’idéal étant de prévoir un conditionnement spécifique pour chaque document scellé, au minimum une enveloppe en papier neutre + un sachet pour le sceau La plus grande difficulté vient de ce qu’aucun document scellé n’a un format standard, les problèmes posés sont chaque fois différents Evidemment, il est inutile de revenir sur le coût en mètres linéaires et en moyens humains induit par la mise en place d’une conservation préventive idéale, mais il ne faut pas non plus sous-estimer les risques encourus par ces documents extrêmement fragiles dans les conditions actuelles de conservation et de communication Les moulages Un certain nombre de services d’archives en France et en Europe ont constitué, depuis le milieu du XIXe s., des collections de moulages de sceaux pris sur les originaux grâce des techniques qui ont évolué avec le temps, et qui sont aujourd’hui très sûres Le Service des sceaux des Archives nationales conserve environ 100 000 modèles de sceaux, provenant des Archives nationales, départementales, communales, de bibliothèques ou de musées Outre l’intérêt de pouvoir présenter aux chercheurs un grand nombre d’empreintes au même endroit, le moulage est une très bonne alternative la consultation d’originaux, dont il assure ainsi la préservation en évitant leur manipulation Le moulage a de plus sur la photographie ou le microfilm l’avantage de représenter l’objet en trois dimensions Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page T I J’espère avoir pu vous apporter une information aussi complète que possible sur le chapitre de la préservation des sceaux et les différents problèmes auxquels peuvent être confrontés professionnels, collectionneurs ou chercheurs Il faut surtout retenir que, en cas de doute, il est préférable de faire appel un spécialiste pour avoir son avis, et que, « le mieux étant l’ennemi du bien», il vaut toujours C L E S mieux ne rien faire que de risquer de prendre des mesures inappropriées Marie-Adélaïde NIELEN Conservateur responsable des collections sigillogphiques du Centre historique des Archives nationales © M-A NIELEN 2007 L es prémices de la sigillographie franỗaise (1830-1880) R ares sont les disciplines historiques dont on peut observer précisément la naissance et le développement: la sigillographie est l’une d’elles Ses promoteurs, Nathalis de Wailly, Louis Douet d’Arcq, Léon de Laborde, pour ne citer que les plus connus, ont laissé dans les lieux même de sa naissance, les Archives nationales, tout le matériau nécessaire la reconstitution de son histoire Cette entreprise dépassant le cadre qui nous est imparti ici, nous allons plus modestement tenter de dégager les quelques grandes lignes de fuite, de déterminer les points forts autour desquels la méthode sigillographique a été mise au point; de comprendre comment et sur quels motifs, de 1830 1880, de grandes collections d’empreintes ont été rassemblées, comment on les a classées et quels ont été les instruments intellectuels qui permirent d’explorer, d’étudier et de diffuser ces fonds Dans le premier tiers du XIXe siècle, l’intérêt pour les sceaux se fait jour dans le petit milieu des amateurs et des collectionneurs d’objets de curiosités qui furent les premiers s’intéresser ces objets, en dehors des études diplomatiques qui les avaient annexés depuis un siècle et demi Ce fut en tout premier lieu les matrices métalliques qui attirèrent leur attention , non seulement parce que le métal est bien plus élevé dans la hiérarchie des matériaux que la cire, mais aussi parce que l’immense majorité des sceaux était conservée dans des dépôts publics situés, en principe, en dehors des circuits du marché Il n’en reste pas moins vrai que le détachage des sceaux de leurs actes demeure une pratique relativement courante l’époque, pratique qui se poursuivra d’ailleurs assez tard dans le siècle Parce que les sceaux sont appendus des actes peu commodes manipuler, et dispersés dans les dépôts, leur étude se heurtait des difficultés maté6 rielles majeures L’obstacle fut contourné par l’adoption du moulage Dans les années 1830, au moment où la collection de Pierre Revoil, riche de près de trois cents matrices, entrait au Louvre, un marchand anglais, John Doubleday, recevait l’autorisation de mouler certains sceaux des Archives royales avec en contrepartie le don d’un exemplaire de chaque moulage Ce qui fut l’origine de la collection des Archives n’était constitué que de sceaux royaux franỗais et britanniques Durant la mờme décennie, le médailleur Alexis-Joseph Depaulis (1792-1867) rassembla, en puisant des sources très diverses, une collection de moulages qu’il destinait l’Ecole des Beaux-Arts Le but de ces «numismates» n’était évidemment pas l’invention d’une discipline; ils souhaitaient compléter des séries monétaires, illustrer l’histoire de la gravure mais surtout constituer une documentation iconographique précisément datée Aiguillonnées par ces initiatives, les Archives se lancèrent de manière bien informelle d’abord, puis vers 1840, plus systématiquement, dans une opération de collecte qui aboutira une dizaine d’années plus tard la plus grande collection d’empreintes du monde Même si la méthode prenait un tour plus rationnel, le lien tranché entre le sceau et son contexte diplomatique n’était pas renoué Bien au contraire, la sigillographie fut fondộe sur le principe de cette rupture; elle est conỗue alors comme une discipline qui retranche virtuellement par la copie, un élément d’un tout ; documente dans le meilleur des cas son contexte désormais «fantơme» et cela afin de constituer un corpus capable d’épauler d’autres disciplines C’est que les sceaux offrent des images datées permettant de fournir une datation précise des domaines qui en mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 A 4/04/07 15:31 R Page T I sont parfois cruellement dépourvus, tels «l’iconographie sacrée; l’histoire du costume; la symbolique; l’histoire du style décoratif; l’état ancien de l’industrie; la topographie urbaine; l’héraldique; l’épigraphie et, enfin, la paléographie1 » Hors de leur contexte diplomatique, les sceaux apparaissent donc aux yeux des promoteurs de la sigillographie comme de précieux monuments archéologiques Ce glissement affirmé et assumé orientera la sigillographie sur des pistes sans doute légitimes mais qui ne donneront pas, loin s’en faut, les beaux fruits escomptés Le caractère utilitariste de la démarche produira en outre des outils peu adaptés aux études diplomatiques et bien insuffisants pour l’histoire des formes et des pratiques En effet, pour classer l’énorme collection de moulages, il fallait un cadre méthodique Il était impossible d’étudier ce corpus sous la forme classique de l’inventaire par fonds, du fait des bouleversements que ceux-ci avaient connus au moment de leur entrée dans le domaine public, et il était illusoire d’envisager un classement de type iconographique On élabora un cadre de classement par producteur qui prenait en compte, notamment pour les derniers siècles du Moyen Age où l’usage de sceller devint quasiment universel, l’ensemble du corps social Ce classement, qui en dit sans doute plus long sur le monde qui l’a produit que sur le monde qu’il est sensé décrire, demeure jusqu’à nos jours le cadre de classement de référence de la discipline En 1857, au moment de l’arrivée de Léon de Laborde la tête des Archives de l’Empire, le travail d’exploration des fonds parisiens et de fabrication des empreintes de sceaux est donc quasiment achevé: les moulages sont fichés et classés Avec le nouveau directeur cependant, la collection sigillographique entre de plain-pied dans un projet bien plus vaste que la simple question de l’inventaire des fonds, un projet de modernisation des Archives établi selon un programme ambitieux qui frappe par sa cohérence Pour le grand public, ou du moins pour le public des amateurs et des curieux, Laborde imagina un Musée de l’Histoire de France constitué de deux ensembles distincts: le musée des documents qui réunissait une sélection d’actes illustrant l’histoire de la Nation, et la collection sigillographique qui était installée au rez-de-chaussée de l’hôtel Soubise Ce musée est la clef du projet de Note de L Douet d’Arcq F.-A de Chabrier (Paris, Chan, ABXVIII/1, dossier mars 2007 n° 12 C L E S Laborde, les collections de sceaux représentant en quelque sorte la partie émergée et figurée de l’iceberg des Archives Parallèlement, Laborde lanỗa les Archives dans une ambitieuse politique de publications qui aboutit aux fameux Inventaires et Documents publiés par ordre de l’Empereur et qui se traduisit en matière sigillographique par l’édition en trois volumes de Collections de sceaux2 S’il améliorait considérablement la recherche dans le fonds sigillographique, il s’agissait du catalogue d’une collection publique aux notices très courtes, le support écrit et non illustré la vision directe des objets Pour cette raison, cet instrument apparaissait bien insuffisant pour le chercheur, d’autant qu’il laissait en suspens, ou du moins ne traitait qu’imparfaitement, la question iconographique Certes, la science du blason recevait un traitement de faveur grâce la constitution d’un index héraldique très complet, mais comment appréhender les richesses iconographique des sceaux, ce qui, rappelons-le, est l’objectif principal assigné alors la sigillographie, avec des instruments qui décrivent si peu des images de toutes faỗon non indexộes3 ? La rộponse qui fut envisagée alors passa par l’élaboration d’une typologie qui réduisait la question iconographique huit types: de majesté; équestre; armorial; personnel aux femmes; ecclésiastique; légendaire; topographique; arbitraire, appelé aussi de fantaisie Cette typologie, qui appart plus comme un outil d’intelligibilité d’un corpus en cours de formation que comme un instrument de recherche, ne fut en outre pas appliquée de manière systématique dans l’inventaire lui-même Afin de pallier les carences des inventaires papier dont il était le promoteur, Laborde envisagea un instrument nouveau: l’Atlas des sceaux Ce recueil de fiches normalisées, reprenant l’essentiel des notices de l’inventaire et recourant la photographie, appart comme une nouveauté de tout premier ordre préfigurant les formulaires informatiques de nos bases de données Non seulement cet atlas, qui ne fut pas mis en œuvre, aurait été un moyen relativement économique de diffuser les collections, mais surtout il aurait permis de rompre le principe figé de l’inventaire papier et son plan méthodique Publiés par Louis Douet d’Arcq, les volumes furent publiés en 1863, 1867 et 1868 Ces descriptions sont souvent d’une faiblesse tout fait surprenante, notamment pour l’iconographie chrétienne, où l’on remarque souvent des erreurs manifestes En outre, pour ce qui concerne l’héraldique, bien des armes ne sont pas blasonnées Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page T I contraignant: grâce aux fiches le chercheur aurait pu recomposer la collection selon des indexations spécifiques et notamment iconographiques En matière sigillographique, l’autre grande ambition de Léon de Laborde est la réunion Paris de la collection d’empreintes constituée partir des fonds de la province C’est ainsi qu’à partir de 1861, alors que la publication des inventaires des sceaux des Archives nationales est en bonne voie, sont lancées les campagnes sigillographiques Animées par Germain Demay, elles doivent couvrir par cercles concentriques, dont Paris est le pivot, lensemble du territoire franỗais Ces campagnes, arrêtées pour diverses raisons avant leur terme, nous ont donné les inventaires des sceaux de la Flandre (1873), de l’Artois et de la Picardie (1877), de la Normandie (1881); puis, plus tard, avec Auguste Coulon et la reprise pour un temps des campagnes, l’inventaire sigillographique de la Bourgogne (1912) Vers 1900, il existait donc en pratique deux collections indépendantes et complémentaires: celle constituée partir des fonds des archives, qui était par définition achevée et qui possédait son propre inventaire, la seconde, en revanche, ouverte avec les campagnes sigillographiques en 1861, n’étant toujours pas achevée Avec la sigillographie, l’observateur a la chance d’assister la naissance et au développement d’une discipline, de repérer les enjeux, les débats, d’observer comment une époque envisage un corpus dont elle ignore presque tout et comment elle forge mesure qu’elle le découvre les outils de son intelligibilité De 1840 1880, on crut que grâce son C L E S riche répertoire d’images datées la sigillographie pouvait éclairer des pans entiers de pratiques très diverses Entendait-on construire une histoire positiviste des formes, une histoire la datation étalonnée, qui aurait permis d’éviter les tâtonnements de la stylistique, une manière d’archéologie des formes et des pratiques représentées ailleurs par la peinture ou la sculpture? Reconnaissons que si ce principe n’est jamais énoncé clairement, il soustend et influence les pratiques d’alors Les raisons du relatif effacement de la sigillographie du champ des études historiques, eu ộgard aux riches perspectives que lon traỗait alors pour elle, tiennent sans doute aux choix théoriques et pratiques que nous venons de très brièvement décrire Alors que le principe du classement sociologique envisagé appart pour le moins daté, la pratique du moulage, qui permit dans un premier temps de rendre visibles des objets difficiles étudier sans lui, a conduit néanmoins les «décontextualiser» Les inventaires des sceaux produits aux Archives dans la seconde moitié du XIXe siècle sont souvent des inventaires de moulages plutôt que d’originaux Par ailleurs, si l’on reprend les domaines que la sigillographie était censée aider par sa datation, on ne peut ờtre que dộỗu par des résultats pour le moins contrastés; l’héraldique a sans doute trouvé dans la sigillographie une alliée de poids, mais que dire de l’histoire du costume, de l’iconographie, de la topographie urbaine ou de l’histoire des styles décoratifs? Clément BLANC-RIEHL Chargé d’études documentaires au service des sceaux du Centre historique des Archives nationales © C BLANC-RIEHL 2007 S igillographie des pays d’outre-Saône S i l’on tentait de dresser aujourd’hui le bilan de la sigillographie en France, après cent cinquante ans de développement de cette science, les conclusions seraient partagées Les sujets de satisfaction ne manqueraient pas La production scientifique est devenue abondante et de qualitéI : elle développe non seulement des points d’érudition particuliers mais aussi des vues de synthèse qui ont considérablement enrichi notre problématique sur le sceau et sa place dans la civilisation médiévale L’étude des sceaux est entrée dans le domaine de la recherche universitaire: depuis une trentaine d’années se sont multipliés les thèses et mémoires centrés sur les sources sigillaires ou y faisant recours pour tel ou tel aspect de leur démarche Par exemple, la Revue franỗaise dhộraldique et de sigillographie a publiộ plus de 2000 pages depuis 1990 Bibliographies : R Gandilhon et M Pastoureau, Bibliographie de la sigillographie franỗaise, Paris, 1981, poursuivie par J.-L Chassel et M Dalas, dans Revue franỗaise dhộraldique et de sigillographie, t 54-59 (1984-1989) et t 60-61 (1990-1991), et par J.-L Chassel sur le site internet www.sfhs.fr mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 A 4/04/07 15:31 R Page T I C L E S Ainsi la sigillographie n’est plus cette science auxiliaire enclavée qu’on lui a reproché d’être restée trop longtemps ; les ponts ont été jetés qui la mettent en relation avec les autres champs de l’Histoire Cette évolution n’a peut-être pas encore donné tous les résultats qu’on pourrait attendre et les efforts doivent être maintenus dans cette direction De plus, pour exploiter les sources considérables de cette discipline, côté des inventaires traditionnels, les chercheurs disposent aujourd’hui de corpus thématiques patronnés par les Archives nationales depuis 19802 Cette entreprise a livré des trésors d’enseignements sur les sceaux de villes, les sceaux des rois, et va s’enrichir bientôt d’un volume consacré aux sceaux des reines et des enfants royaux, grâce Marie-Adélaïde Nielen part des pays d’outre-Saône, nous allons le voir7 Ce constat pose matériellement et scientifiquement beaucoup de problèmes Compte tenu de leur fragilité particulière, les empreintes originales peuvent être détruites ou mutilées de manière irrémédiable; en l’absence de tout moulage, de tout cliché ou de toute description, la perte de ce patrimoine est un dommage définitif pour la science8 Par ailleurs, dans leurs travaux, les chercheurs n’ont toujours qu’une vue partielle des usages historiques du sceau en France Même s’ils disposent au service des Sceaux des Archives nationales d’une documentation considérable (une collection de près de 100 000 moulages qui est la plus riche au monde)9, il faut le dire et le répéter: ils sont contraints d’omettre un bon tiers du territoire de la France et ne doivent guère s’aventurer au-delà du Moyen Âge! Mais le bilan serait marqué aussi de frustrations et d’inquiétudes Le travail d’inventaire des empreintes originales et des matrices conservées dans les fonds publics est parti en flèche dans la deuxième moitié du XIXe siècle: la grande Collection de sceaux des Archives de l’Empire, pilotée par Douët d’Arcq3, doublée d’une campagne de moulage complète, a été suivie d’importantes publications portant sur plusieurs régions Mais le mouvement s’est ralenti Aujourd’hui la statistique des sources inventoriées et publiées est très contrastée: certaines zones bénéficient d’inventaires publiés exhaustifs4 ou sélectifs5 ; d’autres ont fait l’objet de recensements inédits6 ; d’autres enfin sont encore pratiquement vierges, comme c’est le cas de la plu- Les pays d’outre-Saône (Franche-Comté, Montbéliard, Bresse, Bugey, Dombes et Gex), font partie, hélas, des régions les moins bien connues La collection générale des sceaux franc-comtois dont on rêvait au XIXe siècle n’a pas vu le jour10 et le fichier des sceaux des Archives du Doubs de M Jean Courtieu, resté inộdit, nest consultable qu Besanỗon Le projet dinventaire des sceaux du Lyonnais, intégrant le département de l’Ain, dans les années 30, a été amorcé par A Coulon et poursuivi par H.-E Hours, mais il n’en reste que des fiches préparatoires au service des Sceaux des Archives nationales11 Il faut rendre un hommage spécial Jules Gauthier († 1905), archiviste du Doubs, remarquable savant très attaché sa province, excellent sigillographe et héraldiste, correspondant de Douët d’Arcq, auteur d’importantes monographies (sceaux des archevờques de Besanỗon, des juridictions comtoises, Corpus des sceaux franỗais du Moyen ge I : Les sceaux des villes, par B Bedos, Paris, 1980, et II Les sceaux des rois et de régence, par M Dalas, Paris, 1991 L.-Cl Douët d’Arcq, Collection des sceaux [des Archives de l’Empire], Paris, 1863-1867 En dernier lieu : Cl Cahen, Catalogue des sceaux… Archives départementales de la Moselle, Metz, 1981-1994; M de Framond, Sceaux rouergats du Moyen Âge, Rodez, 1982; B Reviriégo, Catalogue des sceaux des Archives départementales de la Dordogne, Périgueux, 1994 ; X Détraz, Catalogue des sceaux médiévaux des Archives de la Haute-Savoie, Annecy, 1998 Par exemple : A Coulon, Inventaire des sceaux de la Bourgogne, Paris, 1912 ; L Blancard, Iconographie des sceaux et bulles… des archives des Bouches-du-Rhône, MarseilleParis, 1912 La Champagne (mais sans la Brie ni le pays ardennais), dont l’inventaire par Coulon n’est disponible qu’au Archives nationales en dactylographie ; pour la Bretagne, voir le fichier photographique de archives de Loire-Atlantique (la thèse de M Fabre, Images personnelles médiévales Bretagne (vers 1300-1500)…, en revanche, est reproduite : Villeneuved’Ascq, 1998) mars 2007 n° 12 Ỵle-de-France, Chartrain, Maine, Anjou, Touraine, Blésois, Orléanais, Saintonge et Aunis, Lyonnais, Languedoc etc Précision est nécessaire : l’absence d’inventaire de sceaux de ces régions ne veut pas dire que la conservation soit restée inactive, bien au contraire Certains services d’archives ont mené une action efficace, accompagnée d’un fichage mais sans publication À quoi s’ajoutent autant de notices descriptives sans moulages et une importante bibliothèque par les Archives nationales en partenariat avec la Sociộtộ franỗaise dhộraldique et de sigillographie et l’Académie internationale d’héraldique 10 Éd Clerc, dans Bulletin de lAcad des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Besanỗon, 1857, p 117 11 Merci Clément Blanc de m’avoir communiqué ces éléments Si les repérages d’A Coulon sont scientifiquement inutilisables, les fiches d’H.-E Hours sont d’une précision parfaite mais ne portent que sur les sous-séries 8, et 10 G des Archives du Rhône Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page 10 T I des villes et des bourgs de Franche-Comté, des sires de La Roche, ducs d’Athènes, des comtes de Montbéliard), éditeur également d’un catalogue de plus de 200 matrices12 La bibliographie est presque vide sur la Bresse et le Bugey Un certain nombre d’empreintes originales intéressant les pays d’outre-Saône a été publié dans des inventaires de collections nationales ou de régions historiquement liées: une quarantaine dans la collection de Douët d’Arcq, une petite centaine dans celle de Bourgogne, une bonne trentaine dans celle d’Artois Il faut y ajouter des empreintes recensées en Haute-Savoie ou dans quelques fonds suisses13 Par ailleurs, une trentaine de sceaux des archives de Lyon, certains intéressant la Bresse et la Dombes, ont été inclus dans le supplément de la collection de moulages de sceaux des Archives nationales l’époque de Demay Rappelons enfin qu’en dehors des empreintes originales ou moulages, il faut également mettre profit l’information que livrent les éditions de cartulaires (notamment les annonces de sceaux dans les actes) et les dessins de sceaux dans les sources anciennes14 Tout cela cependant ne peut nous consoler de l’absence d’inventaire sigillographique complet Qu’on songe en effet l’importance des institutions ecclésiastiques des pays doutre-Saụne: le siốge mộtropolitain de Besanỗon, lộvờchộ de Belley qui, défaut d’être très vaste, est fort ancien; les abbayes de Luxueil ou Saint-Oyend de Joux, d’un rayonnement considérable; toutes les abbayes cisterciennes de la filiation de Clairvaux et de Morimond Qu’on songe au rang tenu par des lignages comme ceux des comtes de Bourgogne, des Chalon-Arlay, Bâgé, La Roche, Montaigu, Rougemont, Traves, Ray, Cusance, etc Qu’on songe aussi toutes ces dynasties d’origine extérieure mais possessionnées sur la rive gauche de la Saône: les comtes puis ducs de Savoie, devenus mtres de la Bresse au XIIIe siècle, les Beaujeu qui transmettent la Dombes aux Bourbon, les La Tour-du-Pin, seigneurs de Coligny, Références dans Gandilhon et Pastoureau (supra n 1) Haute-Savoie : supra n ; D L Galbreath, Sigilla Agaunensia…, Lausanne, 1927, et Inventaire des sceaux vaudois, ibid., 1937 14 Sur l’utilité de ses sources, Chassel, « L’usage du sceau au XIIe siècle », dans F Gasparri (éd.), Le XIIe siècle…, Paris, 1994 (Cahiers du Léopard d’Or, 3), p 61-102, et « Dessins et mentions de sceaux dans les cartulaires médiévaux », dans O Guyotjeannin, L Morelle et M Parisse (éd.), Les cartulaires… Paris, 1993 (Mémoires et documents de l’École des chartes, 39), p 153-170 12 13 10 C L E S les Vienne, seigneurs de Pagny, les Vergy, comtes de Champlitte et gouverneurs de Franche-Comté… Comment, sur des bases aussi lacunaires, formuler quelque idée sur l’usage du sceau dans ces pays d’outre-Saône? Il est impossible de proposer l’heure actuelle une analyse scientifique convenable, tout au plus peut-on se faire une impression générale Il semble en premier lieu que l’usage du sceau dans ces régions est proche de celui que l’on a pu étudier en Champagne15, en Lorraine ou en Bourgogne La diffusion du sceau est certes moins poussée qu’en Ỵle-de-France, en Artois, en Picardie, en Flandre ou, bien sûr, en Normandie Elle part assez forte cependant et touche une élite relativement large, incluant la chevalerie (et pas seulement les mtres de châteaux), incluant même de petits officiers tels des notaires, incluant aussi de petits dignitaires religieux (chanoines, chapelains, mais aussi des curés), incluant enfin nombre de bourgeois D’un autre côté, les sceaux de juridiction n’ont pas tardé faire leur apparition et offrir leur valeur authentique aux actes des particuliers Les pays d’outre-Saône ont développé l’usage du sceau de manière précoce Par exemple, le sceau est attesté chez les évêques de Belley, au moins depuis les années 113016 ; chez les abbés de Luxeuil, au moins depuis les années 112017; chez ceux de Saint-Oyend, au moins depuis 112118 ; chez les comtes de Bourgogne, depuis les années 108019 Mais surtout on doit noter que le plus ancien sceau non royal, dans les limites de la France actuelle, est celui d’Hugues de Salins, archevêque de Besanỗon (en 1033 et 1041)20 Du point de vue iconographique, on rencontre tous les types classiques, dont le style ne paraợt pas se distinguer des pays voisins en deỗ de la Saône Comme partout ailleurs, l’héraldique a connu un grand succès Contrairement la Champagne, les Les sceaux, sources de l’histoire médiévale en Champagne [actes de tables rondes de la Sociộtộ franỗaise dhộraldique et de sigillographie], paraợtre en 2007; Chassel (dir.), Sceaux et usages de sceaux Images de la Champagne médiévale, Paris, 2003 16 Pilot de Thorey, Cartulaire de l’abbaye… de Chalais, Grenoble, 1879, n° 14 17 Trace de sceau (1129) : Arch dép Haute-Marne, 24 H 18 Trace de sceau (1121) : J Waquet, Recueil des chartes de l’abbaye de Clairvaux, Troyes, 1950, n° 19 Dessin de sceau de la collection Gaignières (1187-1192) : BnF, ms lat 17080, fol 28 20 Empreintes de deux sceaux différents : Arch dép Doubs, G 317,et Arch dép Haute-Saône, H 581 (Arch nat., moulage St 4533); B de Vregille, Hugues de Salins, Besanỗon, 1981 15 mars 2007 n 12 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page 11 T I écus l’aigle ne manquent pas À priori, cela n’a rien d’étonnant dans des terres situées l’est de la Saône; de plus, la Franche-Comté a fait partie du domaine direct des Staufen, par le mariage de Frédéric Barberousse avec l’héritière de la Comté À l’inverse, il faut rappeler comment le comte Othon IV de Bourgogne a abandonné ses armoiries l’aigle pour un lion d’or sur champ d’azur billeté pour marquer, par les couleurs, son rapprochement avec les Capétiens21 Au-delà de cet exem- C L E S ple, il serait passionnant d’étudier dans ces pays d’outre-Saône les manifestations héraldiques des grandes mouvances politiques (Empire, France, Savoie) et de leur évolution au cours du Moyen Âge Mais ce n’est qu’un des mille sujet que les sceaux permettraient de développer… Jean-Luc CHASSEL Mtre de conférences l’université Paris X - Nanterre vice-prộsident de la Sociộtộ franỗaise dhộraldique et de sigillographie J.-B de Vaivre, « La probable signification politique du changement d’armes des comtes de Bourgogne… », dans 11e Congrès international des Sciences généalogiques et héraldiques 21 © J-L CHASSEL 2007 E mblématique de la maison de Bourgogne sous Philippe le Bon (1419-1467) A la fin du XIVe siècle s’est mise en place une «nouvelle emblématique» qui dépassait les armoiries et les sceaux1, pour englober les mots (aujourd’hui devises) et les devises, des signes de reconnaissance qui comprennent les couleurs et les insignes Qu’en fut-il pour le duc de Bourgogne Philippe le Bon (1396-1467)? A la différence de son grand-père Philippe le Hardi et de son père Jean sans Peur, il ne choisit pas ses devises dans la nature: Philippe le Hardi eut successivement le lévrier, le cygne, la houppe, la marguerite (en honneur sa femme Marguerite de Flandre), Jean sans Peur la feuille de chêne, puis une branche de houblon2 A la différence aussi de ses ancêtres qui eurent comme couleurs le rouge et le blanc pour Philippe le Hardi et le vert, noir et blanc pour Jean sans Peur, le premier signe emblématique de Philippe le Bon fut le noir, qu’il porta jusqu’à sa mort, en deuil de son père Ainsi le montrent ses portraits, tel celui tardif par Rogier van der Weyden (ou son atelier) conservé en plusieurs copies Le noir fut un choix personnel, non étendu l’entourage, mais avec le gris, il devint la devise du duc de Bourgogne, ses propres couleurs, au point qu’on les retouvait partout de manière «officielle» Je ne citerai qu’un exemple, concernant les navires ducaux En 1425, alors qu’il Cf Laurent Hablot, « Les signes de l’entente Le rơle des devises et des ordres dans les relations diplomatiques entre les ducs de Bourgogne et les princes étrangers de 1380 1477», Revue du Nord, t 84, 2002, p 319-341 Id., «L’emblématique de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur», Les Princes des fleurs de lis L’art la cour de Bourgogne Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419), Paris, 2004, p 81-83 mars 2007 n° 12 guerroyait en Hollande, Philippe le Bon fit peindre la coque et la voile de sa pleite (un navire fond plat) de ses armes, devises et couleurs3 Quand il fit le siège de Calais, en 1436, par terre et par mer, il avait un de ses navires peint sa devise4 Plus fréquemment, c’étaient les couvertures de hune qui étaient peintes la devise du duc5 Normalement – ce que fit son fils Charles le Téméraire –, il aurait dû choisir l’emblème de la Bourgogne, d’azur la croix de SaintAndré d’argent, donc une devise de bleu et blanc Le mariage de Philippe le Bon avec Isabelle de Portugal fut l’occasion d’une grande création emblématique Premièrement, avec sa nouvelle épouse, le duc choisit un mot, «Autre n’aray», qui ne peut en fait se comprendre qu’avec celui de la duchesse, «Tant que je vive», — ce qui marquait ausi une rupture avec son père et son grand-père6 Il faut bien sûr entendre : « Autre femme je n’aurai » pour Philippe le Bon (c’était en effet son troisième mariage dont il espérait avoir enfin une descendance), avec la correction d’Isabelle de Portugal: «Tant que je vive» Le jeu des mots entre le mari et la femme n’était pas une nouveauté En effet, le beau-frère de Philippe le Bon, Jean duc de Bedford, et sa sœur Anne de Bourgogne, qui se marièrent en 1423, avaient comme mots, «A vous entier» pour lui et, non sans humour, «J’en suis contente» pour elle Jacques Paviot, La Politique navale des ducs de Bourgogne, 1384-1482, Lille, 1995, p 66 Ibidem, p 304 Ibidem En effet, ils eurent des mots connotation politique: «Y me tarde» pour Philippe le Hardi, Ich swighe («Je me tais»), puis Ich halt mich ou Ich houd («Je le tiens») pour Jean sans Peur 11 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 Page 12 R T I La tradition fut poursuivie par Charles le Téméraire et sa troisième épouse Marguerite d’York: «Je l’ay emprins» («Je l’ai entrepris») pour lui et, en espérance de bonne conclusion, «Bien en adviegne» pour elle Ce jeu de mots réciproques nous a valu un exercice de style, un rondeau de quatre syllabes, de Jean Molinet, un des grands rhétoriqueurs de la fin du Moyen Âge, qui nous en offre ainsi la clef7 : Autre n’aray Tant que vive Son serf seray, Autre n’aray, Je l’aimeray, Soit morte ou vive Autre n’aray Tant que je vive Isabelle de Portugal ne fut guère intéressée par l’emblématique Son emblème propre se retrouve dans des miniatures ou dans des décorations architecturales: un enclos, une palissade circulaire, traversé par un phylactère portant son mot «Tant que je vive»8 Son mariage avec Philippe le Bon, Bruges, le janvier 1430, fut l’occasion de la création de l’ordre de la Toison d’or, deux jours plus tard9 L’époque semblait passée pour la création d’un nouvel ordre de chevalerie10, mais celui-ci allait se révéler un succès, puisqu’il existe toujours Il fut fondé en l’honneur et révérence de Jésus-Christ, sa mère la Sainte Vierge et l’apôtre saint André (saint patron de la Bourgogne), pour l’exhaussement de la foi chrétienne et de l’Église, ainsi que pour Anthologie des grands rhétoriqueurs, par Paul Zumthor, Paris, 1978, p 107 ; cf p 106-107 pour les mots de Charles le Téméraire et Marguerite d’York Cf Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, 1397-1471, catalogue d’exposition par Claudine Lemaire et Michèle Henry, avec Anne Rouzet, Bruxelles, Bibliothèque royale Albert Ier, 1991, ill 24 (KBR, ms 10308, v 1455-1458) et 51 (manteau de cheminée au palais Rihour Lille, ap 1464), p 134 et 194 Cf., entre autres Victor Tourneur, « Les origines de l’Ordre de la Toison d’or et la symbolique des insignes de celui-ci», Académie royale de Belgique, Bulletin de la classe des lettres et des sciences morales et politiques, 5e série, t XLII, 1956, p 300-323 ; Jacques Paviot, « Étude préliminaire », Les Chevaliers de l’Ordre de la Toison d’or au XV e siècle, Raphaël de Smedt (dir.), Francfort-sur-le-Main, 2000, p XV-XXXII (Kieler Werkstücke, Reihe D : Beiträge zur europäischen Geschichte des späten Mittelalters, 3) ; id., « Du nouveau sur la création de l’ordre de la Toison d’or », Journal des savants, 2002, p 279-298 ; Die Protokollbücher des Ordens vom Goldenen Vlies, t I: Herzog Philipp der Gute, 1430-1467, éd Sonja Dünnebeil, Stuttgart, 2002 (Instrumenta, 9) 10 Cf Jacques Paviot, « Les ordres de chevalerie la fin du Moyen Âge », Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 2001, p 195-205 12 C L E S l’augmentation et entretien de la chevalerie, ce qui, il faut bien le reconntre, était le but des ordres de chevalerie précédents et n’était donc guère original, mais il y eut des innovations La première fut le patron de l’ordre: non pas une personne divine ni un saint, mais un héros de la mythologie antique qui n’était guère un exemple: Jason Ce choix choqua lors de l’annonce de la création de l’ordre Le chroniqueur Enguerran de Monstrelet rapporte en effet que l’ordre fut fondé en «remembrance de la toison que jadis conquist anciennement Jazon en l’isle de Colcos, comme on le trouve par escript en l’Istoire de Troyes» et remarque: «De laquelle n’est point trouvé en nulle hystoire, qu[’]onques nul prince chrestien, on11 luy, eust relevée ne mise sus Si fut la dessusdicte ordre, l’ymaginacion de celle que dit est, nommée par ledit duc, l’Ordre de la Thoison d’Or12.» Très rapidement, le chancelier de l’ordre, Jean Germain, évêque de Nevers, puis de Chalon-sur-Saône, voulut rectifier cet aspect païen et peu édifiant et proposa un modèle biblique, en la personne de Gédéon Celui-ci demanda Dieu une preuve avant de sa lancer dans le combat contre les Madianites : ce fut la rosée que Dieu mit sur une toison de laine que Gédéon avait étendue terre, alors que le sol alentour resta sec, et l’inverse la seconde nuit13 La couleur choisie pour le manteau (porté uniquement les jours de fête) fut le rouge, peut-être pour se différencier de l’autre grand ordre de chevalerie le plus proche, celui de la Jarretière, dont les couleurs étaient le bleu et l’or Cependant, en s’accaparant une telle couleur, le duc de Bourgogne émettait des prétentions royales L’autre signe distinctif de l’appartenance l’ordre, comme pour la majorité des autres ordres de chevalerie, était le collier, qu’il fallait porter quotidiennement Celui-ci comportait deux devises Là encore, Philippe le Bon suivait des précédents14 Pour son ordre, Philippe le Bon choisit le fusil15 pour le collier et la toison d’or en pendentif Avant Cité dans mon «Étude préliminaire», p XVIII 13 Juges, VI, 36-40 Cf Georges Doutrepont, « Jason et Gédéon, patrons de la Toison d’Or», Mélanges Godefroid Kurth Recueil de mémoires relatifs l’Histoire, la Philologie et l’Archéologie, t II: Mémoires littéraires, philologiques et archéologiques, p 191-208 14 Cf mon «Étude préliminaire» 15 Jacques Laurent, «Le briquet de la maison de Bourgogneằ, Revue franỗaise dhộraldique et de sigillographie, t I, 1938, 55-64; Jacques Labrot, «La symbolique du briquet et de la toison d’or sur les méreaux et jetons», Bulletin du Centre national de recherche sur les jetons et les méreaux du Moyen Age, n° 31, s d., p 1-24 11 12 mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 A 4/04/07 15:31 R Page 13 T I Selon la définition du Dictionnaire de lAcadộmie franỗaise, le fusil ộtait ôune petite piốce dacier avec laquelle on bat un caillou pour en tirer du feu16 » Georges Chastellain, indiciaire (chroniqueur) de la maison de Bourgogne dans le deuxième tiers du XVe siècle, a rapporté ainsi le choix de Philippe le Bon: en ensievant la nature de son père le duc Jehan qui en son temps moult avoit eu grans affaires en France et portoit, entendement de pluseurs grandes choses, le rabot, cestui [Philippe le Bon], non veuillant fuir l’entendement de son père par moins, ains plustost l’approcher par plus vive signification et plus ague, selon le temps que veoit, prist et mist sus pour enseigne perpétuel de sa maison le fusil, lequel, s’il le prist sans conseil que de luy, sy ne le prist-il sans mistère, me semble, entendible chascun17 Peut-être a-t-il voulu montrer par qu’il ne suffisait plus, après l’assassinat de son père, d’avoir comme emblème un rabot pour dégauchir le bâton noueux des Orléans, mais un fusil pour signifier la riposte donnộe avant quon sen aperỗoive, le coup portộ avant que l’étincelle ou la flamme jaillisse ? Dans le collier, les fusils sont représentés en or Chaque fusil ou briquet comporte des poignées et forme ainsi la lettre B, comme Bourgogne D’autre part, les briquets sont engagés l’un dans l’autre, opposés deux deux, pour composer les mailles du collier Enfin, le fusil est montré comme lorsqu’on l’utilise, avec une étincelle Le mot associé plus tard la devise du fusil permet d’expliciter encore cette signification : « Ante ferit quam flamma miscet Il fiert [frappe] avant que la flamme reluyse » Indépendamment du collier, le fusil était un emblème propre de Philippe le Bon, et au-delà de la maison de Bourgogne, que l’on retrouve partout, dans les manuscrits, sur les jetons ou les méreaux, sur les vêtements, dans le décor Enfin, le collier de l’ordre de la Toison d’or entra lui-même dans les armoiries, comme le souverain de l’ordre et les chevaliers le firent figurer autour de leur écu Prenons comme autre exemple un membre de la famille de Philippe le Bon, son fils bâtard Antoine (1421-1504), devenu le Grand Bâtard de Cité par Laurent, p 56 Cité dans mon « Étude préliminaire », p XIX 18 Sur l’emblématique d’Antoine de Bourgogne, cf Christiane Van den Bergen - Pantens, « Héraldique et bibliophilie: le cas d’Antoine, Grand Bâtard de Bourgogne (1421-1504) », Miscellanea Martin Witteck Album de codicologie et de 16 17 mars 2007 n° 12 C L E S Bourgogne la mort de son demi-frère Cornille en 145218 Comme bâtard, il portait bien sûr sur ses armes la signe de sa naissance, non pas une barre, mais seulement un filet en barre de gueules, ou une cotice d’argent mise en barre Il choisit comme devise une hotte d’embrasure, une barbacane, c’est-à-dire un abri d’artillerie de bois servant protéger les servants d’un canon, entourée d’étincelles et de flammes, et comme mot (ajourd’hui devise) « Nul ne s’y frote », qui peut se trouver doublé d’un « Ainsy le veul », peut-être pour continuer la tradition familiale du double mot La devise (emblème) se trouve représentée en basrelief sur un chapiteau de la chapelle du palais Rihour Lille (après 1454), sur un linteau d’un moulin Tournhem (dans le Pas-de-Calais), seigneurie lui venant de sa femme, dans une stèle de l’église d’Ardres (Pas-de-Calais), dans les manuscrits qu’il possédait, sur son étendard, enfin au revers d’une médaille qu’a réalisée Jean Candida en 1474 Ajoutons que son cimier portait en 1452 une tête de lion dans un vol, puis partir de 1454 jusqu’en 1481 une chouette ou un grand duc, dont la signification nous échappe Charles le Téméraire, duc de Bourgogne de 1467 sa mort devant Nancy en 1477, poursuivit l’emblématique de son père Nous avons vu qu’il prit un mot – qui était personnel – semblable celui de ses parents (« Je l’ay emprins » et « Bien en adviegne » pour sa troisème femme Marguerite d’York, qu’il épousa en 1468) Il reprit le fusil, lié l’ordre de la Toison d’or dont il fut le deuxième souverain Comme devise de couleurs, il modifia celle de son père : non plus noir et gris, mais noir et violet L’emblématique de Philippe le Bon fut riche, opérant une solution de continuité avec celle de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, mais en faisant cela il lui a permis de traverser les siècles jusqu’à nos jours, grâce notamment l’ordre de la Toison d’or Jacques PAVIOT Professeur d’histoire du Moyen Âge l’université Paris XII - Val de Marne, secrétaire adjoint de la Société de l’histoire de France, membre résidant de la Société nationale des antiquaires de France © J PAVIOT 2007 paléographie offert Martin Witteck, éd Anny Raman et Eugène Manning, Louvain, 1993, p 323-354; [Dominique Delgrange] « Il y a 500 ans : Antoine, grand-bâtard de Bourgogne (1421-1504) », Signum Recueil dhộraldique, sigillographie, numismatique des Pays-Bas franỗais, n 16, dộcembre 2004, p 3-10 13 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page 14 T I C L E S L es sceaux des seigneurs d’Apremont, des origines au P robablement issus des avoués de Saint-Vanne qui gravitent autour de l’évêque de Verdun la fin du Xe siècle, les seigneurs d’Apremont constituent un remarquable exemple d’ascension sociale: la fin du XIIIe et au cours du XIVe siècle, leur lignage figure parmi les plus puissantes familles de seigneurs lorrains; le 24 mars 1354, le roi des Romains Charles IV élève la seigneurie d’Apremont et de Dun la baronnie1 Malgré l’intérêt qu’ils suscitent et l’originalité que chacun leur reconnt, les sceaux des seigneurs d’Apremont n’ont fait l’objet ni d’une étude synthétique ni d’un catalogue spécifique2 SCEAUX DES SEIGNEURS D’APREMONT GOBERT VIII († 1325) DES ORIGINES À L’usage du sceau par les seigneurs d’Apremont est attesté depuis 1152, une période où le sceau se généralise chez les nobles laïcs après l’achèvement de sa diffusion dans les milieux ecclésiastiques dans le premier tiers du XIIe siècle Pendant la première moitié du XIIIe siècle, Gobert VI (1204-1239) et son fils Joffroi II (1235-1250) ont un sceau rond équestre; mais Gobert VII (1250-1279), frère de Joffroi II, use d’un sceau armorial Par sa forme scutiforme, le sceau de Gobert VII peut être rapproché d’autres sceaux contemporains de parents ou de vassaux de la famille d’Apremont A la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle, les seigneurs d’Apremont délaissent le sceau scutiforme pour revenir au sceau rond Joffroi III (1279-1302) et son fils Gobert VIII (1302-1325) possèdent successivement deux sceaux, l’un armorial, l’autre équestre, le sceau armorial portant des armoiries brisées alors que ce sont les armes pleines (de gueule a la croix d’argent) qui figurent sur le sceau équestre Le premier sceau du fils de Gobert VII, Joffroi III, pose d’autant plus de problèmes qu’il est aujourd’hui X IV e siècle perdu E Des Robert décrit les armoiries qui y figuraient comme un parti, au I, d’une demi-croix, au II, d’un burelé de 12 pièces tandis que J.-Th de Raadt propose un parti, au premier, une demicroix, mouvant du parti; au second, de sept burelles Si l’on identifie aisément les armoiries dextre (celles de la famille d’Apremont), il n’en est pas de même pour celles senestre, que l’on est tenté en définitive de rapprocher de celles de la famille de Coucy, fascées de vair et de gueules (la mère de Joffroi III était Agnès de Coucy): l’alliance avec la famille de Coucy était suffisamment relevée pour que Joffroi III exhibe les armoiries de sa mère dans ses propres armoiries Il est surprenant de constater que les armoiries parties de Joffroi III sont celles du chef d’armes Elles ne sont pas, en fait, liées la place de Joffroi III dans le lignage mais sa qualité d’écuyer, mentionnée dans sa titulature (« Joffroy, signor d’Aspremont, escuier») et dans la légende du sceau (+ S GEFROI DASPREMONT ESCUER) Gobert VIII, seigneur d’Apremont et de Dun depuis la mort de son père la bataille de Courtrai en 1302, use encore, en 1308, d’un sceau armorial où figurent des armoiries la croix, cantonnée dextre en chef d’un oiseau A partir de 1314, c’est avec un sceau de chevalier, portant les armoiries pleines, qu’il scelle Dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, le seigneur d’Apremont scelle donc de son sceau armorial d’héritier et d’écuyer jusqu’à son entrée dans la chevalerie A son adoubement, il reỗoit un nouveau sceau, conforme son statut de chevalier et de chef du lignage Peu de règles régissent l’usage du sceau du seigneur d’Apremont, au XIIIe comme au début du XIVe siècle mais le scellement sur lacs de soie est réservé aux actes les plus solennels SCEAUX DES SEIGNEURS D’APREMONT AU XIVe SIÈCLE Sur la famille d’Apremont et son ascension sociale, voir M Auclair, « Grandeur et décadence d’une famille seigneuriale lorraine : le lignage d’Apremont des origines la fin du XIVe siècle», Lotharingia, vol 10, p 127-177 Nous ne donnons ici qu’un résumé de la communication faite devant le Comité des travaux historiques et scientifiques lors des journées de Brou Un article plus développé, muni de l’appareil de notes requis et d’un catalogue des sceaux de la famille d’Apremont, sera publiộ dans une prochaine livraison de la Revue franỗaise dhộraldique et de sigillographie 14 Le premier sceau de Joffroi IV (1325-1370), fils de Gobert VIII, présente bon nombre d’originalités par la nouveauté de son vocabulaire emblématique et par les armoiries dont il est chargé Inscrit dans une rosace architecturale, l’écu est tenu par deux hommes sauvages et surmonté d’un heaume cylindrique sommé d’une tête de coq couronnée et environné de queues de lion ressemblant des bois de mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 A 4/04/07 15:31 R Page 15 T I cerf Sous l’écu, un petit dragon (le graoully messin selon Hubert Collin) meuble la partie inférieure de la rosace Joffroi IV met ainsi en place un vocabulaire emblématique fécond: les hommes sauvages se retrouvent dans certains sceaux du XVe siècle et deviennent l’époque moderne les tenants habituels des armes d’Apremont; le cimier en forme de tête d’oiseau et les queues de lion sont autant d’emblèmes repris par les successeurs de Joffroi IV Si le sceau armorial de Joffroi IV innove par les emblèmes qui y sont représentés, il s’inscrit également en complète rupture avec les usages héraldiques qui prévalaient encore dans le premier quart du XIVe siècle: il est chargé des armes pleines de la famille alors que Joffroi n’est encore qu’écuyer Joffroi IV se fait graver entre 1331 et 1332 la matrice d’un deuxième sceau Toujours écuyer, il ne pouvait prétendre au sceau équestre Si le génie de Joffroi IV n’est pas étranger au choix d’un sceau de type allégorique, échappant l’alternative sceau armorial / sceau équestre, les traditions sigillographiques familiales n’ont donc pas été non plus sans influence et ont même pu avoir un rôle stimulant Un phénomène de mode, bien identifié par E Des Robert explique également ce choix: en plus du sceau de Joffroi IV, trois sceaux du XIVe siècle représentent un «chevalier au lion» et ils appartiennent tous des personnages apparentés Joffroi IV; la composition, et surtout la réalisation de ces différents sceaux, souvent de petite taille, est cependant sans commune mesure avec celles du sceau de Joffroi IV qui représente dans un polylobe architectural un homme échevelé et barbu, revêtu de fer mais tête découverte, qui porte, jeté sur l’épaule, un écu aux armes la croix; une masse d’arme la ceinture, il terrasse mains nues un lion qu’il chevauche En 1357, Joffroi IV adopte un troisième contresceau représentant une hure de sanglier (son emblème personnel) environné du monogramme IA et sommé d’un nouvel emblème, une aiglette, qui montre l’attachement du seigneur d’Apremont l’empereur: depuis le 24 mars 1354, la seigneurie d’Apremont avait été élevée en baronnie par l’empereur Charles IV, qui avait octroyé au seigneur d’Apremont, le 16 janvier 1357, un certain nombre de droits régaliens, dont le droit d’anoblir, de légitimer les bâtards, de battre monnaie et de créer des tabellions Le fils de Joffroi IV, Gobert IX (1370-1381), n’avait certainement ni la force de caractère, ni la culture, ni l’originalité de goût de son père; ses sceaux mars 2007 n° 12 C L E S marquent donc, dune certaine faỗon, un retour en arrière Son premier sceau est un sceau armorial d’une simplicité qui rappelle les sceaux d’écuyer de la fin du XIIIe siècle et du début du XIVe Comme seigneur d’Apremont, il use de deux sceaux simultanés Le premier est un sceau de tournoi de très belle facture représentant un chevalier armé, portant un heaume cimé d’une tête d’aigle accostée de deux queues de lion: Gobert IX reprend une partie des emblèmes présents sur le sceau armorial de son pốre, laigle impộrial remplaỗant le coq Sur lộcu tenu par le chevalier de la main gauche, sont figurées des armoiries brisées la croix cantonnée dextre en chef d’une molette Son autre sceau est armorial On y retrouve le heaume cimé d’une tête d’aigle couronnée et accosté de deux queues de lions; les armoiries représentées sont cependant les armoiries pleines du lignage LA CHANCELLERIE DE JOFFROI IV Le scellement a une place centrale dans la «chancellerie» organisée par Joffroi IV au moment où il fait réaliser son sceau allégorique L’existence de cette institution, sans égale en Lorraine au XIVe siècle, est attestée notamment par un registre, conservé au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, contenant la transcription de 401 actes scellés par Joffroi IV entre le janvier 1347 et le 18 avril 1354 Le classement des actes n’y est pas strictement chronologique: les transcriptions ont été exécutées par petits groupes d’actes de dates voisines; le scellement des actes devait donc donner lieu des séances particulières d’audience du sceau au cours desquelles toutes les expéditions réalisées durant le temps qui séparait deux de ces séances étaient scellées C’est peu après l’apposition du sceau que les actes étaient transcrits dans le registre Pour permettre le contrôle du sceau, le scellement était numéroté séquentiellement, le numéro figurant la fois dans le registre et sur l’expédition de l’acte En outre, le registre met en évidence que Joffroi IV confiait son «grand sceau» sa chancellerie et gardait sur lui son sceau du secret ou son signet qui lui servaient parfois de sceau «ordinaire», défaut du grand Les sceaux des seigneurs d’Apremont sont donc remarquables et sans équivalents en Lorraine Assez traditionnels au XIIIe siècle, ils ont pourtant dès cette époque quelques caractères originaux: la forme scutiforme du sceau de Gobert VII, l’usage d’un sceau armorial portant des armoiries brisées jusqu’à 15 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page 16 T I l’adoubement sous Joffroi III et Gobert VIII Au cours du XIVe siècle, les seigneurs d’Apremont s’entourent de graveurs de grande qualité: le sceau au lion de Joffroi IV, et, dans une moindre mesure, le sceau de tournoi de Gobert IX, sont des réalisations de très belle facture L’esthétique n’est pourtant pas la seule des qualités des sceaux des seigneurs d’Apremont au XIVe siècle puisqu’un riche répertoire d’emblèmes est constitué sous Joffroi IV Les sceaux prennent une signification politique en mettant en avant l’attachement du seigneur d’Apremont l’empereur: l’aigle impérial appart dans les sceaux de Joffroi IV au moment où Charles IV élève la seigneurie d’Apremont la C L E S baronnie Quant au lion vaincu par un chevalier portant des armes la croix, tel que le représente le sceau de Joffroi IV, il est certes une allusion aux ennemis de l’empereur vaincus, mais il est aussi une réminiscence de la bête tuée par saint Georges, chevalier-modèle portant lui aussi des armoiries la croix et sous la tutelle duquel, comme l’attestent bon nombre d’autres sources, les seigneurs d’Apremont aiment se placer Mathias AUCLAIR Conservateur la Bibliothèque-Musée de l’Opéra © M AUCLAIR 2007 P résentation du site www.histoirepassion.eu Je voudrais vous signaler l’existence d’un site internet Histoire Passion (http://www.histoirepassion.eu) sur lequel a été installée une base de données contenant les tables des matières et tables onomastiques des publications de plusieurs “sociétés savantes” de Charente et Charente-Maritime Ces tables sont numérisées en format texte, ce qui permet des recherches dans leur contenu 1- par le moteur de recherche interne du site (version Google dédiée) 2- par les méthodes courantes de recherche dans une page avec les fonctions ad hoc des navigateurs Chaque mot figure avec la page où il est mentionné dans la publication, et un lien hypertexte permet d’accéder l’ouvrage sur le site de la BNF-Gallica Il ne reste plus qu’à saisir le numéro de la page pour visualiser en format image la page du volume où se trouve le mot recherché Ce dispositif, récemment mis en place, connt un très grand succès auprès des internautes À partir du moment où les moteurs de recherche ont “digéré” le contenu des pages où se trouvent ces tables, leur fréquentation a connu une croissance hyperbolique À titre d’exemple, la page qui contient les tables des matières des Archives historiques de Saintonge et d’Aunis - Bulletin 1879-1899, mise en ligne le 25/10/2006, a déjà été visitée 1800 fois par des internautes qui y ont été amenés principalement par ces moteurs Il comporte des forums, une mailing-list bimestrielle et permet les contributions de rédacteurs bénévoles Pierre COLLENOT P ublication du Comité régional Nord Pas-de-Calais d’histoire de la sécurité sociale ✓ La passion du social par Pierre Descamps et Florent Vanremortere Voyage dans le «temps social» de la région Nord Pasde-Calais mais aussi dans celui de la ville de Tourcoing, de Mahaut de Guisnes Gustave Dron, en passant par le médecin tourquennois Ferdinand 16 Vanlaer l’origine d’un projet de «sécurité de la vie» 255 p., 10 € (port compris) Cet ouvrage peut être commandé exclusivement par courrier postal Pierre Descamps, Les Aubesières, 109 le Haut Pommereau, 59259 AUBERS Le produit de la vente sera intégralement affecté aux activités du comité mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 A 4/04/07 15:31 C Page 17 T U A L I T É S P ublications du CTHS ✓ re)Conntre et conserver les photographies anciennes par Bertrand Lavédrine, avec la collaboration de Jean-Paul Gandolfo et Sibylle Monod Au cours de ces dernières décennies, l’intérêt pour la photographie ancienne n’a fait que s’accrtre auprès d’un public très divers: collectionneurs, conservateurs, archivistes mais également amateurs soucieux de conserver au mieux de précieux témoignages familiaux ou régionaux aux travers de quelques images Souci de préservation d’autant plus justifié pour la photographie qu’elle est sans doute l’un des biens culturels les plus populaires et les plus répandus dans notre société Conntre et reconntre les photographies, savoir comment les manipuler, les ranger est l’objectif de ce guide, car malgré une histoire relativement courte, ces 150 dernières années ont vu ntre une multitude de procédés photographiques ayant chacun leur spécificité et réclamant des soins adaptés Cet ouvrage porte la connaissance du public les évolutions les plus récentes dans ce domaine avec un souci de clarté, de concision et de simplicité ISBN: 978-2-7355-0632-3 Orientations et méthodes n°10, 25 € ✓Imaginaires de l’Apocalypse par Laurence Rivière Ciavaldini La fin de la période gothique, au cœur de mutations politiques et spirituelles importantes, marque un tournant de l’histoire de l’art européen Dans les années 1428-1435 puis 1486-1490, trois peintres, Jean Bapteur, Péronet Lamy et Jean Colombe, illustrent le dernier texte de la Bible et son commentaire rédigé par Bérengaud, et font se rejoindre en un somptueux ouvrage deux traditions iconographiques: celle des Apocalypses anglaises, bien connue des historiens de l’art médiéval, et une tradition napolitaine élaborée la cour des Anjou, rois de Naples et de Jérusalem Affrontant la question des modèles iconographiques empruntés par les peintres des ducs de Savoie pour enluminer le manuscrit, ce livre explore ces deux foyers, anglais et napolitain, et apporte tout particulièrement un éclairage inédit mars 2007 n° 12 sur la tradition gothique italienne dont la genèse peut être identifiée sur la fresque de Santa Maria di Donnaregina et sur les célèbres panneaux de Stuttgart, deux œuvres exécutées Naples, dans les années 1320-1330 L’interprétation modernisée que nous livrent les peintres de l’Apocalypse de l’Escorial instaure une rupture fondamentale dans la lecture des visions de saint-Jean, jusqu’alors enfermée dans un discours conservateur et allégorique Ce livre montre que ces nouveautés, loin d’être considérées comme des divertissements courtois et pittoresques, ont ộtộ conỗues en relation ộtroite avec le texte biblique et son commentaire En projetant leur propre destin sur les visions grandioses et triomphales de l’Apocalypse, les princes de Savoie légitiment et sacralisent le règne terrestre qu’ils exercent sur leur principauté, parvenue, au cours du XVe siècle, au plus haut niveau de son ascension politique ISBN: 978-2-7355-0635-4 L’Art et l’Essai n° 4, 45€ ✓ Elisée Reclus: les ÉtatsUnis et la guerre de Sécession Articles publiés dans la Revue des Deux Mondes, par Soizic AlavoineMuller En 1851, Elisée Reclus doit quitter la France, banni suite son opposition au coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte Son exil le conduit aux États-Unis où il passe quelques années dans le milieu esclavagiste de la Nouvelle-Orléans Il découvre la fois la formidable originalité du pays et ses terribles contrastes De retour en France, il rend compte de son expérience et de sa réflexion dans une série d’articles parus dans la prestigieuse Revue des Deux Mondes – série partir de laquelle nous avons effectué la sélection de textes que nous présentons dans cet ouvrage Au travers de ces écrits, Elisée Reclus nous livre avec frcheur les impressions d’un jeune homme révolté, mais il jette également les fondements de ce que sera sa géographie sociale Il nous invite un parcours qui suit les eaux calmes du Mississipi, croise la route des sectes protestantes les plus rigoristes et surtout rencontre le destin tragique des esclaves Élisée 17 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 C Page 18 T U A Reclus voit l’histoire s’accomplir sous ses yeux, il en dévoile les ressorts profonds Il est son époque l’un des analystes les plus clairvoyants de la guerre de Sécession et de ses enjeux ISBN: 978-2-7355-0614-9 CTHS Format n°61, 15,00 € ✓ La politique des États et leur géographie de Jean Gottmann présenté par Luca Muscarà Mondialement connu pour son étude sur la Megalopolis du nordest des États-Unis, Jean Gottmann (Kharkov, 1915 - Oxford, 1994) est un gộographe franỗais extraordinaire Juif dorigine ukrainienne, il échappa de peu la mort pendant la Révolution bolchevique Émigré Paris, il était l’assistant talentueux de son directeur de recherche la Sorbonne lorsque l’invasion nazie le fit s’exiler New York, d’où il rejoignit la France Libre, en participant l’effort de guerre en tant que conseiller des gouvernements amộricain et franỗais, puis leffort de paix aux Nations Unies Membre de l’Institute of Advanced Study de Princeton, professeur Science Po et directeur d’études l’EPHE puis l’EHESS, il dirigea enfin la School of Geography d’Oxford L’invitation relire La politique des États et leur géographie, paru en 1952, est motivée par le fait que l’auteur anticipe déjà sur le débat politique et géographique de la mondialisation des territoires et du multiculturalisme Bien que les États soient évoqués dans le titre, le géographe citoyen du monde se dégage de la vision étatique traditionnelle en nous rappelant l’unité de la Terre et en défendant la variété de sa géographie Pour rechercher une mesure commune entre l’unité politique du globe et son inévitable fragmentation en régions, il est nécessaire de revenir la géographie et l’histoire, en considérant la fois la dimension matérielle – la grande dynamique humaine de la circulation planétaire – et la dimension symbolique, psychologique et culturelle des communautés sous-tendue par les différentes cloisons dans leurs moindres nuances régionales Les identités des différentes communautés projetées et reflétées sur les territoires et se cachant aujourd’hui dans les réseaux sont indispensables pour concevoir une organisation politique l’échelle d’une communauté mondiale unifiée par la circulation, mais cultu18 L I T É S rellement et psychologiquement cloisonnée par l’histoire et la géographie La dialectique entre ces deux dimensions nous permet d’approcher les contradictions produisant l’instabilité actuelle l’échelle de la géopolitique mondiale et de la cohabitation urbaine ISBN: 978-2-7355-0624-8 CTHS Format n° 62, 15,00 € ✓ Saint-Mexme de Chinon V e-XX e siècle sous la direction d’Élisabeth Lorans Héritière d’un monastère fondé au Ve siècle, la collégiale Saint-Mexme a constitué la principale institution religieuse de Chinon du début du XIe siècle jusqu’à la Révolution Les dix années de fouilles conduites sur le site ont fourni de multiples données tant sur les transformations de l’église que sur son environnement étudié dans la longue durée Ont ainsi été restituées les étapes d’un long chantier qui aboutit, dans le courant du XIIe siècle, la création d’une vaste église de pèlerinage, régulièrement transformée par de nouvelles campagnes de construction et de décor jusqu’au XVe siècle La fouille a également révélé un usage funéraire ininterrompu des XVe-Ve siècles la fin du XVIIIe siècle Les quelque 600 sépultures examinées ont permis de restituer l’organisation spatiale de cette aire d’inhumation, en usage des IVe-Ve siècles la fin du XVIIIe siècle, comme l’évolution des pratiques funéraires La présence au milieu des tombes de structures domestiques utilisées aux VIIIe-IXe siècles suggère le maintien sur le site d’une communauté religieuse une période que ne documente aucun texte Enfin, l’analyse des sources écrites éclaire la genèse du monastère, sa transformation en communauté canoniale, l’organisation du chapitre et son autorité sur les églises paroissiales de Chinon ou encore l’audience du culte rendu Saint-Mexme À travers l’ensemble des sources disponibles, tant matérielles que textuelles ou iconographiques, cet ouvrage restitue donc la genèse et l’évolution d’un site funéraire et religieux qui a durablement marqué la ville de Chinon ISBN: 978-2-7355-0609-5 Archéologie et histoire de l’art n° 22, 50 € mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 A 4/04/07 15:31 C Page 19 T U A ✓ Temples et monastères de Mongolie-Intérieure par Isabelle Charleux Au début du XXe siècle, plus de mille monastères bouddhiques de rite tibétain s’élevaient en Mongolie méridionale, l’actuelle Région autonome de Mongolie-Intérieure en Chine Un siècle plus tard, on en compte moins de deux cents Si l’on ne peut que déplorer les disparitions massives, les monastères épargnés constituent une partie appréciable d’un vaste ensemble architectural élaboré depuis la fin du XVIe siècle Ce patrimoine original, d’une immense richesse, mérite d’être étudié aussi bien en tant qu’héritage culturel d’un peuple nomade qu’en raison de son poids dans l’histoire de l’architecture bouddhique en Extrême-Orient Placée entre deux puissants voisins, le Tibet et la Chine, la Mongolie est riche d’une histoire forgée sur le mythe d’ancêtres prestigieux, nourrie par une pratique sensible des religions et du bouddhisme en particulier, une histoire qui s’appuie sur des structures sociales écartelées entre nomadisme et sédentarisation Ce passé se lit travers les vestiges des monastères, dont l’éclectisme témoigne du brassage des influences et de la subtile adaptation de modèles pan-asiatiques aux besoins de communautés locales Temples et monastères de Mongolie-Intérieure étudie, dans le cadre historique complexe de la Mongolie méridionale, les caractéristiques principales du patrimoine bouddhique mongol, tant du point de vue de ses enjeux spirituels, économiques ou stratégiques, que de celui des conceptions architecturales et des techniques de construction elles-mêmes Il dresse une typologie de référence et recense les principaux monastères de Mongolie-Intérieure, localisés chacun sur une carte, en un catalogue minutieusement documenté, dont le détail est fourni sur CD-rom illustré : les 156 monastères sont accompagnés d’une notice décrivant leur histoire, leur plan au sol, l’architecture de leur temple principal, les sources épigraphiques éventuelles ainsi que les références bibliographiques utiles ISBN: 978-2-7355-0611-8 Archéologie et histoire de l’art n°23, 76 € mars 2007 n° 12 L I T É S ✓ Encourager l’innovation en France et en Europe Autour du bicentenaire de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale par Serge Benoit, Gérard Emptoz et Denis Woronoff Du milieu du XVIIIe siècle la fin du XIXe siècle, une exigence parcourt l’Europe: il faut encourager l’industrie Cela s’entend, dans l’esprit des Lumières, comme le soutien la «main habile», l’«intelligence productive» Dans ce but, se créent des sociétés, soit l’initiative des notables, soit sous l’impulsion des pouvoirs publics Ainsi s’établit, au moins idéalement, la triple alliance des politiques, des savants et des entrepreneurs À l’occasion du bicentenaire de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, fondée le 1er novembre 1801, une rencontre européenne a entrepris de faire un premier état de ce processus, en soulignant la fois les convergences et les spécificités nationales et régionales Par quels moyens opérer? Le système des concours et des prix s’est-il avéré toujours pertinent? Quelle place attribuer aux expositions, aux publications, l’enseignement dans la diffusion de l’innovation? Quels liens ont tendu s’établir entre ces sociétés pour former une sorte de réseau national, voire international de l’encouragement? À ces questions, cet ouvrage propose des réponses rigoureuses et neuves ISBN: 978-2-7355-0622-4 CTHS Histoire n° 22, 30 € ✓ Les occupations magdaléniennes de Veyrier: histoire et préhistoire des abris-sousblocs par Laurence-Isaline Stahl-Gretsch Cette étude se propose de relire le site magdalénien des abris-sous-blocs de Veyrier (Etrembières) la lumière d’une double approche, l’une tournée vers l’histoire des recherches des fouilles anciennes de ce gisement étonnant, l’autre orientée vers l’analyse des objets archéologiques eux-mêmes et de leur insertion dans un contexte climatique, chronologique et culturel 19 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 C Page 20 T U A Les fouilles du XIXe siècle n’ont laissé que très peu de documentation quant la localisation précise des abris et leur stratigraphie La confrontation de correspondances, pour la plupart inédites, des notes, d’anciennes photos et de quelques articles permettent de proposer une reconstitution du gisement aujourd’hui totalement disparu D’anciens décomptes de faune, des échantillons réétudiés, comparés des relevés stratigraphiques du XXe siècle, apportent de précieuses indications complémentaires Ce sont surtout les objets archéologiques qui ont fait la renommée de ce gisement Une industrie osseuse riche et diversifiée - au sein de laquelle on compte les fameux bâtons perforés ornés de représentations de loutres et de bouquetin - et une abondante industrie lithique, issue de silex de provenances variées, retracent les circulations de certaines matières et d’activités quotidiennes des occupants des abris, relevant de la culture du Magdalénien supérieur Coédition Cahiers d’archéologie romande ISBN: 978-2-7355-0615-6 Documents préhistoriques n°20, 45 € ✓ Sainte-Marie "La Daurade" Toulouse Du sanctuaire paléochrétien au grand prieuré clunipar sien médiéval Jacqueline Caille, avec la collaboration de Quitterie Cazes L’actuelle église de la Daurade Toulouse a remplacé un prestigieux sanctuaire démoli en 1761 Sancta Maria Deaurata (la "dorée", cause du magnifique décor de mosaïques fond d’or tapissant les murs de son abside) a alimenté bien des légendes On la disait fondée sur un temple gaulois, ou romain, dedié Apollon ou Pallas On a eu bien des doutes sur sa fonction : chapelle palatine des Wisigoths ou mausolée royal, église consacrée par saint Exupère au début du Ve siècle ? Pas un auteur, du XVIe au XXIe siècle, qui n’ait eu son avis Rattaché la grande abbaye clunisienne de Moissac en 1077, le monastère s’orne d’un cltre, l’église est progressivement transformée À la fin du Moyen Âge, la Daurade est la tête d’immenses possessions dont les origines ont également fait l’ob20 L I T É S jet de bien des spéculations De tout cela, il ne reste que des fragments épars dans quelques musées Jacqueline Caille rassemble ici toutes les sources disponibles, dispersées dans les fonds d’archives les plus divers et dans la bibliographie internationale Elle rend ainsi possible l’étude de cet ensemble monastique exceptionnel, et fait revivre, travers des documents inédits, la Toulouse du XVe siècle avec sa population, ses métiers et son organisation urbaine ISBN: 978-2-7355-0536-4 Archéologie et histoire de l’art n° 18, 45 € ✓ Histoire de l’enseignement XIXe-XXe siècles Guide du chercheur par Thérèse Charmasson Face un système éducatif en perpétuelle mutation, l’histoire de l’éducation et, singulièrement, celle de l’enseignement, attire de nombreux chercheurs Comment débuter une recherche en ce domaine? Quels ouvrages consulter ? Quels fonds d’archives dépouiller ? Quelles autres sources mobiliser? Dans une présentation claire et méthodique, la deuxième édition du «guide du chercheur en histoire de l’enseignement», entièrement refondue et considérablement enrichie, rassemble des informations dont la dispersion constituait un frein au démarrage de nombreux travaux Ce guide a pour ambition d’accompagner le chercheur dans sa quête et de l’aider s’orienter dans le triple domaine de la bibliographie, des archives et des objets ISBN: 978-2-7355-0593-7 Orientations et méthodes n° 9, 29 € ✓ L’architecture funéraire monumentale : la Gaule dans l’empire romain par Jean-Charles Moretti Dominique Tardy et La découverte et la fouille de grands monuments funéraires gallo-romains ont été l’origine du colloque organisé par le musée archéolomars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 C Page 21 T U A gique de Lattes et l’IRAA du CNRS en octobre 2001 Cet ouvrage rassemble les communications qui y furent présentées Nombre d’entre elles concernent des monuments inédits de Gaule récemment mis au jour Ces études monographiques s’enrichissent de synthèses consacrées l’architecture funéraire dans d’autres régions de l’Empire, éclairant ainsi l’origine, l’évolution et la signification des modèles mis en oeuvre Une confrontation qui, pour la première fois, met en lumière l’originalité et la diversité des solutions adoptées par les notables gallo-romains dans la conception de leur dernière demeure ISBN: 978-2-7355-0617-0 Archéologie et histoire de l’art n°24, 45 € ✓ Un village, la terre et ses hommes par Samuel LETURCQ Il est des pays dont la simple évocation stimule l’imagination: la Beauce, aux portes de Paris, est de ceux-là Longue étendue plate et austère brûlée par le soleil en été, par le gel en hiver, océan céréalier d’où émergent villages et hameaux tels des ỵles, la Beauce offre un paysage extraordinaire Pourtant, derriốre cette faỗade pittoresque se dissimule une histoire discrète: celle de l’exploitation d’une terre Qui, des nombreux voyageurs pressés traversant aujourd’hui la Beauce sans la voir, a conscience que cette terre blé était autrefois traversée par des dizaines de milliers de moutons, depuis le Moyen Âge jusqu’aux grands remembrements de l’après Seconde Guerre mondiale? Qui perỗoit, derriốre lapparence immộmoriale de ce paysage, les multiples variations, évolutions, adaptations que le système agraire a pu conntre au cours des siècles? C’est cette discrète et lente dynamique agraire qui est au coeur de ce livre Partant d’une observation minutieuse des structures d’exploitation d’un petit terroir sous l’Ancien Régime (Toury en Eure-et-Loir, possession de l’abbaye de Saint-Denis dès les premiers siècles du Moyen Âge), l’auteur démonte les ressorts d’une dynamique en remontant pas pas jusqu’au XIIe siècle À l’issue de l’analyse, de nombreuses certitudes tombent concernant les pratiques agraires, la dimension spatiale des communautés rurales et la place de l’initiative individuelle dans un système communautaire ISBN: 978-2-7355-0631-6 CTHS Histoire n°25, 35 € mars 2007 n° 12 L I T É S ✓ Histoire de la pensée géographique (volume 4) de Clarence J Glacken Philippe Pinchemel par Ce volume représente la quatrième et dernière partie d’un ouvrage publié en 1967 sous le titre Traces on the Rhodian Shore et sous-titré Nature and Culture in western thought from ancient times to the end of eighteenth century L’auteur développe trois thèmes essentiels que les savants, les philosophes et les théologiens n’ont cessé d’aborder depuis les origines de l’humanité: – le thème dune Terre destinộe lhomme, conỗue pour lhumanitộ; le thème des influences de l’environnement sur les peuples; – le thème de l’action géographique des hommes, de la transformation humaine de l’interface terrestre Les Lumières du XVIIIe siècle renouvellent les regards et la pensée géographique l’égard de ces trois thèmes Les progrès scientifiques et techniques, les explorations et les voyages, les prémices de la mondialisation économique, l’entrée en scène de «théories» des climats, de la population… modifient profondément les idées des hommes sur leur rapport la nature et les questionnent différemment Leibniz, Fontenelle, Rousseau, Condorcet, Kant mais surtout Montesquieu, Buffon et Malthus apportent des contributions essentielles, ainsi que des auteurs de langue anglaise moins connus de l’Europe continentale Ces écrits annoncent Humboldt, Goethe et Darwin Mais dans le même temps, la continuité des idées et des débats demeure impressionnante de la «seconde nature» de Cicéron la «nouvelle nature» de Buffon Clarence Glacken, grâce sa culture et sa hauteur de vue mais aussi son amour de la Terre et de ses habitants élabore une passionnante histoire de la pensée géographique occidentale, une histoire d’une étonnante actualité ISBN: 978-2-7355-0612-5 CTHS Format n° 60, 15 € ✓ Mémoires de Claude Haton (volume 4) présenté par Laurent Bourquin Le quatrième volume des Mémoires de Claude Haton vient clore une publication menée conjointement par la Société d’histoire et d’archéo21 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 C Page 22 T U A logie de Provins et une équipe d’universitaires Ce prêtre de Provins nous offre un témoignage exceptionnel sur le quotidien des Franỗais du XVIe siốcle, quil dộpeint avec une verve et une précision remarquables Mais son texte constitue aussi une source extrêmement riche sur les guerres de Religion, qui sont ici dominées par l’impopularité d’Henri III et une violence endémique L’ouvrage est enrichi par un glossaire très complet, ainsi que par un index récapitulatif des noms de lieux et des noms de personnes couvrant l’ensemble du document (1553-1582) Il comporte enfin un index thématique général, qui permet de retrouver facilement tous les sujets abordés par l’auteur ISBN: 978-2-7355-0636-1 Documents inédits de l’Histoire de France n°40, 35 € ✓ La bibliothèque de l’Académie royale des sciences au XVIIIe siècle par L I T É S histoire du livre, cet ouvrage concerne autant les spécialistes qu’un public beaucoup plus large L’iconographie abondante et choisie, la clarté de l’exposition, les nombreuses citations tirées de documents originaux sadressent au lecteur de faỗon trốs vivante C’est tout d’abord l’histoire de la constitution d’une bibliothèque savante au XVIIIe siècle, et, travers elle, l’histoire du fonctionnement de l’institution prestigieuse dont elle émane, l’Académie royale des sciences La description d’une cinquantaine d’ouvrages met concrètement en évidence la place de l’Académie dans l’Europe des Lumières, la multiplicité de ses centres d’intérêts, l’ampleur des travaux qu’elle entreprit, son rôle primordial dans l’avancement des sciences, et dans le progrès des techniques appliquées l’intérêt du royaume Enfin, le livre en tant que tel est l’honneur comme objet et moyen de transmission des connaissances : l’accent est mis sur la place et le rôle de l’illustration, et sur la collaboration entre savants et artistes dans l’élaboration des dessins et gravures Annie Chassagne Préface de Pierre Messmer À la croisée de plusieurs disciplines, histoire intellectuelle, histoire des sciences, ISBN: 978-2-7355-0637-8 CTHS Science n° 5, 32 € 132 e congrès national des sociétés historiques et scientifiques res méditerranéennes dans tous les domaines de la création Arles est notamment le siège de l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP), la seule école nationale supérieure de la photographie en France Aussi, le 132e congrès national des sociétés historiques et scientifiques a décidé d’y faire escale pour un congrès dont le thème porte sur «Images et imagerie» Les 392 communications prévues sur la semaine s’organiseront suivants grands axes: Arles - Lycée Pasquet du 16 au 21 avril 2007 De par sa position géographique, Arles est un carrefour culturel Elle a toujours été ouverte aux cultu22 Image, histoire et société Images et textes Manipulation et détournement de l’image Le pouvoir des images (Moyen Âge-XVIe siècle) Images militantes, images de propagande (XIXe et XXe siècles) Images de la femme mars 2007 n° 12 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 C Page 23 T U A Images des professions et des statuts sociaux Enfance et images Les représentations des villes Imaginer et représenter l’au-delà Refus de l’image et images interdites La dialectologie et les atlas linguistiques comme images de la langue Diversité des images, diversité des techniques Images sérielles: recours aux modèles, poncifs et « multiples», de l’Antiquité la fin du Moyen Âge Les images privées et leur usage L’imagerie populaire: sources et modèles Images et représentations imagées dans les sciences « Avec vue sur la mer» L I T É S Images et relevés archéologiques, de la preuve la démonstration Technologies nouvelles, images et recherche La photographie dans tous ses états Les genres de la photographie Photographie et peinture Techniques photographiques et analyse géographique Image et narration en anthropologie sociale et en ethnologie 12 colloques sur des thèmes aussi variés que le portrait, les graffiti, la photographie ou encore le cadastre viennent compléter ce programme Le programme complet du congrès et le résumé des communications sur notre site: www.cths.fr 133 e congrès national des sociétés historiques et scientifiques l’Atlantique : Europe, Canada, Amérique » correspond la volonté du CTHS d’inscrire ses travaux dans l’espace de la francophonie et de développer une réflexion féconde sur les liens et les échanges très divers qui se sont établis, depuis quatre siècles, entre les deux rives de l’Atlantique, sur les enrichissements mutuels qui en ont résulté 400e anniversaire de la ville de Québec Migrations, transferts et échanges de part et d’autre de l’Atlantique: Europe, Canada, Amérique Ville de Québec, du au juin 2008 À l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de Québec, le 133e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, organisé par le Comité des travaux historiques et scientifiques, se tiendra dans cette ville Le thème retenu pour le congrès, «Migrations, échanges et transferts de part et d’autre de mars 2007 n° 12 Ce sera ainsi l’occasion de confronter des points de vue, de mettre en relations des chercheurs de toutes disciplines et des deux continents qui s’intéressent aux mêmes problèmes mais avec des héritages différents et des pratiques qui ont suivi leurs voies propres, de mieux conntre des traditions historiographiques différentes Contact pour les inscriptions et l’organisation des congrès: Isabelle Tarier: 01 55 55 97 78 Fax: 01 55 55 97 60 congres.cths@recherche.gouv.fr Service de presse: Mélissa Rousseau: 01 55 55 97 63 Fax: 01 55 55 97 60 presse.cths@recherche.gouv.fr Les informations relatives aux congrès sont disponibles sur le site www.cths.fr rubrique «Congrès» 23 Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 C Page 24 T U A L I T É S XI I e Congrès international des Lumières Organisé par la Société internationale d’étude du dix-huitième siècle (SIEDS/ISECS) Montpellier-Corum 8-15 juillet 2007 Les universités de Montpellier organisent du au 15 juillet le congrès international des Lumières Ce congrès se déroule tous les quatre ans dans un pays différent La réflexion proposée pour 2007 est placée sous le signe de l’«Encyclopédie» et de l’esprit philosophique qui, l’inverse de notre époque, ne connt pas la spécialisation, ne sépare pas sciences et rhétorique et proclame l’unité de la connaissance Dans ce cadre, les congressistes sont invités réfléchir sur les interférences entre sciences, techniques et cultures au XVIIIe siècle Avec une approche privilégiée suggérée par le thème principal du Congrès, tous les domaines du savoir et de l’activité humaine sont concernés: philosophie, littérature, beaux-arts, histoire des sciences, histoire des mentalités, économie politique, démographie etc En se gardant de reprendre les classifications modernes, on s’intéressera au développement de l’esprit scientifique (réseaux, influence de l’État, expédi- tions scientifiques, académies, sociétés savantes, périodiques, collectionneurs, querelles scientifiques, vulgarisation, éducation) et aux résistances qu’il rencontre (croyances, illuminisme, charlatanisme), son influence sur la philosophie (empirisme, expérimentation, rationalisme, nature et culture, matérialisme, utilitarisme), sur la métaphysique (Descartes, Newton, Leibniz, Buffon, l’âme des bêtes, causes finales, inné et acquis etc.), dans la littérature (science et poésie, science et roman, science et dialogue, science et imaginaire), dans l’histoire (chronologie, érudition, philosophie de l’histoire), dans les beaux-arts (opéra, théâtre et machinerie, théories musicales et nouveaux instruments, collections et amateurs), dans l’urbanisme et l’architecture (cités concrètes ou idéales), dans les idées politiques et économiques (bien public, physiocratie, démographie, statistiques, sciences et État) Une section sera réservée l’utilisation des sciences et des techniques d’aujourd’hui pour l’étude du XVIIIe siècle, ainsi qu’à l’évaluation critique de leur apport: grandes entreprises éditoriales, bibliographie matérielle, textes en ligne, bases de données Claude LAURIOL Président du comité d’organisation et du comité scientifique © C LAURIOL 2007 I nformations pratiques ✓ Journée d’étude 2007 ✓ Site Internet La prochaine journée d’étude organisée par le CTHS aura lieu Paris l’automne 2007 sur le thème «la forme et le rôle des publications de sociétés savantes l’heure du numérique» Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de la date et du programme détaillé de ces journées Nous vous rappelons que si votre société ou association dispose d’un site internet et d’une adresse mail, nous pouvons ajouter ces informations sur les fiches de vos sociétés dans la base de données du CTHS, alors n’hésitez pas nous les transmettre N’hésitez pas nous envoyer des articles, des annonces, des publicités d’ouvrages que nous pourrons faire partre dans ce bulletin Merci de nous faire parvenir ces informations avant la fin du mois de décembre 2007 Direction de publication: Suivi de publication: Mise en page: Impression: ISSN: 24 Martine Franỗois Mộlissa Rousseau Gabriela Larrea Barnộoud 1278-9143 mars 2007 n 12 ... sous-séries 8, et 10 G des Archives du Rhône Bulletin n° 12 4/04/07 A 15:31 R Page 10 T I des villes et des bourgs de Franche-Comté, des sires de La Roche, ducs d’Athènes, des comtes de Montbéliard),... et transferts de part et d’autre de mars 2007 n° 12 Ce sera ainsi l’occasion de confronter des points de vue, de mettre en relations des chercheurs de toutes disciplines et des deux continents... des compléments pour les sociétés auxquelles vous appartenez Nous avons besoin au minimum des nom, prénom, dates de naissance et C L E S de décès des anciens membres des sociétés, la ou les sociétés
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